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DPC, le « naturel » & l’écologique

Aujourd’hui, j’avais envie de faire le point sur un sujet qui me tient à coeur, car il inclut deux de mes plus grandes passions : les cosmétiques et la psychologie.

En effet, que ce soit ici, ou sur le groupe Facebook AZEN d’où beaucoup d’entre vous me connaissent,  je vois souvent des cosméteurs en agresser d’autres sur la façon dont ils font leurs produits ou même récemment, juste sur le concept-même de la cosmétique home-made : parler de généralités sur la cosmétique home-made est un peu comme faire des généralités sur l’art ou la cuisine en disant « tout le monde fait comme ça, le fait pour ça ou avec ces objectifs-là ». Et honnêtement, je ne comprends pas pourquoi : il y a différentes raisons pour lesquelles on souhaite faire ses cosmétiques soi-même, et différentes façons de le faire, et la meilleure restera celle qui correspond le plus à vos valeurs et vos objectifs. Enfin, on me demande également souvent pourquoi mes formules ne répondent pas à certains critères qui sont les vôtres.

Voici donc un aperçu des valeurs qui me sont chères et qui définissent la façon dont je cosmète et dont je choisis les ingrédients qui composeront mes formules. Ainsi qu’une apologie d’une habitude malheureusement peu répandue apparemment : celle de la tolérance!

Pourquoi faîtes-vous vos cosmétiques?

Je vois différentes raisons possibles, qui seront des bases potentiellement très différentes.

Certains souhaitent être axés sur l’aspect naturel de nos produits. Leur objectif est de faire des produits dont ils contrôlent la composition, et souhaitent que ceux-ci soient le plus « naturels » possible, je mets ici naturel entre guillemets, car concrètement c’est un mot qui n’a pas vraiment de définition. Nous pouvons possiblement déterminer deux types d’ingrédients naturels, par leur origine ou par la façon dont ils sont traités/transformés.

Une autre raison, souvent liée à la première, mais pas toujours, est le souhait d’utiliser des produits soucieux de maintenir l’écologie de notre chère planète. Cela implique généralement d’utiliser des produits transformés le moins possible (les procédés de transformation étant souvent polluants), idéalement pas du tout, mais aussi de tenir compte du voyage effectué par ces derniers par exemple.

Enfin, la troisième raison, qui peut être liée aux deux premières ou pas, la créativité et la personnalisation : créer quelque chose de ses mains peut se révéler très gratifiant. Créer des produits hyper adaptés à nos besoins, surtout si cela fait des années que l’on ne trouve pas de produits qui nous conviennent, encore plus. Ces raisons peuvent être associées aux premières, ou pas du tout!

On peut tout faire, mais pas en même temps…

Le premier souci que je vois ici, c’est que ces trois raisons peuvent parfois s’accorder pour nous aider à choisir nos ingrédients en fonction de nos valeurs. Mais pas toujours, de loin pas. Comme pour beaucoup de choses, il me semble nécessaire de faire des choix et des compromis.

Je vois ce genre d’objectifs généraux comme de grandes échelles, chaque barreau étant un pas de plus vers un objectif rempli à 100%. On ne peut pas monter plusieurs échelles à la fois. Il faut donc choisir laquelle est la plus importante pour nous, celle dont on montera le plus de barreaux (ou lesquelles). Aucune échelle n’a plus de valeur qu’une autre, elles sont juste différentes. Je trouve génial que certains trouvent dans la cosmétique un moyen de monter quelques barreaux de leur échelle naturelle ou écologique. Cela leur permet de vivre les valeurs à fond, ce qui est toujours une bonne chose! Ce ne sont simplement pas les mêmes que les nôtres. :)

Chez les DPC, l’une des échelles principales est celle du développement personnel. Bon, c’est pas hyper surprenant dans la maison d’une psy, vous me direz… Apprendre à devenir de meilleures personnes, être plus heureux, développer notre intelligence émotionnelle, construire des relations plus épanouissantes avec les autres… L’une de nos cames de choix!

Deux autres, très chères à notre coeur également, et dans une certaine mesure sont liées à la première (parce qu’elles nous rendent heureux) : celle de la connaissance et  celle de la créativité. Pour vous donner une idée, notre appartement est doté d’une bibliothèque à se damner, d’un coin musique à multiples instruments, mon bureau est jonché de matériel de craft, dessin et de photo, la taille de la cuisine et du frigo est l’un de nos critères principaux pour choisir une nouvelle maison (entre notre amour de la cuisine et mon amour de la cosmétique, il en faut de la place et des rangements!), l’une de nos séries préférée est composée de documentaires passionnants d’initiation et d’approfondissement des sciences (plus d’infos ici) et je lis plus de manuels de psycho que de fictions (sachant que je lis déjà beaucoup de fictions)… Ces drogues-là sont les principales à soutenir la démarche que je partage avec vous ici.

Oui, on aime que nos cosmétiques sentent bons, rendent notre peau et nos cheveux plus beaux, doux, que nos produits pour le bain moussent, que nos cheveux soient démêlés, doux et brillants… Et pour atteindre ces objectifs, je passe des heures plongée dans des manuels ou des études scientifiques, pour comprendre comment notre peau et nos cheveux fonctionnent, et comment les ingrédients auxquels nous avons accès apportent ces propriétés.

Est-ce que ça m’amène à utiliser des ingrédients qui ne sont pas toujours les meilleurs pour l’environnement ou « naturels »? Oui, souvent même. Parce que l’objectif principal de l’industrie cosmétique est de gagner de l’argent, et pour ça, des millions de scientifiques chaque jour travaillent dur à créer des ingrédients qui répondent au mieux aux demandes des consommateurs. Celles décrites plus haut et bien d’autres. Et malheureusement, les ingrédients « naturels » ne répondent pas toujours à ces besoins. Remarquez, sinon, je ne vois pas pourquoi les industriels auraient besoin de créer des ingrédients synthétiques…

Est-ce que ça fait de moi un monstre qui traite notre planète comme une poubelle? Je ne crois pas, non. Je grimpe aussi les barreaux des échelles de l’environnement et du « naturel ». Nous utilisons presque uniquement les transports en commun, nous trions nos déchets, bon nombre de nos aliments sont bio, nous achetons peu de produits transformés car nous adorons faire à manger, etc… Bref, plein de petites choses qui comptent, mais qui ne sont pas le sujet ici. Je privilégie les produits naturels quand j’ai pu m’assurer de leur efficacité. Je privilégie les produits bio dès que c’est possible et simplifie mes formules au possible en fonction de mes connaissances, qui impliquent un certain nombre d’ingrédients de base (pour avoir des formules stables, pour atteindre mes objectifs…).

Simplement, dans mon référentiel, il y a des choses plus importantes pour l’environnement que d’avoir des cosmétiques 100% « naturels ». Je ne pense pas que ma perspective soit la seule valable, évidemment. Mon propos est bien ici d’expliquer ma perspective, et de rappeler qu’on ne rend personne plus tolérant ou plus actif au sein de sa communauté en l’agressant. En aucun cas de vous dire quoi faire non plus, ça, il n’y a que vous que ça regarde et implique :)

…Et parfois, le mieux est l’ennemi du bien…

Ce dicton me semble très à propos ici. Lorsque je lis sur AZEN ou parfois dans des commentaires agressifs que cela « ne sert à rien de faire ses propres cosmétiques si on y met les mêmes cochonneries que l’on trouve dans les produits conventionnels », je dois avouer que cela me met très en colère.

Dans mes cosmétiques, je n’ai aucun problème à utiliser des ingrédients synthétiques. Pas parce que je m’en contre-fous de l’environnement. Mais simplement pour les raisons décrites ci-dessus : parce que les ingrédients « naturels » ne remplissent pas mon cahier des charges. Ce n’est pas la seule option bien sûr, comme déjà mentionné, c’est l’un des avantages de la cosmétique home-made, il y en a pour tous les goûts et besoins!

Non, rien ne démêle aussi bien ou ne rend la peau aussi douce que les cationiques et les silicones. (plus d’infos ici)
Non, aucun tensioactif ne mousse comme les anioniques. (plus d’infos ici)
Non, le naturel n’est ni inoffensif, ni la panacée (voir ici plus en détails).
Non, la chimie n’est pas diabolique : vous ÊTES un gros ensemble de réactions chimiques! Nos produits sont les résultats de la chimie! Un liquide qui devient solide ou l’inverse c’est de la chimie! Je vous en supplie, arrêtez de taper sur ce que vous ne connaissez pas. D’ailleurs sur ce sujet, je vous recommande trois articles : le premier est un article du Home-made chez Lilith qui remet les pendules à l’heure sur beaucoup de termes mal employés, le second un article par un prof de chimie (cliquez sur chaque photo pour l’INCI de ces ingrédients quotidiens!) pour vous montrer que la nature est bien plus chimique, complexe et imprévisible que les cosmétiques diabolisés, et enfin le troisième est un article du Chemist’s corner sur le top 12 des ingrédients les plus diabolisés.

Donc oui, j’utilise des quats, des ingrédients éthoxylés, des fragrances synthétiques… Haha, allez, j’avoue sans honte, au risque d’en faire hurler certains, je formule même depuis quelques semaines avec des silicones, et honnêtement, ça me change la vie! Sans compter qu’avant d’utiliser ces produits, j’ai fait mes recherches. Et quand je dis faire mes recherches, je ne parle pas de lire 3 blogs qui hurlent aux ingrédients maléfiques tous les deux posts sans donner la moindre étude validant leurs propos. Ou pire, qui appuient leurs propos sur des sites qui manquent autant de rigueur que de données comme EWG (donnant l’impression d’appuyer leurs contenus). Je parle de ce genre d’articles (ici sur les mythes associés aux silicones et colportés sans vérification, un peu comme les données sur le pH de la peau), basés sur des manuels, dont chaque affirmation est confirmée par des études scientifiques, validées. Personne ne vous demande d’en faire autant, mais si l’on se permet d’agresser les autres parce qu’ils ont des valeurs différentes, il me semble décent d’au minimum vraiment se renseigner auparavant.

Une règle de base : ne faîtes en aucun cas confiance à une source qui cherche à vous vendre quelque chose, et/ou qui n’a pas de sources valables (= où vous pouvez accéder aux études citées, au moins avec titres et auteurs, pour pouvoir vérifier que ces personnes n’ont pas par exemple extrapolé sur des conclusions modérées).

Est-ce que pour autant mes formules sont les mêmes que celles des produits conventionnels? NON! Elles restent toujours bien plus « eco-friendly » et naturelles que n’importe quel produit conventionnel. Et c’est déjà très bien!

La cosmétique est un domaine où le greenwashing fait rage. Encore une fois, pour répondre au mieux à vos demandes. Mais le vrai cosmétique 100% « naturel » et respectueux de l’environnement n’existe pas. Pas sans faire une tonne de sacrifices : odeur, texture, propriétés sensorielles, propriétés actives…

Quant à l’idée que « on fait les choses à fond ou on ne les fait pas », en tant que psy, ça m’hérisse le poil et me fait serrer les poings de colère. Je m’explique : pour des cosmétiques 100% naturels et eco-friendly (si tant est que ce soit possible, ce dont je doute), en admettant que vous soyez prêts à sacrifier de nombreuses caractéristiques de confort, déjà, il faut partir sur une base plus « slow cosmétique ». Mais même la slow cosmétique utilise des produits transformés (l’huile ne se balade pas en libre service dans la nature! tout comme nos poudres actives, hydrolats, huiles essentielles…). Oubliez les fragrances. Oubliez les actifs (certains contiennent des conservateurs, la loi autorise votre fournisseur à ne pas le noter dans ses INCI). Oubliez les émulsifiants, la plupart sont à base de palme (un article au contenu intéressant, même si je ne cautionne pas la démarche du cosmétique « irréprochable »). Oubliez sûrement les tensioactifs pour la même raison. Oubliez l’idée de produits conservés correctement (si vous saviez comment « préservent » les conservateurs « naturels »…). Ca, ce n’est que pour la partie pro-naturelle.

Si on ajoute à cela le combat 100% green, oubliez les e-shops déjà : bonjour l’empreinte carbone de la maintenance du site et pire, de la livraison!  Faîtes vos propres ingrédients, uniquement à base de produits locaux, non traités. Ils souffriront sûrement de la pollution ambiante, mais au moins, vous ne polluerez pas en les faisant livrer ou en allant les chercher. Et vu que j’imagine par exemple que vous ne vivez pas tous en Californie ou au Mexique, l’huile de jojoba, même bio, n’est plus si eco-friendly que ça si on prend en compte le transport et tout le reste…

Donc si vraiment on fait les choses vraiment à fond, en gros, on ne fait pas. Et on choisit potentiellement de s’étaler sur la peau des produits conservés de façon douteuse. Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’on ne peut rien faire pour autant si l’on veut utiliser des produits les plus naturels possible ou les plus eco-friendly possible! Ce sont des objectifs tout aussi intéressants et enrichissants, mais comme chaque objectif, ils demandent des compromis, à vous de choisir quels seront les vôtres :)

…Alors, par pitié, lâchez-vous la grappe, ça rend plus tolérant!

Je suis tombée par hasard aujourd’hui sur une citation très adaptée pour introduire la fin de mon propos :

« Viser l’excellence est motivant, viser la perfection est démoralisant. » Harriet Braiker

Au lieu de viser la perfection, le 100% naturel/green, pourquoi on ne chercherait pas juste à faire au mieux, en appréciant déjà l’énorme pas qu’est la cosmétique home-made en tant que telle? Le temps, l’investissement que cela représente… C’est une démarche géniale et courageuse! Pourquoi vous imposer de le faire parfaitement en plus?  100% eco-friendly ou naturel n’est peut-être pas atteignable, mais rien ne vous empêche de viser juste au mieux. Ne vaut-il pas mieux un cosmétique que vous appréciez un peu plus qui sera toujours bien plus green/ »naturel » que tout ce que vous pourrez acheter dans le commerce, moi je trouve ça génial! Même en utilisant quelques produits similaires, la personnalisation permet d’obtenir des produits plus doux, plus actifs, plus respectueux de l’environnement, plus « naturels » et plus économiques.

Un petit secret de psy : le perfectionnisme tue la performance. La perfection n’existe pas. Ni chez les humains, ni même chez les machines (vous en connaissez vous une personne, un téléphone, un ordinateur qui n’a JAMAIS failli??). Alors, vouloir faire les choses parfaitement, c’est s’imposer des objectifs inatteignables, donc décourageants et en plus, qui vous feront vous sentir mal, car en échec.

Viser l’excellence demande de connaître et accepter ses limites, de faire des choix en fonction de ses objectifs et valeurs, de continuer d’apprendre, se former, s’entraîner de façon permanente. C’est une démarche très différente. Qui elle, ne vous rendra pas intolérants. ;-)

Et oui, parce que les gens qui jugent aussi sévèrement sont toujours encore plus durs avec eux-mêmes. Un peu comme si, parce qu’ils s’imposent le fardeau d’être parfaits, chaque personne qui ne faisait pas de même les agressait, les attaquait en n’étant juste pas d’accord.

Accepter que rien ne sera vraiment parfait, c’est aussi se permettre d’apprécier les progrès effectués, la différence entre avant et après nos efforts. Être bienveillant envers soi-même permet la bienveillance et la compassion envers les autres. Bref, plein de bonnes choses pour vous et les gens que vous rencontrez!

La cosmétique home-made est aussi un loisir, et la cosmétique de base basée sur la vanité, l’envie de se faire beau/belle. C’est OK d’avoir envie que vos cosmétiques sentent bons, d’avoir la peau et les cheveux doux, ça ne fait pas de vous de mauvaises personnes! Pas plus que ceux qui utilisent des ingrédients que vous ne souhaitez pas inclure dans vos préparations car ils sont trop éloignés de vos valeurs. Stop au shaming s’il vous plaît! (= le fait de faire honte aux gens)

Quant à celles qui passent dans les parages et ne font pas tous leurs produits elles-mêmes, ne culpabilisez pas parce que vous préférez vos gels douches DOP (cc Elodie :p), vos shampooings L’Oréal ou vos crèmes Clinique à ceux que vous faîtes maison. Le HM, c’est à la carte, un abonnement sans obligation, où vous prenez ce que vous voulez, n’importe qui qui vous dit le contraire se mêle de ce qui ne le regarde pas!

En bref, un petit résumé pour ceux du fond qui n’ont pas tout suivi : 
* Chaque personne est différente dans son imperfection, et il n’y a jamais UNE façon de faire les choses. La vôtre n’est ni meilleure, ni moins bonne que celle du voisin, elle est juste unique! Les choix différents des vôtres ne tuent personne, profitez-en pour apprendre de nouvelles choses ;-)
* Renseignez-vous sur les ingrédients que vous voulez utiliser ou éviter : le savoir, c’est le pouvoir! Consommer dans l’ignorance n’est pas mieux qu’éviter sans savoir pourquoi : on ne suit pas les mêmes personnes, mais on suit « bêtement » quand même!
* Détendez-vous, lâchez-vous, éclatez-vous que diable! On n’a qu’une vie, avec déjà plein d’obligations dedans, pourquoi en rajouter une couche là où ce n’est pas nécessaire? :-p

 PS : Merci à ma relectrice, Caroline!


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Fiche : Le pH #3 : Cheveux & pH

Pour finir cette série sur le pH, après les fondamentaux et la peau, passons au pH des cheveux!

Un peu de chimie

Commençons par le début. Vous savez que je ne vous embête avec des détails scientifiques que lorsque c’est nécessaire à la compréhension du sujet. Le cheveu, n’est pas un organe vivant comme la peau. Il ne peut pas se réparer tout seul. C’est pour ça qu’il est très important de ne pas trop déranger sa chimie, afin de ne pas l’abîmer.

hair shaft

Basiquement, un cheveu est composé de 3 parties, du centre à l’extérieur, et d’une couche supplémentaire :

* la moëlle ou région médullaire : elle ressemble à de petits tunnel composé de protéines séparés par de l’air. Elle peut être absente dans le cas de cheveux fins.
* le cortex : il contient de la mélanine, notre pigment naturel, qui donne sa couleur au cheveu, et des protéines (notamment de la kératine dure). C’est le vrai coeur du cheveu, bien solide car protégé par la couche supérieure.
* la cuticule : c’est elle qui va nous intéresser le plus car c’est sur elle que l’on agit au quotidien. Imaginez votre cheveu recouvert de petites écailles transparentes qui pointent vers le bas, très légèrement inclinés (5° environ). À la racine, le cheveu est plus épais car il est composé de 4 à 11 couches de cuticule, moins il y a de couches, plus le cheveu est fin, le cortex exposé, donc fragile. Cette couche de lipides protège les cheveux de la friction due au contact des cheveux entre eux, mais aussi au brossage. Elle est aussi sensible aux UVA et aux UVB. Le vent, la chaleur et l’eau l’abîment également, ainsi que le temps qui passe. En effet, même vierges de tout traitement permanent (permanente, décoloration, coloration permanente, lissage permanent) ou temporaire (boucler/lisser) et bien soignés, les cheveux s’abîment au fur et à mesure, perdent leur cuticule. Les cheveux longs sont donc également par définition abîmés.
* le sébum permet aux écailles d’être bien lisses et aplaties en formant une couche protectrice, mais il est aussi collant donc dur à enlever une fois présent et attire les saletés, la poussière… qui viennent s’y coller.

cuticules

À gauche, la cuticule d’un cheveu normal, en bonne santé. À droite, un cheveu à la cuticule abîmée.

Puis le pH entre en jeu…

Là où les choses se corsent, c’est que le pH a également une influence sur la cuticule (dans une certaine mesure).

Un cheveu vierge a un pH de 3.7. Plus le cheveu est abîmé (quelles que soient les raisons), plus son pH augmente.

Il est techniquement faux de parler de cuticules ouvertes et fermées, ce ne sont pas des portes! Ce qui se passe en réalité, c’est que le cortex peut « enfler », ce qui soulève les écailles et expose le cortex tout en augmentant la charge négative du cheveu. C’est le principe très présent chez les cheveux poreux ou frisés ou qui s’emmêlent beaucoup. Il y a différentes façons de protéger nos cheveux de ces phénomènes (dont nous parlerons une autre fois ;-)), mais l’une d’entre elles est de limiter le pH de nos produits (en voici une déjà, grâce à la substantivité).

Concrètement, il n’y a pas de « réels » effets sur la structure du cheveu dans une fourchette de pH de 4 à 9. Je mets réel entre guillemets, car en-dessous de 3 et au-dessus de 10, vous prenez le risque de faire enfler encore plus ou à très haut pH de dissoudre le cheveu (oui oui, pensez à l’aspect très fragile des cheveux décolorés -grâce à des produits très alcalins-). Pas dès que vous sortez de la fourchette hein, mais quand même! Au-delà de la fourchette, les risques à court terme sont moindres.

Sachez d’ailleurs qu’un pH de 3 est 10 fois plus acide qu’un pH de 4 et 100 fois plus acide qu’un pH de 5 par exemple, un saut de pH n’est pas à prendre à la légère.

Un pH acide (<7) permet de façon générale de « rétrécir » le cheveu, avoir un effet astringent, ce qui aide à garder les écailles plus compactes, tandis qu’un pH alcalin augmentera le phénomène d’inflation du cheveu et causera un léger soulèvement des écailles, intensifiant la porosité du cheveu et la charge négative de celui-ci. (Source 1, Source 2)

Ce que ça nous apprend d’utile : inutile d’être des nazis du pH pour nos produits tant que l’on reste dans une fourchette acide. En revanche, plus on s’éloigne de 4.5-5.5, plus nos produits risquent d’abîmer le cheveu.

Voici les fourchettes de pH idéales, simplifiées, pour nos produits :

* Produits détergents : le pH de nos shampooings, s’il reste acide, a un effet très limité sur nos cheveux (cf. Source 2 plus haut). Le pH d’un produit n’influe pas son pouvoir détergent.
En revanche, il est avéré qu’un produit alcalin (pH>7) augmente la charge négative de nos cheveux, ce qui influe sur la friction et peut causer des frisottis et casser le cheveu et le rendre plus électrique.
Comme le pH de l’eau européenne est généralement alcalin, et le shampooing très dilué dans l’eau, utiliser un shampooing dont le pH tourne autour de 4.5-5 (un formulateur pro m’a conseillé de viser un pH de 4.7) sera plus doux et moins irritant. Il mitigera même l’irritation causée par l’eau, avis aux cuirs chevelus sensibles et/ou irrités ;-)
* Produits en leave-on : nos laits/crèmes capillaires, sprays hydratants (comme ici), masques, gels, produits texturants… se situeront idéalement à 5.5.
* Après-shampooings : visez 5.5 également.

Tips DPC

* Le lavage au bicarbonate de soude (pH=8.2) et rinçage au vinaigre de cidre (pH=2.9) sont à proscrire purs à tout prix, il est nécessaire de les diluer (beaucoup). Un mélange d’eau et de bicarbonate restera alcalin (cf. risques cités plus haut). Abîmer le cheveu pour mieux le réparer me semble contre-productif, et inutilement agressif. Nos cheveux subissent déjà tellement de maltraitance au quotidien…
* Le lavage des cheveux au savon (liquide ou solide) est à proscrire à cause de son pH alcalin (toujours pour les mêmes raisons).
* L’étude de la Source 2 mentionne à quel point la majorité (75%) des shampooings conventionnels professionnels vendus en salons ont un pH inférieur à 5, tandis que c’est le cas d’une minorité pour les produits vendus en grandes surfaces et magasins (38%).
J’ai trouvé ça très intéressant dans la mesure où, en tant que fille de coiffeuse, j’ai eu les cheveux traités chimiquement très tôt, mais j’ai toujours eu de très beaux cheveux, et les traitais avec des produits professionnels. Et ce n’est que lorsque j’ai commencé à acheter mes produits ailleurs qu’ils ont commencé à s’abîmer, être moins beaux, et que j’ai eu des problèmes d’irritation du cuir chevelu (maintenant résolus grâce à la cosmétique HM, même ma coiffeuse est jalouse de mes cheveux ;-)).
Mon esprit scientifique ne ferait pas d’un cas clinique unique une généralité, mais l’effet à long terme d’un pH bien acide pour le shampooing pourrait donc être plus bénéfique pour la « santé » (j’ai du mal à parler de santé pour un organe mort) de notre chevelure, en accord avec la Source 1.

Voilà!
Celui-ci a mis plus de temps que les autres car mes recherches
ont encore plus mis le désordre dans mon référentiel de base!   

Et n’hésitez pas à suivre DPC sur Facebook ou Hello Coton!

 

 

 


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Focus famille d’ingrédients : les démêlants

Étant donné que je sais que c’est un sujet souvent problématique en cosmétique HM, que je fais des tests dans le domaine depuis 2 ans maintenant, et m’apprête à vous proposer un tutoriel sur la fabrication d’après-shampooing, je voulais partager avec vous mes informations et conclusions sur le sujet!

Déjà, commençons par le début :

C’est quoi un démêlant?

Déjà à la base, ça se complique un peu pour nous : on trouve sur le marché différentes appellations qui ont l’air similaires, mais qui ne le sont pas du tout si on les observe sous une loupe plus scientifique que marketing. Et oui, parce que concrètement, « aide au démêlage » et « démêle », et bien ça ne veut pas du tout dire la même chose.

Ce que vous expérimentez comme démêlant dans les produits conventionnels est le travail bien effectué de tensioactifs cationiques. Ce sont eux les vrais démêlants. Voilà comment ils procèdent : nos cheveux sont composés en majorité de kératine, de protéines diverses qui sont chargées négativement. Les tensioactifs (TA pour la suite) cationiques eux, ont une charge positive, qui vient se fixer sur la charge négative du cheveu. (Plus d’informations sur les tensioactifs ici)

Plus le cheveu est sec, abîmé, plus l’effet conditionnant sera fort car plus le cheveu est chargé négativement. Comme c’est un lien assez fort, il n’est pas rincé complètement par l’eau, il laisse un léger film sur le cheveu, qui permet de le démêler , de le rendre doux et de lui donner un aspect lustré, brillant. Ce film protège également de la déshydratation, des fourches et de l’électricité statique.

Pour ce faire, le produit est actif, ce qui veut dire que c’est lui qui défait les noeuds, juste en réagissant chimiquement avec le cheveu. De cette façon, vous limitez également la friction, l’un des grands ennemis de notre chevelure!

Donc voilà pourquoi ici, quand vous entendrez parler de démêlant, il s’agira de tensioactifs cationiques uniquement.

Les tensioactifs cationiques

Les tensioactifs cationiques ont parfois mauvaise réputation. J’ai lu de tout sur le sujet, et ceux qui me lisent depuis un moment savent qu’il n’y a qu’une source en laquelle je me fie : la science. Les deux problèmes principaux  mentionnés sont leur biodégradabilité, ainsi que le risque de build-up.

Pour ce qui est de l’écotoxicité, on peut lire de tout. Il est avéré qu’après utilisation, en présence de substances particulières, les cationiques peuvent en effet produire des substances assez toxiques après utilisation. Cependant, ce ne sont pas des substances auxquelles nous avons accès, cela ne concerne donc pas la cosmétique home-made. Pour le reste, les informations trouvées sont plus obscures et contradictoires, je m’abstiendrai donc sur le sujet. Je serai ravie de lire des études sérieuses sur le sujet si vous en avez!

Ensuite, le fameux et mythique build-upLe principe : les TA cationiques, comme les silicones, sont occlusifs et de ce fait  difficilement rinçables. Ils créent alors une couche sur le cheveu, qui au fur et à mesure, étoufferait le cheveu. En effet, les TA cationiques créent un film autour du cheveu, c’est leur job (voir plus haut), et oui, ce film ne se rince pas bien (où serait l’intérêt sinon? pas de film = pas de démêlage!).

Mais est-ce qu’ajouter du BTMS ou du CE dans vos après-shampooings étouffera vos cheveux? Ca dépend. Vous avez l’habitude d’utiliser une multitude de produits successifs contenant des silicones et des cationiques alors que vous ne vous lavez les cheveux que tous les 4 matins avec un shampooing doux? En effet, c’est un risque à prendre dans ce cas. Pour le reste, je vais tenter de faire le tour de la question.

Déjà, en anglais, un après-shampoing (AS pour la suite) s’appelle « conditioner », et implique l’utilisation d’un TA cationique. Un AS sans TA cationique n’est pas un vrai AS, au mieux, c’est une crème capillaire rinçable. Ca, c’était l’instant nazie de la précision lol!

Ensuite, vous avez besoin d’agents occlusifs! Ce sont eux qui maintiennent l’hydratation et qui protègent la peau et les cheveux des agressions extérieures (eau, vent, friction…). Et ça tombe bien, plein de nos ingrédients le sont, notamment les beurres, les huiles, l’allantoïne, beaucoup de nos actifs…

Enfin, la dangerosité des TA cationiques dépend de deux choses : votre routine, et le dosage inclus de TA cationiques.
Le lavage par exemple, est essentiel : si votre shampooing est trop doux, il ne lavera pas correctement (ni les cationiques, ni le sébum, bien collant et gras). Je ne parle pas de shampooing clarifiant ici, juste de shampooings qui lavent hein!

Ensuite, très peu de TA cationiques sont nécessaires pour fonctionner dans nos produits. Je soupçonne fortement nos fournisseurs de ne pas tenir compte de ce fait pour simplifier les formulations, un peu comme quand ils proposent des émulsions à 20% de phase huileuse pour des peaux mixtes (ou pire, grasses!), pour simplifier les choses et donc vendre à plus de monde (il est beaucoup plus facile de stabiliser une émulsion à 20% de phase huileuse qu’à 10%). Les études qui parlent de build-up mentionnent TOUTES de hauts pourcentages utilisés. En restant dans de petits pourcentages et en utilisant des shampooings qui lavent, vous ne courez pas de risques. Vous n’avez pas besoin de choisir entre des cheveux démêlés et des cheveux morts étouffés!

Les plus courants dans nos prépa : le CE et le BTMS (pour vous les procurer, faîtes un saut sur le tableau ici). Le BTMS est un mélange d’un TA cationique et d’alcool cétéarylique, il peut servir d’émulsifiant (mais à haut pourcentage, si vous le faîtes, je vous recommande de n’en mettre que dans un seul produit de votre routine). Le CE épaissit les préparations mais nécessite un émulsifiant pour être utilisé.

Tips DPC

* J’utilise le CE à hauteur de 2-3% et le BTMS à 3-4%. À ces pourcentages, vous pouvez aisément en utiliser dans 2-3 produits de votre routine si vous le souhaitez, sans prendre de risques, si vous lavez vos cheveux régulièrement et correctement. (Ceci n’est pas une conclusion personnelle, mais celles des études que l’on utilise pour vous dire que les cationiques sont le diable)
NB : Le CE, hydrosoluble, est plus rinçable que le BTMS.
* Pour augmenter le pouvoir démêlant sans augmenter le taux de cationiques, vous pouvez utilisez différents compléments/subsituts (voir plus bas).
* Ajoutez ne serait-ce qu’un petit pourcentage de TA anioniques (au moins 5%) dans vos shampooings pour qu’ils soient lavants sans pour autant être décapants. Notez cependant qu’il est tout à fait possible de créer un shampooing à haut taux d’anioniques, doux, en le formulant en conséquence : encore une fois, c’est le dosage qui fait le poison! Eviter les sulfates vous fera une belle jambe si vous vous retrouvez avec un shampooing qui ne lave pas assez et vous laisse les cheveux poisseux ou qui regraissent en 24h malgré des soins adaptés… (et je vois de plus en plus de cosméteuses à qui ça arrive)

Maintenant que je vous ai donné ces infos, un point sur les « substituts » aux cationiques. Parce que mon but est de vous donner un aperçu global des démêlants, ce n’est pas plus à moi qu’aux autres de vous dire quoi utiliser, je ne fais que partager des infos, vous en faîtes ce que vous voulez :)

Les compléments/ »substituts »

J’ai mis substituts entre guillemets parce qu’encore une fois, rien ne remplacera les TA cationiques pour démêler, dans la mesure où leur nature font que ce sont les seuls à pouvoir le faire techniquement. Cependant, d’autres produits peuvent nous aider à démêler nos cheveux.

Les plus efficaces sont ceux qui augmentent la substantivité. Ils renforcent ainsi le film, donc ça démêle mieux :)

Les polymères cationiques

Ils sont légèrement chargés positivement, donc font le même job, mais moins bien. Nettement moins bien même, selon mes expériences et en toute logique. De base, ce sont des compléments aux TA cationiques, seuls, ils ne donnent pas grand chose, mais couplés aux cationiques, ils donnent ce que les anglais appellent un « oompf » au démêlage, « le petit plus qui fait la diff ». Ils sont bien plus faciles à rincer que les TA cationiques, donc ne présentent aucun risque de build-up SI utilisés selon les dosages recommandés et avec un lavage correct.

Les plus courants : Honeyquat, Gomme de guar cationique, Polyquat (7, 10…). Généralement, on les utilise entre 2 et 5%. Ma gomme de guar cationique se dose à 0.5%.

Tips DPC

* Si vous les utilisez seuls, je vous recommande de les coupler pour un effet décent (et par décent, j’entends vaguement similaire aux produits conventionnels). J’aime beaucoup le couple Polyquat 7/Gomme de guar cationique par exemple. L’honeyquat est le moins efficace de tous car le plus rinçable (encore une fois, pas de film = pas de démêlage!). En gros, il ne vous servira à rien dans un AS, mais j’aime bien l’utiliser dans les produits leave-in (pas seul depuis que je travaille avec d’autres polymères cationiques par contre).
* L’idéal pour un démêlage vraiment similaire aux produits conventionnels, est un couple TA cationique + polymère cationique. J’aime beaucoup les couples CE/guar cationique et CE/Polyquat 7 personnellement.
* Leur odeur légère de poisson (plus puissantes pour l’honeyquat et la guar cationique je trouve) que certains leur trouvent sont dues à l’utilisation d’ammonium dans le procédé de fabrication. Elle se retrouve aussi dans d’autres quats. 2% de fragrance ajoutés nous en débarrasse généralement dans le produit fini. ;-)

Les tensioactifs amphotères

Ces tensioactifs (plus d’informations sur les TA ici), dans un milieu acide (plus d’informations sur le pH ici), agissent comme des tensioactifs cationiques, mais de façon moindre. Comme nos produits capillaires sont censés être assez acides, c’est donc le cas lorsqu’on les ajoute dans nos AS, nos masques ou gommages. D’après mes essais, leurs propriétés sont similaires à celles des polymères cationiques.

Les plus courants : les bétaïnes comme la babassumidopropyl betaine (Mousse de babassu) ou sa cousine, plus douce, la cocamidopropyl betaine (Beta).

Tips DPC

* À 3-5%, les TA amphotères améliorent légèrement le démêlage de ce genre de produits. Rien de fou, mais ça peut aider si vous formulez sans cationiques :)
* Ils servent aussi dans ces produits à augmenter la rinçabilité (même s’ils ne sont pas les seuls à pouvoir le faire, mais c’est un autre sujet à approfondir!) et augmentent la consistance.

Les protéines hydrolysées

Que viennent-elles faire ici? Elles aussi, par leur procédé de fabrication, sont légèrement chargées positivement! Seules, elles n’ont pas grand effet, mais elles augmentent la substantivité donc le démêlage. Il en existe de nombreuses (protéines de blé, d’avoine, de soie, de jojoba, de riz, phytokératine -mélange de soja, blé, maïs-…) et chacune d’entre elles présente des propriétés uniques.

Le poids moléculaire de la protéine contenue dans votre produit influera les propriétés. Celles qui ont un poids moléculaire faible (de plus petites molécules, comme les protéines de soie hydrolysées) pénétreront plus facilement dans le cheveu/la peau, aidant à retenir l’humidité, seront plus nutritives. Celle à plus grosses molécules (blé, avoine, phytokératine) formeront plus un film autour du cheveu, le protégeant des agressions extérieures et de la perte en hydratation (quand le cheveu sèche par exemple).

Je ne trouve nulle part le poids moléculaire des protéines de riz et de jojoba, avis aux geeks de la cosméto dans les parages : votre aide serait la bienvenue ;-)

Tips DPC

* Dans les produits rinçables qui ne sont pas trop chargés en gras, les protéines à haut poids moléculaire feront des merveilles sur les cheveux non secs, alors que celles à bas poids moléculaires seront plus intéressantes pour relipider et rendre plus humectants les cheveux secs.
* En revanche, dans les produits leave-in, je trouve l’inverse plus adapté : je limite les filmogènes pour les cheveux non secs, alors que les cheveux secs me semblent avides de filmogènes.
* Mes préférées à l’heure actuelle sont celles de soie, de blé et de jojoba (cheveux mixtes-normaux). Pour les cheveux bouclés donc secs de M.DPC, gros coup de coeur pour l’avoine et la phytokératine. Je les utilise en général entre 2 et 5%, mais tourne plus autour de 2-3% : les effets sont là, sans l’effet « carton » que peut engendrer un surplus d’agents filmogènes. Bien sûr, le reste de la formule importe tout autant.

Les ingrédients qui aident au coiffage

Alors là, vous n’avez que l’embarras du choix! Pour faire court, tous les ingrédients gainants, filmogènes aideront au coiffage.

Les plus communs dans nos produits :
* les mucilages (carraghénane, lin, guimauve…)
* l’aloe
* les huiles et beurres
* les huiles estérifiées (coco caprylate/caprate, dicaprylyl carbonate, isopropyl myristate) et le dodecane
* le lait d’avoine
* les actifs comme le Fucocert, les céramides végétales, l’inuline… (plus d’actifs filmogènes/gainants/ »démêlants » pour les cheveux ici)

J’en oublie sûrement, n’hésitez pas à me signaler vos petites trouvailles en commentaire ;-)

Tips DPC

* LIMITEZ les agents filmogènes, quel que soit votre type de cheveu, en particulier s’ils sont plus normaux-gras. Les cheveux aiment le filmogène, mais c’est comme tout : c’est le dosage qui fait le poison. Un indice tout simple : si ça cartonne le cheveu, ce n’est pas lié à un seul ingrédient mais plus probablement à l’ensemble de votre formule, trop filmogène.
* Si en plus d’être cartonnés, les cheveux semblent quand même « secs », en plus de diminuer les filmogènes/anti-déshydratants, augmentez les agents hydratants. Lorsqu’on filme un cheveu déshydraté (idem pour la peau) sans l’hydrater, on a l’impression d’assécher plus qu’autre chose (même avec du gras ajouté).
* En parlant de gras, limitez également les huiles et beurres végétaux. Tous les cheveux ont besoin d’acides gras, mais nos émulsifiants, émollients et agents de texture sont parfois plus adaptés dans ce but que nos huiles et beurres.
Personnellement, je fais même à présent des AS sans huile du tout (et sans passer par un « substitut » comme une émulsion à 8% d’Olivem, trop grasse aussi pour mes cheveux). N’ayez pas peur de les diminuer drastiquement si vos cheveux restent poisseux malgré vos shampooings, ou regraissent trop vite.

La petite histoire des AS du foyer DPC

En ce qui me concerne, après des essais catastrophiques lors de la formulation de mes premiers AS à base de BTMS, je m’étais lancée dans les « crèmes capillaires rinçables », les « AS » sans cationiques.

Honnêtement, j’ai testé un peu tous les produits dits « miracle » (je vous renvoie ici sur les produits/recettes miracle). J’ai pu obtenir de très chouettes résultats, mais rien de comparable aux produits conventionnels.

Si je respecte complètement la volonté des cosméteuses qui choisissent de formuler sans certains produits (et les appuient même : c’est génial d’agir, comme moi, en fonction de ses valeurs et convictions, quelles qu’elles soient), je rappelle ici que mon objectif est de reproduire un confort et une efficacité au moins aussi bonnes que celles des produits conventionnels. Donc, dans cette optique, bah, les AS sans cationiques, ça fait un peu rigoler quoi. Ca démêle vaguement, mais pas sans aide mécanique (peigne, les doigts…). Petit rappel pour ceux du fond : démêler est un processus actif, c’est le produit qui est censé défaire les noeuds, pas vos doigts!

Après des mois bien frustrants (soit c’était trop gras, soit cartonné, soit équilibré et assez agréable à appliquer, mais pas démêlant et les cheveux n’étaient pas assez doux pour mes critères), alors que j’avais trouvé une formule vraiment chouette, j’ai dû essayer un AS conventionnel. Et là, double effet Kiss cool : non seulement j’ai compris ce qui me manquait dans mes « AS »; ces propriétés sensorielles de douceur, cette brillance, et surtout un vrai démêlage, comme je l’ai connu et apprécié toute ma vie. Mais en plus, en vérifiant l’INCI dudit produit, je découvre qu’il contient majoritairement du BTMS, produit que je cherchais à éviter depuis des années pensant qu’il ne me convenait pas du tout! M. DPC a confirmé que si sur certains aspects il préférait mes produits, celui-ci avait une qualité qui lui manquait également.

Ni une ni deux, j’ai choisi de reprendre tout du début, un retour aux bases, avec des cationiques. Je ne suis pas du genre à passer à côté de l’opportunité d’améliorer mes produits, même si ça remet en question une de mes croyances profondes! (c’est là qu’être psy aide dans le process : on SAIT à quel point nos croyances sont facilement complètement à côté de la plaque haha)

Ca c’était y a environ 6 mois. Et, après ces quelques mois, je suis heureuse de pouvoir vous promettre au plus vite un AS (et probablement un tutoriel) dont je suis amoureuse, et je dois l’avouer plutôt fière. M. DPC est amoureux du sien également. Ils n’ont RIEN à envier à un produit conventionnel. Hormis peut-être leurs jolies textures perlées :p

Ca me semblait important de partager ce cheminement avec vous pour vous montrer que même après des années, on continue d’apprendre, et qu’un produit que vous mettez de côté peut être exactement ce qui vous manque. 

Donc, voilà, pour finir, vous avez ici une bonne boîte à outils pour aider vos produits capillaires à démêler/coiffer, quelles que soient vos convictions et les choix que vous ferez (je conçois que le confort des produits puissent ne pas être dans les priorités de tout le monde!).
N’hésitez pas si vous avez des questions, ou besoin de précisions!


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Fiche : Le pH #2 : Peau & pH

Après avoir défini le pH et ses fondamentaux, entrons dans le vif du sujet! La peau et le cheveu se comportent différemment face aux changements de pH, d’où le choix de séparer les deux posts.

Le pH de la peau

Lorsqu’on parle du pH de la peau, on parle en réalité du pH du manteau acide de la peau : une espèce d’émulsion produite par nos glandes sudoripares (de la transpiration), de nos glandes sébacées (du sébum, du gras) et de cellules mortes, diluées dans l’eau. Cette barrière hydrolipidique protège des bactéries par son acidité. Elle est aussi une protection contre la déshydratation en formant un film (le fameux film hydrolipidique) qui protège la peau de l’évaporation de l’hydratation de la stratum corneum, ou couche cornée.

Pendant longtemps, on estimait que la moyenne de pH pour la peau était de 5.5. Une étude de 2006 tendrait plutôt vers un pH moyen de 4.7, soit plus acide que nous le pensions jusqu’ici. Ils décrivent une peau avec significativement moins de plaques de sécheresse et de signes de déshydratation pour une peau ayant un pH inférieur à 5 que pour une pH à pH supérieur à 5. Un coup d’oeil à cet article (prochainement édité et complété d’ailleurs) vous montrera que les infos françaises que j’avais jusqu’ici ne vont pas DU TOUT dans le sens de tout ce que j’ai pu lire depuis que je travaille sur cet article. Vous êtes surpris? Moi je l’étais. Et pas qu’un peu. Et ce n’est rien par rapport à la suite…

Les bébés naissent avec une peau neutre, d’où sa fragilité. A l’adolescence, la puberté provoque de fortes sécrétions de sébum, qui acidifient la peau. A l’âge adulte donc, la peau se stabilise autour de 4.2-5.5. En vieillissant, la peau s’alcanise à nouveau, fragilisant la peau et l’asséchant.

Le pH est différent selon les parties du corps et l’état de la peau.

Pourquoi est-il important de ne pas trop s’éloigner de ce pH moyen?

1. Si l’acidité permet de combattre les bactéries et de garder hydratée la couche cornée, trop déséquilibrer ce pH par un pH trop alcalin va donc rendre la peau plus prône à des infections bactériennes et à la déshydratation voire la sécheresse avec la destruction partielle du film hydrolipidique.

2. Dans le cas d’une sur-acidité, la peau devient grasse, plus prône aux points noirs, aux boutons etc. En poussant le bouchon de l’acidité plus loin, la peau devient vraiment irritée (pensez aux fesses des bébés!).

Si vous n’en êtes pas à votre premier article sur le pH et la peau, vous remarquerez que ces infos sont contradictoires avec certaines sources qui parlent d’un pH plus basique pour les peaux grasses et acides pour les peaux sèches. Ces données sont extraites d’absolument toutes les études que j’ai trouvées sur le sujet, je vous avoue que j’ai été très surprise de pouvoir trouver l’exact contraire.

Qu’est-ce que cela signifie pour le pH de nos produits?

* Nos crèmes, sérums, et autres produits « leave-on »

NB : Ceci ne concerne pas les soins acides, comme ceux aux AHA.

Visez un pH de 5 à 5.5. Cela permettra :
– à la peau normale de ne pas voir son pH déséquilibré
– à la peau grasse de produire moins de sébum, d’être plus sèche
– à la peau sèche ou eczémateuse d’être apaisée, et de pouvoir reconstruire le manteau acide
– à la peau sensible d’être apaisée
– à la peau mixte de n’être ni agressée, ni asséchée
– à la peau acnéique d’avoir un pH idéal pour mieux se défendre contre les bactéries
– à la peau mature d’être apaisée, et de pouvoir reconstruire le manteau acide

J’ai toujours cru qu’il fallait adapter le pH au type de peau. Ce que mes recherches en faisant cet article m’ont appris, c’est qu’une peau grasse ou sèche correspond à un déséquilibre de la peau, et que plutôt que de le respecter, il valait mieux rééquilibrer petit à petit le pH de la peau vers un pH qui serait idéal.

Pour les déodorants, comme dit plus haut, l’acidité du manteau acide permet de mieux combattre les bactéries, sans pour autant être trop agressant avec un produit trop acide. Le pH idéal est entre 4.5 et 5.5.

* Pour les produits lavants

Votre peau est tiraillée après avoir été nettoyée? Sachez que ce n’est pas normal. Une peau en bonne santé, c’est une peau qui après nettoyage est juste douce et propre, pas rouge qui tiraille. Si c’est le cas, testez les relipidants ou l’ajout de gras et essayez de baisser le pH.
On porte souvent beaucoup plus d’importance au pH de nos crèmes qu’à celui de nos produits lavants (probablement parce qu’on les rince), et c’est à tort.
L’étude mentionnée plus haut a comparé les pH moyens des peaux des participants, moins de 24h après s’être lavés et plus de 24h, la moyenne de pH est environ tombée de 5.2 à 4.9. Même si le pH de la peau se rééquilibre seul, cela prend BEAUCOUP de temps.
Une autre étude compare le niveau d’irritation de gels douche du commerce, les plus irritants sont ceux aux pH supérieurs.
De nombreux agents abîment notre peau, à commencer par l’eau que nous utilisons qui va être autour de 8 en Europe (donc asséchante de base), épargnez-lui de l’agresser encore plus avec un nettoyant trop alcalin. ;-)

Pour utiliser ces fourchettes de pH, en restant dans la fourchette, un produit lavant va être plus irritant car plus détergent s’il est plus élevé. Il va être donc aussi plus asséchant. Sachant cela : plus la peau est sensible/sèche, plus on reste près du pH normal de la peau (=la plus petite valeur de la fourchette), plus la peau est grasse/résistante, plus on peut/doit augmenter. Ne vous en faites pas, je vous ai donné des pH non décapants, donc les fourchettes sont safe d’après les études que j’ai trouvées. Et mon expérience perso de peau sensible.
Exemple : quand je parle du pH visage, 5.5 serait idéal pour un savon très neutre et doux, donc pour les peaux sèches et/ou sensibles. 6 reste doux, pour les peaux mixtes à zone T pas trop grasses ou légèrement sensibles, mais Mr DPC préfère les produits à 6.5 pour sa peau grasse non sensible.

Pour le corps (hors cas particuliers décrits ci-dessous) : visez 6 à 6.5. Avoir un pH plus basique que celui de la peau permet de nettoyer, c’est à dire se débarrasser du sébum, des impuretés accrochées à celui-ci, de la transpiration, ça vous dit quelque chose ces différents éléments? Si oui, vous avez vu juste : nettoyer c’est détruire partiellement le film hydrolipidique. C’est pour cela qu’il est important d’enrichir vos produits lavants avec des tensioactifs ou des ingrédients relipidants, voire des huiles, c’est impératif si vous avez la peau sèche.

Pour le visage : Pour limiter les irritations au maximum avec un pH autour de 5.5-6, pour une peau grasse non sensible (pour bien se débarrasser du sébum, sans s’inquiéter d’irriter), il est possible de monter à 6-6.5. Ici encore, n’oubliez pas de relipider!

Le cas du liniment : le liniment oléo-calcaire est issu d’une réaction similaire à celle de la saponification, entre un acide gras (contenu dans l’huile) et une base (l’eau de chaux). Une base est par définition basique. Le pH basique du liniment permet de contrebalancer l’acidité intense des fesses de nos mini-nous, et ainsi de les soulager et apaiser. Vous pouvez acidifier le pH dès que Mini-vous passe aux solides (autour de 6.5-7 pour être au plus proche du pH de sa peau).

Le cas du savon : Oui, utiliser un pH trop alcalin assèche la peau. Et je ne vous recommande en aucun cas le savon en pain industriel, dont le pH tourne souvent autour 9-11! MAIS un savon de 8-9 mais surgras donc relipidant ne sera pas forcément inadapté à votre peau. Faites attention si vous avez la peau sensible, irritée ou trop sèche à vraiment les choisir ou les formuler tout doux et apaisants. Et si ça tiraille quand même, c’est trop!

Le cas du dentifrice et du bain de bouche : La bouche a un pH naturellement légèrement basique (7-7.5) qui lui permet de lutter contre les fameuses « attaques acides » en régulant le pH. Une bouche trop acide sera sèche (manque de salive, basique elle aussi), et sera accompagnée de symptômes type mauvaise haleine et caries. Optez pour un pH autour de 7-7.5.

Le cas du savon intime : Le pH vaginal change en fonction de différents critères (mycoses, moment du cycle menstruel, ménopause, tabac, rapports sexuels…). Le pH vaginal est généralement (cf. plus bas) acide. Cela permet à une bonne bactérie, lactobacilli, de défendre notre corps contre les invasions bactériennes extérieures. À ce pH, elle peut aussi produire des antibiotiques naturels. Lorsque ce pH est déséquilibré, les infections et irritations deviennent un risque. Lors des périodes de menstruation, se laver plus d’une fois par jour peut aider. Bien sûr, ici, le savon est exclu. Pour le pH de vos gels intimes, l’idéal est d’utiliser des produits très doux, et respecter le pH.
Cela dépendra de ces critères :
* jeunes filles prépubères : 7
* post-puberté-période reproductive : 3.8-4.4
* post ménopause : avec hormones : 4.5-5; sans hormones : 6.5-7

À très bientôt pour un troisième article sur le pH et les cheveux,
et plein d’autres trésors que j’aimerais partager avec vous!

N’oubliez pas que vous pouvez suivre DPC sur Facebook ou Hello Coton!

 


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Focus tensioactifs & foamer #2 : Nuage de coco sucré – Lamesoft PO65 (Douceur de coco) – Recette de base de mousse nettoyante – Partenariat DMN

Vous vous souvenez de mon article sur la formulation de mousse à base de decyl glucoside? 

Je vous en avais promis d’autres. Mais les circonstances n’ont pas été mes meilleures alliées. J’ai bouché l’un de mes foamers en tentant de faire une mousse exfoliante. Mr DPC a mis deux d’entre eux au lave-vaisselle. Et DMN, mon fournisseur préféré pour les foamers (de contenance 200ml! <3) est en rupture de stock! MAIS j’ai continué de me procurer petit à petit des tensioactifs à tester, et ai profité dune commande Aromantic pour commander une fournée de foamers (malheureusement ils n’en font pas en 200ml) pour reprendre mes petites expérimentations!

Je commande également chez DMN pas mal de mes tensioactifs, j’aime le choix qu’elle propose et le fait que je puisse m’y procurer du Beta (dont je vous parlerai bientôt plus ;-)). Et bien entendu la qualité est toujours au rdv! Cet article sera donc en partenariat avec Dans ma nature!

Vu la douceur du nuage de mousse de sucre, j’ai voulu tester un autre glucoside, toujours non ionique donc,  le coco glucoside. Si ma dernière phrase vous donne le sentiment de lire du chinois, cliquez ici! Je me suis cependant d’abord intéressée au mélange détergent ET relipidant que vous trouverez sous différentes appellations (notamment la Douceur de coco ou le Lamesoft PO65) de coco glucoside et glycéryl oléate.

Le glycéryl oléate n’est pas un tensioactif, c’est un ester relipidant à base d’acide oléique (probablement d’huile d’olive donc). Il permet de relipider la peau au moment du lavage, limitant l’assèchement et la déshydratation dus au lavage. Une mousse à base de ce mélange sera donc très douce et peu agressante, parfaite pour les peaux sensibles, sèches ou déshydratées. 

Le coco glucoside (que l’on trouve également seul sur le marché) est comme le decyl glucoside un tensioactif très doux. D’après les fiches fournisseurs que j’ai pu trouver, j’ai le sentiment qu’il est moins moussant que le premier, mais plus doux. Mais de prochaines expérimentations nous en diront plus ;-)

En attendant, aujourd’hui, nous partons à l’attaque du Lamesoft PO65 (Douceur de coco)!

Ca n’a pas été une expérimentation de tout repos!

Bon, déjà, la texture est très épaisse, d’une douce nuance de jaune. Pour la manipuler, j’ai dû utiliser des pipettes pour plus de facilité.

Ensuite, il semble plus dispersible que soluble dans l’eau, du moins à froid (à tenter à chaud donc, les TA se mélangent de toute façon mieux, et cela permet parfois d’épaissir un mélange type gel douche/shampooing).

Enfin, je vous laisse lire la 1e partie de l’expérience.

J’ai décidé de systématiser mes expériences, c’est à dire de créer un protocole précis permettant de mesurer au moins visuellement les différences entre les TA.

Chaque mélange fait 25g, et contient de la Volvic, et 1% de conservateur (j’ajoute toujours plus de conservateur dans mes prépas 100% aqueuses, comme dans mes produits qui restent dans la salle de bains et subissent donc des chaleurs assez importantes, pour plus de prudence). Les photos sont prises après avoir obtenu une mousse (si possible) et déposé dans le même verre 4 poussées de chaque prépa.

Le Lamesoft PO65 (Douceur de coco) s’utilise entre 1 et 5%. J’ai donc testé d’abord 1%, 3% et 5%.

Mes craintes sûs-mentionnées étaient fondées : il n’est pas utilisable comme tensioactif primaire (= comme seul TA).

Voyez plutôt :

2014-05-31 18.19.13

 De gauche à droite, les formules :

Essai No1

98% d’eau
1% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No2

96% d’eau
3% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No3

94% d’eau
5% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Je ne me suis pas laissée démonter (la cosméto HM demande bien plus de persévérance, si je m’étais arrêtée au 1er échec à chaque fois, je n’en serais pas bien loin ^^). J’ai donc décidé de commencer à tester également les tensioactifs secondaires. Comme je n’ai pour le moment qu’un seul TA primaire dans ma testothèque, je me suis donc attelée au test decyl glucoside/Lamesoft PO65.

Comme les deux TA sont très doux et que le Lamesoft PO65 (Douceur de coco) mousse vraiment peu, j’ai choisi de l’ajouter aux 12% de decyl glucoside (Mousse de sucre).

Voici les résultats :

2014-05-31 18.46.36

De gauche à droite, les formules :

Essai No1

87% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No2

86% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
1% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No3

84% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
3% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No4

82% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
5% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

La douceur apportée (ainsi qu’un ajout de crémeux à la texture) se ressent dès l’ajout d’1% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)! En revanche, à l’utilisation, je trouve que l’essai No3 est le plus agréable. Plus crémeux que l’essai No2, mais pas aussi « lourd » que le No4.

Voici donc la recette de base du

Nuage de coco sucré

Ingrédients pour 150g (environ 150ml)

84% soit 126g d’eau
12% soit 18g de decyl glucoside (Mousse de sucre)
3% soit 4.5g de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% soit 1.5g de Geogard 221 (Cosgard)

Protocole

Nettoyez-stérilisez-désinfectez contenant-matériel-plan de travail-mains. Mélangez le Lamesoft PO65 au decyl glucoside (cela permet une meilleur solubilité du Lamesoft PO65 dans l’eau à froid, je n’ai pas testé à chaud pour ne pas fausser le protocole). Ajoutez l’eau et le conservateur. Mélangez doucement (pour ne pas faire mousser le mélange). Enflaconnez!

Résultats

Une mousse douce et crémeuse, parfaite pour les peaux sensibles, déshydratées ou sèches!

Bien entendu, cette recette de base peut être utilisée selon vos envies et besoins avec différents ingrédients!
Pour avoir des idées, et savoir lesquels influeront sur la texture de votre mousse, je vous renvoie au premier article sur le sujet ;-)

Cela vous a plu?

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Index Cosmétique homemade : les tests & partenariats fournisseurs

Je commence à avoir pas mal d’articles de tests et partenariats fournisseurs.

J’ai donc décidé de faire ici la liste des articles concernés, classés par fournisseur ainsi que par ingrédients.

Tous les articles tests/partenariats sont ici.

Les fournisseurs

* Aroma-zone (tous)

Contour d’yeux anti-poches anti cernes
Crème visage purifiante anti-pores dilatés
Infusion amla/sidr
Lait gommant visage
Nuage frais ayurvédique
(mousse nettoyante visage)
Masque cocoon ultra hydratant (cheveux)
Nuage gorgé de soleil (crème visage pour peaux mixtes)
Sérum visage purifiant, unifiant, bonne mine
Shampooing solide au monoi (cheveux mixtes)

* Dans ma nature (tous)

Shampooing liquide Summer time

* My cosmetik (tous)

Crème de douche exfoliante et relaxante (tonifiante, aide à lutter contre la cellulite et les vergetures)
Synergie d’huiles essentielles d’agrumes

* Ma cosmeto perso (tous)

Crème apaisante et purifiante (visage)
Crème corps fraîche et relaxante
Focus : Poudre de yaourt

Les ingrédients testés

Actifs

* Extrait précieux de fleurs de tulipier du Gabon

Crème apaisante et purifiante

* Poudre de yaourt

Crème corps fraîche et relaxante
Focus : Poudre de yaourt

Emulsifiants

* Cire No 3

Masque cheveux cocoon ultra-hydratant

Exfoliants

* Poudre de noyaux d’olive

Crème de douche gommante et relaxante

Fragrances

* Fleur de vanille

Masque cheveux cocoon ultra-hydratant

Huiles essentielles

* Mandarine rouge

Crème de douche exfoliante et relaxante
Synergie d’agrumes

* Orange douce

Crème de douche exfoliante et relaxante
Synergie d’agrumes

* Pamplemousse

Crème de douche exfoliante et relaxante
Synergie d’agrumes

* Petit grain

Crème de douche exfoliante et relaxante
Synergie d’agrumes

Hydrolats

* Menthe poivrée

Crème corps fraîche et relaxante

Plantes séchées

* Aubépine

Contour d’yeux anti-poches anti-cernes
Lait gommant visage
Nuage gorgé de soleil
Sérum visage purifiant, unifiant, bonne mine

* Reine des prés

Contour d’yeux anti-poches anti-cernes
Crème anti-pores dilatés
Nuage gorgé de soleil
Sérum visage purifiant, unifiant, bonne mine

Poudres ayurvédiques

* Amla

Infusion Amla-sidr
Nuage frais ayurvédique (mousse nettoyante)

* Sidr

Infusion Amla-sidr
Nuage frais ayurvédique (mousse nettoyante)
Shampooing solide au monoi


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Crème de douche exfoliante et relaxante – Test MyCosmetik : poudre de noyaux d’olive et HE

J’ai toujours adoré les gommages. Mais pas toujours facile de trouver une texture vraiment agréable, d’autant plus que j’ai la peau sensible (mais normale), ils sont souvent soit trop agressants et je ressors en mode écrevisse qui se jette sur sa crème corps qui tiraille (bonjour le moment de détente) soit ils sont trop gras (rien que de l’écrire j’en ai de petits frissons d’horreur).

Ma swappée m’avait convaincue de tenter la version HM en m’en envoyant un très chouette.
Je voulais quelque chose d’assez élaboré, similaire à un gommage que j’avais adoré, dont je ne connais plus le nom, mais ai l’exact souvenir de la texture dans la tête. Un gommage efficace mais pas bourrin, doux, légèrement gras, assez pour protéger et s’abstenir de nourrir après. Il moussait légèrement, mais semblait se transformer en lait au rinçage. Et évidemment, il sentait bon.

Je pensais que mon 1er essai allait être un premier essai, comme toujours, mais je suis vraiment ravie de cette version alors je la partage :)

Je suis partie sur une recette de Caly qui m’intriguait depuis un moment. Je l’ai modifiée pour obtenir la texture que je voulais. Je la voulais non grasse (d’où l’ajout de coco silicone à la place d’un peu de coco, et en plus (pour ne pas trop modifier la texture de base, très chouette). Pour le côté relaxant, j’y ai ajouté ma synergie d’agrumes, ce qui allait forcément beaucoup liquéfier la préparation, donc j’y ai ajouté un peu de gomme aussi. Pour que ça mousse légèrement malgré l’énorme apport en gras, j’ai ajouté du SLSA.

Et bien sûr, l’exfoliant, élément-clé d’un gommage!
J’ai choisi la poudre de noyaux d’olive, un exfoliant très efficace (7/10 de puissance exfoliante), mais pas trop non plus pour ne pas malmener ma peau sensible. L’apport en gras très important ainsi que l’allantoine aide également à rendre le gommage efficace, sans être trop décapant. Parfait pour les peaux sensibles et sèches!

Crème de douche exfoliante et relaxante coco-agrumes

Textuuuuure <3

Textuuuuure <3

 

Ingrédients pour 300g

Phase A – 87%

31.75% soit 95.25g d’eau minérale (excipient)
20% soit 60g d’huile de coco (émollient)
15% soit 45g de Base Melt and pour au lait de chèvre (lavant)
10% soit 30g de Coco silicone (émollient silicone-like)
5% soit 15g de SLSA (lavant)
5% soit 15g de glycérine végétale (humectant, anti-déshydratant)
0.25% soit 0.75g de gomme de xanthane (gélifiant)

Phase B – 13%

6% soit 18g de poudre de noyaux d’olive (exfoliant)
4% soit 12g d’allantoine (apaisant)
2% soit 6g de synergie d’agrumes (relaxante, drainante, astringente, tonique)
1% soit 3g de Cosgard (conservateur)

Protocole

Nettoyez-stérilisez-désinfectez mains-matériel-contenant-plan de travail.
A la main : Ajoutez la phase A (hors gomme) au bain-marie jusqu’à fonte totale des ingrédients. Lorsque votre mélange est homogène, ajoutez en pluie fine la gomme. Fouettez bien jusqu’à refroidissement total. Ajoutez les ingrédients de la phase B. Enflaconnez!
Naturalis : Clipsez le mélangeur. Ajoutez les ingrédients de la phase A. Faites un à deux cycles à chaud (le mélange doit être homogène). Laissez refroidir (par précaution j’ai ajouté après quelques minutes à capot ouvert un cycle à froid). Lancez un cycle froid en ajoutant les ingrédients de la phase B. J’ai dû utiliser la spatule pour une homogénéité impeccable. Enflaconnez!
Le résultat peut paraître un peu liquide mais prendra sa forme définitive en 24-48h. J’aurais adoré l’avoir en tube souple comme le gommage de base car je trouve ça plus pratique. Oh! En cherchant avec l’exfoliant pour quand même essayé de trouver le vrai, je suis tombée sur le produit original! Je suis à la recherche de ce genre de tube vide si jamais (mais bien comme ici, pas brillant pour que ça ne glisse pas dans les mains mouillées) ;-)

Résutats

Y a pas à dire j’ADORE! D’où les 300g d’ailleurs, c’est très simple : j’étais partie sur 100g, ai fait un gommage, et préparé directement 200g supplémentaires (en ajustant la gomme que j’avais dû ajouter après pour le 1er)!
Evidemment vous pouvez en faire moins, juste avec quelques calculs (ou pas si vous en faîtes 100g d’ailleurs).
Dans le pot, un régal d’odeur entre la synergie et la coco, sur la peau et au rinçage, il n’y a que la synergie qui sente chez moi.
À l’utilisation c’est tout doux tout en étant désincrustant, en frottant, ça mousse très légèrement, avant de se transformer en lait au rinçage. J’ai massé doucement mais assez longtemps pour bien bénéficier de ses propriétés relaxantes et cutanées.
J’ai la peau du corps normale, mais déshydratée, surtout les jambes. C’est donc un peu trop nourrissant pour moi, mais ce sera parfait pour les peaux sèches et sensibles (je n’étais pas plus rouge que si j’avais pris ma douche quotidienne!). J’ai relavé une partie de mon corps, déjà ma peau tiraillait moins au lavage.
L’effet relaxant de la mandarine rouge que j’utilise depuis 2 ans était décuplé par la synergie, un délice!
Au séchage, y a pas à dire, la synergie est efficace! Couplée au gommage, les effets toniques, astringents, légèrement rafermissants donnent une peau veloutée, toute douce, affinée. Sur moi, ça a vraiment eu un effet du tonnerre! Je suis conquise <3

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