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Comment formuler des produits détergents, les bases

Ma première expérience avec les tensioactifs (TA) liquides il y a plus de 6 ans avait été catastrophique. Mes cheveux ressortaient plus poisseux qu’avant lavage! Je me suis donc concentrée longtemps sur les émulsions à la place, et n’ai repris mes recherches qu’il y a 1 an et demi environ, lorsqu’après avoir fait connaissance des TA solides, j’ai voulu explorer les liquides, titillée par Swift et ses innombrables posts sur les tensioactifs! Découvrir Making skincare m’a donné d’autres sources, que vous trouverez tout au long de cet article! Et pour les avoir expérimentées depuis quelques mois, ces données m’ont vraiment permis d’améliorer mes produits détergents liquides, j’espère qu’ils vous serviront autant! :)

eau

Le plus long, mais le plus important : la formulation!

Pour créer un produit le plus équilibré et adapté possible, je suis ses quelques règles glanées un peu partout, entre expériences foireuses et recherches avides.

Règle #1 : pour plus de douceur, mélangez vos TA.

Le combo idéal, quel que soit le produit, sera :
* 1-2 anioniques : ils apportent la détergence, donc l’efficacité du produit, mais également une majeure partie de la mousse produite par le produit… (plus de détails sur les TA ici)
* 1-2 amphotères : selon le produit, il adoucit le mélange, stabilise la mousse, démêle légèrement les cheveux, rend la peau douce, épaissit le mélange., influe l’étalement..
* 1-2 non-ioniques : selon les produits, ils ont des effets sur la mousse, pour rendre le produit encore plus agréable à utiliser, adoucissent encore plus le mélange, ont des effets sur la texture, sont relipidants…

Règle #2 : n’ayez pas peur d’en mettre, faut que ça lave!

Depuis que je suis les recommandations de dosage de Swift crafty monkey, on a enfin préféré mes produits home-made pour le bain et la douche. Je recommande son blog +++ pour les anglophones et les utilisateurs de Google Translate, c’est une véritable mine d’or!

Un tableau qui résume les pourcentages de TA inclus dans nos préparations, des explications sur comment les utiliser se trouve plus bas.

Règle #3 : n’ayez pas peur de la détergence, c’est aussi votre amie!

Si vos produits ne sont pas détergents du tout, ils ne lavent pas! Ce sont les détergents qui débarrassent la peau et les cheveux des impuretés, du sébum, la transpiration, bref, c’est grâce à eux que vous êtes propres et vos cheveux avec, ne les fuyez pas ;-) Sachez d’ailleurs que beaucoup ont peur que nos produits puissent rivaliser avec des produits au SLS voire au SLeS et ALeS (déjà bien plus doux!) pour les plus prudents, ce n’est pas possible, les deux derniers cités ne sont même pas de base considérés comme irritants. Concrètement, les TA auxquels nous avons accès sont très doux, doux voire « pas si doux » pour le SLS (uniquement, potentiel irritant 4.5-5/10 seulement!). Même en utilisant du SLeS ou mieux de l’ALeS, vous ne pourrez toujours pas atteindre le potentiel irritant du SLS, donc ne vous inquiétez pas trop de baisser le % de vos TA, vous bénéficierez plus de les choisir en fonction de vos besoins :)

Le point sur la Substance Active Lavante

La SAL mesure le pouvoir lavant de votre produit. Plus elle est élevée, plus le produit est détergent. Ce qui sera parfait dans un bain moussant, mais complètement inadapté pour un savon intime par exemple. Comme dit plus haut, la détergence est une bonne copine, il faut juste savoir l’utiliser en fonction de vos besoins.

Ma copine Caroline a écrit deux excellents articles sur le sujet, je vous laisse aller voir celui sur les généralités du concept pour plus d’information. Elle a également listé de nombreuses SAL de différents tensioactifs.

La SAL est différente du pourcentage auquel utiliser le produit. Vos TA ont tous une SAL unique, en fonction des composants et même du fournisseur. Cela les rend plus ou moins détergents.

Voici un tableau regroupant les dosages et la fourchette de SAL vous permettant de choisir et doser vos tensioactifs en fonction du type de produit :

Type de produit

SAL 

Dosages TA

Bain moussant

20-35 50-100
Gel douche 18-25 45-60
Gel douche enfant 12-15 15-35
Nettoyant intime 5-10 10-20
Nettoyant visage 5-10 10-20
Shampooing 10-15 15-40

Shampooing solide

? 70-90

Les dosages sont approximatifs, vous pouvez les modifiez, mais généralement ce sont les fourchettes dans lesquelles vous vous retrouverez en visant la SAL cible.

Maintenant, le vif du sujet!

Vous avez à présent une base pour votre produit, en fonction de son utilisation.

Choisissez d’abord votre pourcentage approximatif de TA grâce au tableau ci-dessus.
Pour savoir si vous devez plus vous rapprocher du minimum ou du maximum, c’est très simple, plus votre peau/vos cheveux sont gras, plus vous utiliserez un haut pourcentage, car le sébum est très collant et dur à enlever, il faudra aussi bien faire attention à avoir une SAL globale élevée (en restant dans les pourcentages recommandés par le tableau ci-dessus en fonction du type de produits). Plus vos cheveux ou votre peau sont secs, moins vous avez besoin de mettre de TA et d’avoir une SAL élevée (en restant au minimum indiqué par le tableau). Limitez également pour les peaux/cuirs chevelus sensibles.

Exemple : je souhaite faire un shampooing à usage régulier, j’ai les racines grasses mais les pointes sèches, et le cuir chevelu sensible. Je vais rester autour de 35% de TA, pour bien dégraisser mes racines, mais garder une SAL vers 12 environ. Ainsi, mes racines seront bien lavées et je pourra espacer mes shampooings, et mes pointes pas trop abîmées.

Choisissez vos TA en fonction de la règle #1. Incorporez toujours un minimum de détergence, on veut que nos produits lavent. Ici aussi, ils seront à choisir en fonction de votre type de peau et de cheveux (bientôt, un article sur ce sujet). Mais la règle de base est la même : on veut peu de détergence pour les cheveux/peau secs, et beaucoup pour les gras, en limitant pour les peaux sensibles/réactives. (plus d’infos sur les types de peaux ici).

Exemples : Je ne mets jamais de SCS dans les shampooings de M. DPC car il est trop détergent pour ses boucles sèches, par contre je formule toujours avec pour moi, pour mes racines grasses, mais pas trop quand même, à cause de mon cuir chevelu sensible.
De la même façon, sa peau grasse à tendance acnéique nécessite des formules plus détergentes que ma peau mixte sensible. Je me lave le visage avec des amphotères, mais il est mieux que je formule pour lui avec un peu d’anioniques en plus. Aucun de nous deux ne peut utiliser le coco glucoside(and)glyceryl oleate (la Douceur de coco chez AZ) qui est relipidant.

Tip DPC

* Les TA apportent tous des propriétés différentes en plus de leur détergence. Certains sont moussants (différents types de mousse également!), d’autres mouillants (ils augmentent l’étalement du produit), ils influent la viscosité, etc… Lisez bien vos fiches techniques pour les choisir en fonction de vos besoins. Certaines de ces propriétés lorsqu’elles sont générales sont décrites dans cet article. Un autre rentrera bientôt dans les détails :)

Ok, nous avons donc un squelette de formule très simple à la fin de cette première étape :

– Eau
– TAs
– conservateur

Vous pouvez en rester à cette étape pour une formule simplissime. Ou alors lui apporter d’autres propriétés que celles des TA!

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Passons aux goodies!

Les émollients et relipidants

À réserver aux peaux/cheveux secs ou abîmés. À éviter pour les peaux/racines grasses ou alors en très petits pourcentages.

Cela inclut :
– les fragrances
– les actifs liposolubles
– les huiles/beurres
– les esters huileux
– les silicones
– les agents relipidants comme le glyceryl oleate de la douceur de coco
– les huiles/beurres hydrosolubles (relipidants également)

Tips DPC

* L’ajout de corps gras comme les huiles, les esters huileux, les silicones, les fragrances diminuent la détergence (sans toucher à la SAL). Limitez-les ++, ou vos produits risqueront d’être trop doux, hormis si vous formulez des produits type crèmes/beurres de douche, qui sont très peu détergents de base. Je suis moi-même en train d’en faire l’expérience car mon dernier shampooing solide m’oblige à faire un shampooing tous les deux jours (au lieu de tous les 3-4 avec ses prédécesseurs).
* Ajouter des corps gras simples va également liquéfier instanténament certains TA. Pour éviter cela, prévoyez un stabilisateur/un épaississant, limitez les fragrances, préférez les relipidants aux émollients.
* Le gras est aussi le pire ennemi de la mousse. Les relipidants ne sont pas moussants mais ne « cassent » pas autant la mousse que les émollients…

Les humectants & hydratants

Je vous parle souvent d’à quel point l’hydratation est cruciale pour notre peau comme nos cheveux, déshydratés par les éléments, le temps, la température, le coiffage, les frottements, tout contact… Réhydrater lors du lavage permet d’éviter cette sensation de tiraillement désagréable ou de cheveu qui crisse, de « trop propre ».

Tips DPC

* Préférez la glycérine au Sodium PCA ou Sodium lactate, plus facilement rincés donc pas très rentables. De plus, ils contiennent tous les deux des électrolytes contrairement à la glycérine, ce qui vous fera courir le risque de liquéfier votre système de TA. La glycérine permet la formation de grosses bulles, bien solides, mais « casse » la mousse et liquéfie légèrement les mélanges. Je la dose généralement à 2-5%.
* Le panthénol (la provitamine B5) est l’ami de tous les types de cheveux, un excellent humectant/hydratant, et il ne tient pas trop mal après rinçage :)
* L’urée tend à liquéfier les mélanges de TA, si vous y tenez, limitez-vous à 2-3% pour limiter la casse, et prévoyez un épaississant/stabilisateur.

Les démêlants

Ils permettent de limiter l’emmêlage des cheveux facilités par les TA anioniques. Ils sont cependant généralement cationiques, ce qui les rend incompatibles avec les anioniques. Si vous ajoutez par exemple du BTMS à un shampooing liquide, il finira en grumeaux au fond du flacon.

Tips DPC

* Les polymères cationiques, silicones et protéines vous aideront ici. Un article sur le sujet ici.
* Apparemment, un sel cationique, le cetrimonium chloride peut être facilement incorporé aux mélange de TA. Il sera très sûrement l’option la plus efficace. Un article sur cet ingrédient bientôt!

Les actifs

Notez de base qu’un actif a besoin d’un minimum de temps de pose. Si vous vous lavez les cheveux ou la peau et rincez immédiatement, y mettre un actif n’aura généralement que peu d’intérêt. Personnellement, je laisse poser mon shampooing pendant que je me lave et l’AS pendant que je me brosse les dents, ça me permet d’y ajouter certains actifs.

Tips DPC

* Les actifs huileux posent les problèmes cités pour les émollients (dont ils font partie), mais sont moins rinçables donc ont plus de chance de rester sur les cheveux.
* La plupart des actifs aqueux seront rincés et finiront dans vos canalisations. Hormis les filmogènes (un actif comme le Keratin Protect -dont je vous parlerai bientôt- devrait rester sur les cheveux par exemple. Les protéines sont les actifs privilégiés pour les rinçables. Pensez également aux huiles essentielles!
* Pour vous aider à les choisir, jetez un oeil à ces articles pour la peau, et les cheveux.

Les fragrances

Les fragrances sont des plaies à ajouter aux produits à base de tensioactifs. Elles peuvent avoir un effet dramatique sur la consistance notamment. Elles influent également la transparence du mélange.

Tips DPC

* Les composés contenus dans les fragrances sont à l’origine des changements de viscosité:
– ils la diminuent donc liquéfient : alcools (INCI en ol), dipropylène glycol, vanilline
– ils l’augmentent donc épaississent : terpènes, isopropropyl myristate, dithyl phtalate
* Une loi assez basique : plus l’odeur est rapide à venir jusqu’au nez, moins elle restera sur la peau/les cheveux. Je vous fais là un résumé de données bien plus compliquées, ce n’est pas une conclusion personnelle :p
* Il y a généralement deux fois plus de fragrance dans les produits pour les cheveux que dans ceux pour la peau (excluant les shampooings donc, en contact avec le cuir chevelu). Les cheveux retiennent cependant mieux les fragrances que la peau : celle-ci est plus chaude (ce qui augmente la vitesse d’évaporation naturelle de la fragrance), elle est moins poreuse de nature donc il y a moins de possibilités pour les molécules de la fragrance de se fixer et comme contrairement aux cheveux, elle est vivante, elle sécrète constamment des produits chimiques qui interagissent avec les composés de la fragrance.
* De façon générale, les fragrances sont irritantes. Limitez-en toujours le pourcentage au maximum. Ne dépassez pas 2% en rinçable, qui en contiennent parfois plus, parce qu’ils sont utilisés en toute petite quantité. Une fragrance à utiliser en grande quantité pour être odorante est une fragrance faible. Pour limiter l’irritation et s’assurer d’avoir une fragrance de bonne qualité, recherchez celles qui peuvent être utilisées même en petit pourcentage (0.2%, 0.5% en rinçable) et toujours être bien odorantes. C’est le signe d’une fragrance d’excellente qualité.

Et maintenant, filez expérimenter!

Bientôt, ici un article sur comment créer un système de tensioactifs,
et un autre sur comment les choisir en fonction de son type de cheveux et de peau,
puis une série de courts posts sur la formulations des produits plus en détails,
en fonction des types de peau et cheveux, et du produit.

 Sources :

Point of interest

It’s all in my hands

Les coquelicots de Caro

The chemistry of fragrances : from perfumer to consumer, Charles Sell

 


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Mrs White en petite culotte : le sel d’Epsom – Test MyCosmetik

Cela fait quelques temps que je n’avais rien à partager avec vous.
J’ai le bonheur de vous annoncer que ces longues périodes de pause devraient se faire de plus en plus rares, j’apprends enfin à m’organiser pour faire de la place dans ma vie pour ce qui compte, et écrire et partager ici compte ;-)

Cela fait quelques temps que je m’amuse avec des produits pour le bain. J’ai eu donc l’occasion de tester le sel d’Epsom MyCosmetik (et 2 autres, ça a été l’occasion de comparer!).

C’était aussi l’occasion d’introduire une nouvelle rubrique, celle des articles de Mrs White en petite culotte, une rubrique où je partagerais avec vous mes recherches sur certains ingrédients, ce qu’en dit la science si vous voulez. Ne vous en faîtes pas, je n’ai pas prévu de vous sur-informer! Les détails seront toujours disponibles en sources, il ne s’agira que de partager ce qui nous est utile en cosmétique HM, je me charge d’aller plus en profondeur et de faire le tri au mieux ;-)

Pourquoi Mrs White? J’imagine que les fans de Breaking bad auront compris le clin d’oeil. C’est aussi comme ça que m’appellent certains de mes potes quand ils me voient au milieu de mon matériel de labo, affairée à cosméter. :)

Ces derniers mois, la cosmétique home-made a pris beaucoup d’ampleur dans ma vie dans la mesure où elle est devenue une seconde activité. Je suis donc amenée à plus étudier les formules professionnelles, bio ou non et mes ingrédients. C’est effarant à quel point il y a un gap entre les propriétés accordées à nos ingrédients et leurs réelles propriétés chimiques, en tant que molécules. J’aimerais partager avec vous ce que je trouve pour vous aider également à mieux choisir vos ingrédients. Comme auparavant pour vos cosmétiques, le marketing fait rage et prête beaucoup de vertus complètement injustifiées aux ingrédients, presque plus de l’ordre de l’opinion que de l’information.

Comme d’habitude, j’étais partie sur un minuscule article, jusqu’à ce que je me pose la question : mais au fait comment ça marche concrètement? Et c’était fichu, j’étais piégée par ma curiosité, dans une frénésie de recherches comme je les aime.  Voici ce que j’ai trouvé.

sel-epsom

Son petit nom, en vrai c’est magnesium sulfate. C’est sous cette forme que vous le trouverez dans votre INCI. Ca le rend bien différent du sel de table que nous connaissons (INCI Sodium chloride). Ne les substituez pas. Plus d’informations sur l’utilisation des sels d’Epsom à la fin de l’article ;-)

Ce qu’on lit sur le sel d’Epsom

Chez les fournisseurs

Selon la plupart des fournisseurs chez qui je l’ai trouvé, il serait :

  • Détoxifiant
  • Reminéralisant
  • Exfoliant
  • Relaxant
  • Facilite l’endormissement
  • Soulage les douleurs musculaires

Ses vertus exfoliantes ne font aucun doute, comme les autres sels ou les sucres (cf les infos sur l’utilisation).

Les autres propriétés impliquent une absorption du sel par la peau. Voyons ce qu’en dit la sphère scientifique.

Dans les études

Bon, alors, ça c’est assez rapide : il n’y a pas vraiment de littérature sur les bains au sel d’Epsom. Une seule circule, celle du Dr Waring. Dont la conclusion est « Bathing in Epsom salts is a safe and easy way to increase sulfate and magnesium levels in the body. » : « Prendre des bains de sel d’Epsom est un moyen simple et prudent d’élever les niveaux de sulfate et de magnésium dans le corps ». Pour ce faire, ils ont demandé aux 19 sujets de prendre des bains de 50C, et ont vérifié leurs niveaux de sulfate et de magnesium contenus dans leur sang avant et après. 16 sujets présentent un niveau plus élevé.
Déjà, des bains à 50C, ce n’est pas vraiment ce qu’on appellerait des conditions « normales » de bain, c’est très chaud!
Ils mentionnent une autre étude où les bains faisaient 37C (bien plus proches de vos bains) et les sujets ne présentaient aucune absorption mais apparemment ça ne leur a pas posé problème d’affirmer avec certitude que c’est le cas dans leur conclusion.

Petite cerise sur le carreau (oui c’est volontaire), l’étude a été financée par l’Epsom salt council, un organisme qui promeut les bienfaits du sel d’Epsom (et avance d’ailleurs bien plus sur son site que ce que l’étude a trouvé)… Bref, personnellement, ça ne me suffit pas (je ne crois pas non plus que l’étude ait été publiée donc évaluée et répliquée par des pairs, hum hum…).

Chez mes sources préférées d’information

Grosse pénurie d’info. Mon moteur de recherche favori ne le trouve même pas dans ses données.

Sur deux de mes autres sources habituelles (sur une dizaine!), je le trouve :
* décrit comme épaississant (Source : Paula’s choice)
* utilisé comme un diluent ou simplement… pour prendre de la place (Source : CosmeticsInfo)

Chez d’autres explorateurs

Je n’étais donc pas plus avancée. Et visiblement, je ne suis pas la première à avoir fait des recherches et revenue plutôt bredouille.

Leur verdict est sans appel : il n’y a pas de preuve scientifique que cela marche.

Je vous laisse faire un tour :
* Article 1 Citation « Par effet placebo, le sel d’Epsom semble soulager les gens. Mais la science derrière ne tient pas. »
* Article 2 Mention d’une étude, non publiée.
* Article 3 Article très intéressant sur la science de la douleur.  Ici encore, l’auteur conclue à une absence de données en faveur d’une absorption cutanée.

Mes conclusions

Le syndrome de la feuille qui tombe

Une pensée m’est venue en écrivant cet article.
À l’Université, un prof nous avait décrit un phénomène dont il faut se méfier, qu’il avait appelé « Le syndrome de la feuille qui tombe » : « Il est toujours très important de contextualiser vos données. Si vous traitez un arbre au printemps pour qu’il perde ses feuilles, et revenez prélever vos données à l’automne, vous pourriez conclure que votre traitement a été effectif, complètement à tort. ».

Ici, j’ai réalisé comme l’auteur de l’article 3, que certes j’étais de plus en plus relaxée par mes bains, mais aussi et surtout que depuis que je formule des produits de bain, j’en prends plus souvent. En effet, même sans sels, un bain de 15-20mn détend. N’importe qui qui commence à prendre des bains plus souvent pourrait conclure que ce sont le sel d’Epsom qu’il teste qui le détend et non simplement le fait qu’il prenne plus de bains : plus on en prend fréquemment, plus on est détendu, plus c’est efficace. Un peu comme certaines personnes qui trouvent le fait-maison miraculeux parce que pour la 1e fois elles se mettent à soigner leur peau et leurs cheveux plus régulièrement.

À proscrire, inutile?

Non, en aucun cas!

Ses propriétés avérées :
* il adoucit l’eau, donc rend la peau douce et plus facile à exfolier par après
* il peut servir d’exfoliant
* il permet d’aider à la dilution de fragrance ou d’huiles végétales ou essentielles dans l’eau du bain
* comme il est anionique, il peut être utilisé dans des sprays « bouclants » (NB certains types de cheveux ne semblent pas apprécier, commencez par un petit pourcentage)
* tout simplement, comme tous produits de bain je trouve, il donne envie de prendre un bain! Et les bains, c’est comme danser en petite culotte, ça fait un bien fou au corps, donc au moral, pas cher le petit bonheur :D

Et surtout, l’absence de preuve ne réfute rien. ;-)

Comment l’utiliser en cosmétique? 

D’abord, quelques contre-indications :
* n’en mettez pas dans vos savons, M&P ou SAF, apparemment ça fait de la bouillie (probablement pour la raison citée ci-dessous).
* n’en mettez pas dans vos produits effervescents, il a des propriétés hygroscopiques : il attire l’eau, donc déclenche l’effervescence avant utilisation.
* n’en mettez pas dans un produit 100% huileux, hormis pour en faire un produit exfoliant.
* si vous l’utilisez dans un spray hydratant, n’ajoutez rien de cationique. (voir article sur le sujet)

L’utilisation la plus facile sera d’en faire des sels de bains, seul ou accompagné d’autres sels. Il pourra y être utilisé jusqu’à 100% du produit. Vous pouvez simplement ajouter une bonne poignée de sel d’Epsom dans l’eau du bain, certains vont jusqu’à 100g, personnellement, je trouve l’eau trop douce quand il y en a autant.

Vous pouvez les ajouter dans vos produits pour le bain non effervescents (des tutoriels sur le sujet bientôt!). Il durcira les produits semi-solides à solides.

Vous pouvez en utiliser dans certains de vos produits à base de tensioactifs pour les épaissir (ne dépasser pas 3-4%). (plus d’infos sur ce sujet bientôt également)

Le sel d’Epsom MyCosmetik

Je le trouve plus fin et régulier que les autres marques que j’a pu tester (Gracefruit, Aroma-Zone). Il ferait un bon exfoliant. C’est très agréable du coup aussi de faire des sels de bain, pour bien mélanger avec les autres ingrédients. Bref, je vous le recommande si vous êtes à la recherche d’un grain bien fin et régulier :)

Sur ce, je file prendre un bain,
et vous conseille de faire de même!

bath

 


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DPC, le « naturel » & l’écologique

Aujourd’hui, j’avais envie de faire le point sur un sujet qui me tient à coeur, car il inclut deux de mes plus grandes passions : les cosmétiques et la psychologie.

En effet, que ce soit ici, ou sur le groupe Facebook AZEN d’où beaucoup d’entre vous me connaissent,  je vois souvent des cosméteurs en agresser d’autres sur la façon dont ils font leurs produits ou même récemment, juste sur le concept-même de la cosmétique home-made : parler de généralités sur la cosmétique home-made est un peu comme faire des généralités sur l’art ou la cuisine en disant « tout le monde fait comme ça, le fait pour ça ou avec ces objectifs-là ». Et honnêtement, je ne comprends pas pourquoi : il y a différentes raisons pour lesquelles on souhaite faire ses cosmétiques soi-même, et différentes façons de le faire, et la meilleure restera celle qui correspond le plus à vos valeurs et vos objectifs. Enfin, on me demande également souvent pourquoi mes formules ne répondent pas à certains critères qui sont les vôtres.

Voici donc un aperçu des valeurs qui me sont chères et qui définissent la façon dont je cosmète et dont je choisis les ingrédients qui composeront mes formules. Ainsi qu’une apologie d’une habitude malheureusement peu répandue apparemment : celle de la tolérance!

Pourquoi faîtes-vous vos cosmétiques?

Je vois différentes raisons possibles, qui seront des bases potentiellement très différentes.

Certains souhaitent être axés sur l’aspect naturel de nos produits. Leur objectif est de faire des produits dont ils contrôlent la composition, et souhaitent que ceux-ci soient le plus « naturels » possible, je mets ici naturel entre guillemets, car concrètement c’est un mot qui n’a pas vraiment de définition. Nous pouvons possiblement déterminer deux types d’ingrédients naturels, par leur origine ou par la façon dont ils sont traités/transformés.

Une autre raison, souvent liée à la première, mais pas toujours, est le souhait d’utiliser des produits soucieux de maintenir l’écologie de notre chère planète. Cela implique généralement d’utiliser des produits transformés le moins possible (les procédés de transformation étant souvent polluants), idéalement pas du tout, mais aussi de tenir compte du voyage effectué par ces derniers par exemple.

Enfin, la troisième raison, qui peut être liée aux deux premières ou pas, la créativité et la personnalisation : créer quelque chose de ses mains peut se révéler très gratifiant. Créer des produits hyper adaptés à nos besoins, surtout si cela fait des années que l’on ne trouve pas de produits qui nous conviennent, encore plus. Ces raisons peuvent être associées aux premières, ou pas du tout!

On peut tout faire, mais pas en même temps…

Le premier souci que je vois ici, c’est que ces trois raisons peuvent parfois s’accorder pour nous aider à choisir nos ingrédients en fonction de nos valeurs. Mais pas toujours, de loin pas. Comme pour beaucoup de choses, il me semble nécessaire de faire des choix et des compromis.

Je vois ce genre d’objectifs généraux comme de grandes échelles, chaque barreau étant un pas de plus vers un objectif rempli à 100%. On ne peut pas monter plusieurs échelles à la fois. Il faut donc choisir laquelle est la plus importante pour nous, celle dont on montera le plus de barreaux (ou lesquelles). Aucune échelle n’a plus de valeur qu’une autre, elles sont juste différentes. Je trouve génial que certains trouvent dans la cosmétique un moyen de monter quelques barreaux de leur échelle naturelle ou écologique. Cela leur permet de vivre les valeurs à fond, ce qui est toujours une bonne chose! Ce ne sont simplement pas les mêmes que les nôtres. :)

Chez les DPC, l’une des échelles principales est celle du développement personnel. Bon, c’est pas hyper surprenant dans la maison d’une psy, vous me direz… Apprendre à devenir de meilleures personnes, être plus heureux, développer notre intelligence émotionnelle, construire des relations plus épanouissantes avec les autres… L’une de nos cames de choix!

Deux autres, très chères à notre coeur également, et dans une certaine mesure sont liées à la première (parce qu’elles nous rendent heureux) : celle de la connaissance et  celle de la créativité. Pour vous donner une idée, notre appartement est doté d’une bibliothèque à se damner, d’un coin musique à multiples instruments, mon bureau est jonché de matériel de craft, dessin et de photo, la taille de la cuisine et du frigo est l’un de nos critères principaux pour choisir une nouvelle maison (entre notre amour de la cuisine et mon amour de la cosmétique, il en faut de la place et des rangements!), l’une de nos séries préférée est composée de documentaires passionnants d’initiation et d’approfondissement des sciences (plus d’infos ici) et je lis plus de manuels de psycho que de fictions (sachant que je lis déjà beaucoup de fictions)… Ces drogues-là sont les principales à soutenir la démarche que je partage avec vous ici.

Oui, on aime que nos cosmétiques sentent bons, rendent notre peau et nos cheveux plus beaux, doux, que nos produits pour le bain moussent, que nos cheveux soient démêlés, doux et brillants… Et pour atteindre ces objectifs, je passe des heures plongée dans des manuels ou des études scientifiques, pour comprendre comment notre peau et nos cheveux fonctionnent, et comment les ingrédients auxquels nous avons accès apportent ces propriétés.

Est-ce que ça m’amène à utiliser des ingrédients qui ne sont pas toujours les meilleurs pour l’environnement ou « naturels »? Oui, souvent même. Parce que l’objectif principal de l’industrie cosmétique est de gagner de l’argent, et pour ça, des millions de scientifiques chaque jour travaillent dur à créer des ingrédients qui répondent au mieux aux demandes des consommateurs. Celles décrites plus haut et bien d’autres. Et malheureusement, les ingrédients « naturels » ne répondent pas toujours à ces besoins. Remarquez, sinon, je ne vois pas pourquoi les industriels auraient besoin de créer des ingrédients synthétiques…

Est-ce que ça fait de moi un monstre qui traite notre planète comme une poubelle? Je ne crois pas, non. Je grimpe aussi les barreaux des échelles de l’environnement et du « naturel ». Nous utilisons presque uniquement les transports en commun, nous trions nos déchets, bon nombre de nos aliments sont bio, nous achetons peu de produits transformés car nous adorons faire à manger, etc… Bref, plein de petites choses qui comptent, mais qui ne sont pas le sujet ici. Je privilégie les produits naturels quand j’ai pu m’assurer de leur efficacité. Je privilégie les produits bio dès que c’est possible et simplifie mes formules au possible en fonction de mes connaissances, qui impliquent un certain nombre d’ingrédients de base (pour avoir des formules stables, pour atteindre mes objectifs…).

Simplement, dans mon référentiel, il y a des choses plus importantes pour l’environnement que d’avoir des cosmétiques 100% « naturels ». Je ne pense pas que ma perspective soit la seule valable, évidemment. Mon propos est bien ici d’expliquer ma perspective, et de rappeler qu’on ne rend personne plus tolérant ou plus actif au sein de sa communauté en l’agressant. En aucun cas de vous dire quoi faire non plus, ça, il n’y a que vous que ça regarde et implique :)

…Et parfois, le mieux est l’ennemi du bien…

Ce dicton me semble très à propos ici. Lorsque je lis sur AZEN ou parfois dans des commentaires agressifs que cela « ne sert à rien de faire ses propres cosmétiques si on y met les mêmes cochonneries que l’on trouve dans les produits conventionnels », je dois avouer que cela me met très en colère.

Dans mes cosmétiques, je n’ai aucun problème à utiliser des ingrédients synthétiques. Pas parce que je m’en contre-fous de l’environnement. Mais simplement pour les raisons décrites ci-dessus : parce que les ingrédients « naturels » ne remplissent pas mon cahier des charges. Ce n’est pas la seule option bien sûr, comme déjà mentionné, c’est l’un des avantages de la cosmétique home-made, il y en a pour tous les goûts et besoins!

Non, rien ne démêle aussi bien ou ne rend la peau aussi douce que les cationiques et les silicones. (plus d’infos ici)
Non, aucun tensioactif ne mousse comme les anioniques. (plus d’infos ici)
Non, le naturel n’est ni inoffensif, ni la panacée (voir ici plus en détails).
Non, la chimie n’est pas diabolique : vous ÊTES un gros ensemble de réactions chimiques! Nos produits sont les résultats de la chimie! Un liquide qui devient solide ou l’inverse c’est de la chimie! Je vous en supplie, arrêtez de taper sur ce que vous ne connaissez pas. D’ailleurs sur ce sujet, je vous recommande trois articles : le premier est un article du Home-made chez Lilith qui remet les pendules à l’heure sur beaucoup de termes mal employés, le second un article par un prof de chimie (cliquez sur chaque photo pour l’INCI de ces ingrédients quotidiens!) pour vous montrer que la nature est bien plus chimique, complexe et imprévisible que les cosmétiques diabolisés, et enfin le troisième est un article du Chemist’s corner sur le top 12 des ingrédients les plus diabolisés.

Donc oui, j’utilise des quats, des ingrédients éthoxylés, des fragrances synthétiques… Haha, allez, j’avoue sans honte, au risque d’en faire hurler certains, je formule même depuis quelques semaines avec des silicones, et honnêtement, ça me change la vie! Sans compter qu’avant d’utiliser ces produits, j’ai fait mes recherches. Et quand je dis faire mes recherches, je ne parle pas de lire 3 blogs qui hurlent aux ingrédients maléfiques tous les deux posts sans donner la moindre étude validant leurs propos. Ou pire, qui appuient leurs propos sur des sites qui manquent autant de rigueur que de données comme EWG (donnant l’impression d’appuyer leurs contenus). Je parle de ce genre d’articles (ici sur les mythes associés aux silicones et colportés sans vérification, un peu comme les données sur le pH de la peau), basés sur des manuels, dont chaque affirmation est confirmée par des études scientifiques, validées. Personne ne vous demande d’en faire autant, mais si l’on se permet d’agresser les autres parce qu’ils ont des valeurs différentes, il me semble décent d’au minimum vraiment se renseigner auparavant.

Une règle de base : ne faîtes en aucun cas confiance à une source qui cherche à vous vendre quelque chose, et/ou qui n’a pas de sources valables (= où vous pouvez accéder aux études citées, au moins avec titres et auteurs, pour pouvoir vérifier que ces personnes n’ont pas par exemple extrapolé sur des conclusions modérées).

Est-ce que pour autant mes formules sont les mêmes que celles des produits conventionnels? NON! Elles restent toujours bien plus « eco-friendly » et naturelles que n’importe quel produit conventionnel. Et c’est déjà très bien!

La cosmétique est un domaine où le greenwashing fait rage. Encore une fois, pour répondre au mieux à vos demandes. Mais le vrai cosmétique 100% « naturel » et respectueux de l’environnement n’existe pas. Pas sans faire une tonne de sacrifices : odeur, texture, propriétés sensorielles, propriétés actives…

Quant à l’idée que « on fait les choses à fond ou on ne les fait pas », en tant que psy, ça m’hérisse le poil et me fait serrer les poings de colère. Je m’explique : pour des cosmétiques 100% naturels et eco-friendly (si tant est que ce soit possible, ce dont je doute), en admettant que vous soyez prêts à sacrifier de nombreuses caractéristiques de confort, déjà, il faut partir sur une base plus « slow cosmétique ». Mais même la slow cosmétique utilise des produits transformés (l’huile ne se balade pas en libre service dans la nature! tout comme nos poudres actives, hydrolats, huiles essentielles…). Oubliez les fragrances. Oubliez les actifs (certains contiennent des conservateurs, la loi autorise votre fournisseur à ne pas le noter dans ses INCI). Oubliez les émulsifiants, la plupart sont à base de palme (un article au contenu intéressant, même si je ne cautionne pas la démarche du cosmétique « irréprochable »). Oubliez sûrement les tensioactifs pour la même raison. Oubliez l’idée de produits conservés correctement (si vous saviez comment « préservent » les conservateurs « naturels »…). Ca, ce n’est que pour la partie pro-naturelle.

Si on ajoute à cela le combat 100% green, oubliez les e-shops déjà : bonjour l’empreinte carbone de la maintenance du site et pire, de la livraison!  Faîtes vos propres ingrédients, uniquement à base de produits locaux, non traités. Ils souffriront sûrement de la pollution ambiante, mais au moins, vous ne polluerez pas en les faisant livrer ou en allant les chercher. Et vu que j’imagine par exemple que vous ne vivez pas tous en Californie ou au Mexique, l’huile de jojoba, même bio, n’est plus si eco-friendly que ça si on prend en compte le transport et tout le reste…

Donc si vraiment on fait les choses vraiment à fond, en gros, on ne fait pas. Et on choisit potentiellement de s’étaler sur la peau des produits conservés de façon douteuse. Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’on ne peut rien faire pour autant si l’on veut utiliser des produits les plus naturels possible ou les plus eco-friendly possible! Ce sont des objectifs tout aussi intéressants et enrichissants, mais comme chaque objectif, ils demandent des compromis, à vous de choisir quels seront les vôtres :)

…Alors, par pitié, lâchez-vous la grappe, ça rend plus tolérant!

Je suis tombée par hasard aujourd’hui sur une citation très adaptée pour introduire la fin de mon propos :

« Viser l’excellence est motivant, viser la perfection est démoralisant. » Harriet Braiker

Au lieu de viser la perfection, le 100% naturel/green, pourquoi on ne chercherait pas juste à faire au mieux, en appréciant déjà l’énorme pas qu’est la cosmétique home-made en tant que telle? Le temps, l’investissement que cela représente… C’est une démarche géniale et courageuse! Pourquoi vous imposer de le faire parfaitement en plus?  100% eco-friendly ou naturel n’est peut-être pas atteignable, mais rien ne vous empêche de viser juste au mieux. Ne vaut-il pas mieux un cosmétique que vous appréciez un peu plus qui sera toujours bien plus green/ »naturel » que tout ce que vous pourrez acheter dans le commerce, moi je trouve ça génial! Même en utilisant quelques produits similaires, la personnalisation permet d’obtenir des produits plus doux, plus actifs, plus respectueux de l’environnement, plus « naturels » et plus économiques.

Un petit secret de psy : le perfectionnisme tue la performance. La perfection n’existe pas. Ni chez les humains, ni même chez les machines (vous en connaissez vous une personne, un téléphone, un ordinateur qui n’a JAMAIS failli??). Alors, vouloir faire les choses parfaitement, c’est s’imposer des objectifs inatteignables, donc décourageants et en plus, qui vous feront vous sentir mal, car en échec.

Viser l’excellence demande de connaître et accepter ses limites, de faire des choix en fonction de ses objectifs et valeurs, de continuer d’apprendre, se former, s’entraîner de façon permanente. C’est une démarche très différente. Qui elle, ne vous rendra pas intolérants. ;-)

Et oui, parce que les gens qui jugent aussi sévèrement sont toujours encore plus durs avec eux-mêmes. Un peu comme si, parce qu’ils s’imposent le fardeau d’être parfaits, chaque personne qui ne faisait pas de même les agressait, les attaquait en n’étant juste pas d’accord.

Accepter que rien ne sera vraiment parfait, c’est aussi se permettre d’apprécier les progrès effectués, la différence entre avant et après nos efforts. Être bienveillant envers soi-même permet la bienveillance et la compassion envers les autres. Bref, plein de bonnes choses pour vous et les gens que vous rencontrez!

La cosmétique home-made est aussi un loisir, et la cosmétique de base basée sur la vanité, l’envie de se faire beau/belle. C’est OK d’avoir envie que vos cosmétiques sentent bons, d’avoir la peau et les cheveux doux, ça ne fait pas de vous de mauvaises personnes! Pas plus que ceux qui utilisent des ingrédients que vous ne souhaitez pas inclure dans vos préparations car ils sont trop éloignés de vos valeurs. Stop au shaming s’il vous plaît! (= le fait de faire honte aux gens)

Quant à celles qui passent dans les parages et ne font pas tous leurs produits elles-mêmes, ne culpabilisez pas parce que vous préférez vos gels douches DOP (cc Elodie :p), vos shampooings L’Oréal ou vos crèmes Clinique à ceux que vous faîtes maison. Le HM, c’est à la carte, un abonnement sans obligation, où vous prenez ce que vous voulez, n’importe qui qui vous dit le contraire se mêle de ce qui ne le regarde pas!

En bref, un petit résumé pour ceux du fond qui n’ont pas tout suivi : 
* Chaque personne est différente dans son imperfection, et il n’y a jamais UNE façon de faire les choses. La vôtre n’est ni meilleure, ni moins bonne que celle du voisin, elle est juste unique! Les choix différents des vôtres ne tuent personne, profitez-en pour apprendre de nouvelles choses ;-)
* Renseignez-vous sur les ingrédients que vous voulez utiliser ou éviter : le savoir, c’est le pouvoir! Consommer dans l’ignorance n’est pas mieux qu’éviter sans savoir pourquoi : on ne suit pas les mêmes personnes, mais on suit « bêtement » quand même!
* Détendez-vous, lâchez-vous, éclatez-vous que diable! On n’a qu’une vie, avec déjà plein d’obligations dedans, pourquoi en rajouter une couche là où ce n’est pas nécessaire? :-p

 PS : Merci à ma relectrice, Caroline!


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Fiche : Le pH #3 : Cheveux & pH

Pour finir cette série sur le pH, après les fondamentaux et la peau, passons au pH des cheveux!

Un peu de chimie

Commençons par le début. Vous savez que je ne vous embête avec des détails scientifiques que lorsque c’est nécessaire à la compréhension du sujet. Le cheveu, n’est pas un organe vivant comme la peau. Il ne peut pas se réparer tout seul. C’est pour ça qu’il est très important de ne pas trop déranger sa chimie, afin de ne pas l’abîmer.

hair shaft

Basiquement, un cheveu est composé de 3 parties, du centre à l’extérieur, et d’une couche supplémentaire :

* la moëlle ou région médullaire : elle ressemble à de petits tunnel composé de protéines séparés par de l’air. Elle peut être absente dans le cas de cheveux fins.
* le cortex : il contient de la mélanine, notre pigment naturel, qui donne sa couleur au cheveu, et des protéines (notamment de la kératine dure). C’est le vrai coeur du cheveu, bien solide car protégé par la couche supérieure.
* la cuticule : c’est elle qui va nous intéresser le plus car c’est sur elle que l’on agit au quotidien. Imaginez votre cheveu recouvert de petites écailles transparentes qui pointent vers le bas, très légèrement inclinés (5° environ). À la racine, le cheveu est plus épais car il est composé de 4 à 11 couches de cuticule, moins il y a de couches, plus le cheveu est fin, le cortex exposé, donc fragile. Cette couche de lipides protège les cheveux de la friction due au contact des cheveux entre eux, mais aussi au brossage. Elle est aussi sensible aux UVA et aux UVB. Le vent, la chaleur et l’eau l’abîment également, ainsi que le temps qui passe. En effet, même vierges de tout traitement permanent (permanente, décoloration, coloration permanente, lissage permanent) ou temporaire (boucler/lisser) et bien soignés, les cheveux s’abîment au fur et à mesure, perdent leur cuticule. Les cheveux longs sont donc également par définition abîmés.
* le sébum permet aux écailles d’être bien lisses et aplaties en formant une couche protectrice, mais il est aussi collant donc dur à enlever une fois présent et attire les saletés, la poussière… qui viennent s’y coller.

cuticules

À gauche, la cuticule d’un cheveu normal, en bonne santé. À droite, un cheveu à la cuticule abîmée.

Puis le pH entre en jeu…

Là où les choses se corsent, c’est que le pH a également une influence sur la cuticule (dans une certaine mesure).

Un cheveu vierge a un pH de 3.7. Plus le cheveu est abîmé (quelles que soient les raisons), plus son pH augmente.

Il est techniquement faux de parler de cuticules ouvertes et fermées, ce ne sont pas des portes! Ce qui se passe en réalité, c’est que le cortex peut « enfler », ce qui soulève les écailles et expose le cortex tout en augmentant la charge négative du cheveu. C’est le principe très présent chez les cheveux poreux ou frisés ou qui s’emmêlent beaucoup. Il y a différentes façons de protéger nos cheveux de ces phénomènes (dont nous parlerons une autre fois ;-)), mais l’une d’entre elles est de limiter le pH de nos produits (en voici une déjà, grâce à la substantivité).

Concrètement, il n’y a pas de « réels » effets sur la structure du cheveu dans une fourchette de pH de 4 à 9. Je mets réel entre guillemets, car en-dessous de 3 et au-dessus de 10, vous prenez le risque de faire enfler encore plus ou à très haut pH de dissoudre le cheveu (oui oui, pensez à l’aspect très fragile des cheveux décolorés -grâce à des produits très alcalins-). Pas dès que vous sortez de la fourchette hein, mais quand même! Au-delà de la fourchette, les risques à court terme sont moindres.

Sachez d’ailleurs qu’un pH de 3 est 10 fois plus acide qu’un pH de 4 et 100 fois plus acide qu’un pH de 5 par exemple, un saut de pH n’est pas à prendre à la légère.

Un pH acide (<7) permet de façon générale de « rétrécir » le cheveu, avoir un effet astringent, ce qui aide à garder les écailles plus compactes, tandis qu’un pH alcalin augmentera le phénomène d’inflation du cheveu et causera un léger soulèvement des écailles, intensifiant la porosité du cheveu et la charge négative de celui-ci. (Source 1, Source 2)

Ce que ça nous apprend d’utile : inutile d’être des nazis du pH pour nos produits tant que l’on reste dans une fourchette acide. En revanche, plus on s’éloigne de 4.5-5.5, plus nos produits risquent d’abîmer le cheveu.

Voici les fourchettes de pH idéales, simplifiées, pour nos produits :

* Produits détergents : le pH de nos shampooings, s’il reste acide, a un effet très limité sur nos cheveux (cf. Source 2 plus haut). Le pH d’un produit n’influe pas son pouvoir détergent.
En revanche, il est avéré qu’un produit alcalin (pH>7) augmente la charge négative de nos cheveux, ce qui influe sur la friction et peut causer des frisottis et casser le cheveu et le rendre plus électrique.
Comme le pH de l’eau européenne est généralement alcalin, et le shampooing très dilué dans l’eau, utiliser un shampooing dont le pH tourne autour de 4.5-5 (un formulateur pro m’a conseillé de viser un pH de 4.7) sera plus doux et moins irritant. Il mitigera même l’irritation causée par l’eau, avis aux cuirs chevelus sensibles et/ou irrités ;-)
* Produits en leave-on : nos laits/crèmes capillaires, sprays hydratants (comme ici), masques, gels, produits texturants… se situeront idéalement à 5.5.
* Après-shampooings : visez 5.5 également.

Tips DPC

* Le lavage au bicarbonate de soude (pH=8.2) et rinçage au vinaigre de cidre (pH=2.9) sont à proscrire purs à tout prix, il est nécessaire de les diluer (beaucoup). Un mélange d’eau et de bicarbonate restera alcalin (cf. risques cités plus haut). Abîmer le cheveu pour mieux le réparer me semble contre-productif, et inutilement agressif. Nos cheveux subissent déjà tellement de maltraitance au quotidien…
* Le lavage des cheveux au savon (liquide ou solide) est à proscrire à cause de son pH alcalin (toujours pour les mêmes raisons).
* L’étude de la Source 2 mentionne à quel point la majorité (75%) des shampooings conventionnels professionnels vendus en salons ont un pH inférieur à 5, tandis que c’est le cas d’une minorité pour les produits vendus en grandes surfaces et magasins (38%).
J’ai trouvé ça très intéressant dans la mesure où, en tant que fille de coiffeuse, j’ai eu les cheveux traités chimiquement très tôt, mais j’ai toujours eu de très beaux cheveux, et les traitais avec des produits professionnels. Et ce n’est que lorsque j’ai commencé à acheter mes produits ailleurs qu’ils ont commencé à s’abîmer, être moins beaux, et que j’ai eu des problèmes d’irritation du cuir chevelu (maintenant résolus grâce à la cosmétique HM, même ma coiffeuse est jalouse de mes cheveux ;-)).
Mon esprit scientifique ne ferait pas d’un cas clinique unique une généralité, mais l’effet à long terme d’un pH bien acide pour le shampooing pourrait donc être plus bénéfique pour la « santé » (j’ai du mal à parler de santé pour un organe mort) de notre chevelure, en accord avec la Source 1.

Voilà!
Celui-ci a mis plus de temps que les autres car mes recherches
ont encore plus mis le désordre dans mon référentiel de base!   

Et n’hésitez pas à suivre DPC sur Facebook ou Hello Coton!

 

 

 


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Focus famille d’ingrédients : les démêlants

Étant donné que je sais que c’est un sujet souvent problématique en cosmétique HM, que je fais des tests dans le domaine depuis 2 ans maintenant, et m’apprête à vous proposer un tutoriel sur la fabrication d’après-shampooing, je voulais partager avec vous mes informations et conclusions sur le sujet!

Déjà, commençons par le début :

C’est quoi un démêlant?

Déjà à la base, ça se complique un peu pour nous : on trouve sur le marché différentes appellations qui ont l’air similaires, mais qui ne le sont pas du tout si on les observe sous une loupe plus scientifique que marketing. Et oui, parce que concrètement, « aide au démêlage » et « démêle », et bien ça ne veut pas du tout dire la même chose.

Ce que vous expérimentez comme démêlant dans les produits conventionnels est le travail bien effectué de tensioactifs cationiques. Ce sont eux les vrais démêlants. Voilà comment ils procèdent : nos cheveux sont composés en majorité de kératine, de protéines diverses qui sont chargées négativement. Les tensioactifs (TA pour la suite) cationiques eux, ont une charge positive, qui vient se fixer sur la charge négative du cheveu. (Plus d’informations sur les tensioactifs ici)

Plus le cheveu est sec, abîmé, plus l’effet conditionnant sera fort car plus le cheveu est chargé négativement. Comme c’est un lien assez fort, il n’est pas rincé complètement par l’eau, il laisse un léger film sur le cheveu, qui permet de le démêler , de le rendre doux et de lui donner un aspect lustré, brillant. Ce film protège également de la déshydratation, des fourches et de l’électricité statique.

Pour ce faire, le produit est actif, ce qui veut dire que c’est lui qui défait les noeuds, juste en réagissant chimiquement avec le cheveu. De cette façon, vous limitez également la friction, l’un des grands ennemis de notre chevelure!

Donc voilà pourquoi ici, quand vous entendrez parler de démêlant, il s’agira de tensioactifs cationiques uniquement.

Les ingrédients cationiques

Les tensioactifs cationiques ont parfois mauvaise réputation. J’ai lu de tout sur le sujet, et ceux qui me lisent depuis un moment savent qu’il n’y a qu’une source en laquelle je me fie : la science. Les deux problèmes principaux  mentionnés sont leur biodégradabilité, ainsi que le risque de build-up.

Pour ce qui est de l’écotoxicité, on peut lire de tout. Il est avéré qu’après utilisation, en présence de substances particulières, les cationiques peuvent en effet produire des substances assez toxiques après utilisation. Cependant, ce ne sont pas des substances auxquelles nous avons accès, cela ne concerne donc pas la cosmétique home-made. Pour le reste, les informations trouvées sont plus obscures et contradictoires, je m’abstiendrai donc sur le sujet. Je serai ravie de lire des études sérieuses sur le sujet si vous en avez!

Ensuite, le fameux et mythique build-upLe principe : les TA cationiques, comme les silicones, sont occlusifs et de ce fait  difficilement rinçables. Ils créent alors une couche sur le cheveu, qui au fur et à mesure, étoufferait le cheveu. En effet, les TA cationiques créent un film autour du cheveu, c’est leur job (voir plus haut), et oui, ce film ne se rince pas bien (où serait l’intérêt sinon? pas de film = pas de démêlage!).

Mais est-ce qu’ajouter du BTMS ou du CE dans vos après-shampooings étouffera vos cheveux? Ca dépend. Vous avez l’habitude d’utiliser une multitude de produits successifs contenant des silicones et des cationiques alors que vous ne vous lavez les cheveux que tous les 4 matins avec un shampooing doux? En effet, c’est un risque à prendre dans ce cas. Pour le reste, je vais tenter de faire le tour de la question.

Déjà, en anglais, un après-shampoing (AS pour la suite) s’appelle « conditioner », et implique l’utilisation d’un TA cationique. Un AS sans TA cationique n’est pas un vrai AS, au mieux, c’est une crème capillaire rinçable. Ca, c’était l’instant nazie de la précision lol!

Ensuite, vous avez besoin d’agents occlusifs! Ce sont eux qui maintiennent l’hydratation et qui protègent la peau et les cheveux des agressions extérieures (eau, vent, friction…). Et ça tombe bien, plein de nos ingrédients le sont, notamment les beurres, les huiles, l’allantoïne, beaucoup de nos actifs…

Enfin, la dangerosité des TA cationiques dépend de deux choses : votre routine, et le dosage inclus de TA cationiques.
Le lavage par exemple, est essentiel : si votre shampooing est trop doux, il ne lavera pas correctement (ni les cationiques, ni le sébum, bien collant et gras). Je ne parle pas de shampooing clarifiant ici, juste de shampooings qui lavent hein!

Ensuite, très peu de TA cationiques sont nécessaires pour fonctionner dans nos produits. Je soupçonne fortement nos fournisseurs de ne pas tenir compte de ce fait pour simplifier les formulations, un peu comme quand ils proposent des émulsions à 20% de phase huileuse pour des peaux mixtes (ou pire, grasses!), pour simplifier les choses et donc vendre à plus de monde (il est beaucoup plus facile de stabiliser une émulsion à 20% de phase huileuse qu’à 10%). Les études qui parlent de build-up mentionnent TOUTES de hauts pourcentages utilisés. En restant dans de petits pourcentages et en utilisant des shampooings qui lavent, vous ne courez pas de risques. Vous n’avez pas besoin de choisir entre des cheveux démêlés et des cheveux morts étouffés!

Les plus courants dans nos prépa : le CE et le BTMS (pour vous les procurer, faîtes un saut sur le tableau ici). Le BTMS est un mélange d’un TA cationique et d’alcool cétéarylique, il peut servir d’émulsifiant (mais à haut pourcentage, si vous le faîtes, je vous recommande de n’en mettre que dans un seul produit de votre routine). Le CE épaissit les préparations mais nécessite un émulsifiant pour être utilisé.

Tips DPC

* J’utilise le CE à hauteur de 2-3% et le BTMS à 3-4%. À ces pourcentages, vous pouvez aisément en utiliser dans 2-3 produits de votre routine si vous le souhaitez, sans prendre de risques, si vous lavez vos cheveux régulièrement et correctement. (Ceci n’est pas une conclusion personnelle, mais celles des études que l’on utilise pour vous dire que les cationiques sont le diable)
NB : Le CE, hydrosoluble, est plus rinçable que le BTMS.
* Pour augmenter le pouvoir démêlant sans augmenter le taux de cationiques, vous pouvez utilisez différents compléments/subsituts (voir plus bas).
* Ajoutez ne serait-ce qu’un petit pourcentage de TA anioniques (au moins 5%) dans vos shampooings pour qu’ils soient lavants sans pour autant être décapants. Notez cependant qu’il est tout à fait possible de créer un shampooing à haut taux d’anioniques, doux, en le formulant en conséquence : encore une fois, c’est le dosage qui fait le poison! Eviter les sulfates vous fera une belle jambe si vous vous retrouvez avec un shampooing qui ne lave pas assez et vous laisse les cheveux poisseux ou qui regraissent en 24h malgré des soins adaptés… (et je vois de plus en plus de cosméteuses à qui ça arrive)

Maintenant que je vous ai donné ces infos, un point sur les « substituts » aux cationiques. Parce que mon but est de vous donner un aperçu global des démêlants, ce n’est pas plus à moi qu’aux autres de vous dire quoi utiliser, je ne fais que partager des infos, vous en faîtes ce que vous voulez :)

Impossible de ne pas citer ici les silicones. J’écrirai bientôt un article sur le sujet, car je pense qu’il serait intéressant de partager avec vous certaines de mes découvertes sur le sujet.

Les silicones sont une très grande famille de produits cationiques. Grâce à cette charge, ils ont une excellente affinité avec la peau et les cheveux (qui je le rappelle, sont chargés négativement), qu’ils protègent d’un film plus ou moins protecteur. Comme les TA cationiques, ils démêlent les cheveux, qu’ils rendent également très doux et brillants et laissent la peau ultra douce. Certains esters et certaines huiles (ou plus différents encore, des gels aqueux!) sont considérés comme étant des silicone-like. Ils ont en effet un toucher similaire, mais en aucun cas, il n’existe de réel substitut aux silicones.

Les compléments/ »substituts »

J’ai mis substituts entre guillemets parce qu’encore une fois, rien ne remplacera les TA cationiques pour démêler, dans la mesure où leur nature font que ce sont les seuls à pouvoir le faire techniquement. Cependant, d’autres produits peuvent nous aider à démêler nos cheveux.

Les plus efficaces sont ceux qui augmentent la substantivité. Ils renforcent ainsi le film, donc ça démêle mieux :)

Les polymères cationiques

Ils sont légèrement chargés positivement, donc font le même job, mais moins bien. Nettement moins bien même, selon mes expériences et en toute logique. De base, ce sont des compléments aux TA cationiques, seuls, ils ne donnent pas grand chose, mais couplés aux cationiques, ils donnent ce que les anglais appellent un « oompf » au démêlage, « le petit plus qui fait la diff ». Ils sont bien plus faciles à rincer que les TA cationiques, donc ne présentent aucun risque de build-up SI utilisés selon les dosages recommandés et avec un lavage correct.

Les plus courants : Honeyquat, Gomme de guar cationique, Polyquat (7, 10…). Généralement, on les utilise entre 2 et 5%. Ma gomme de guar cationique se dose à 0.5%.

Tips DPC

* Si vous les utilisez seuls, je vous recommande de les coupler pour un effet décent (et par décent, j’entends vaguement similaire aux produits conventionnels). J’aime beaucoup le couple Polyquat 7/Gomme de guar cationique par exemple. L’honeyquat est le moins efficace de tous car le plus rinçable (encore une fois, pas de film = pas de démêlage!). En gros, il ne vous servira à rien dans un AS, mais j’aime bien l’utiliser dans les produits leave-in (pas seul depuis que je travaille avec d’autres polymères cationiques par contre).
* L’idéal pour un démêlage vraiment similaire aux produits conventionnels, est un couple TA cationique + polymère cationique. J’aime beaucoup les couples CE/guar cationique et CE/Polyquat 7 personnellement.
* Leur odeur légère de poisson (plus puissantes pour l’honeyquat et la guar cationique je trouve) que certains leur trouvent sont dues à l’utilisation d’ammonium dans le procédé de fabrication. Elle se retrouve aussi dans d’autres quats. 2% de fragrance ajoutés nous en débarrasse généralement dans le produit fini. ;-)

Les tensioactifs amphotères

Ces tensioactifs (plus d’informations sur les TA ici), dans un milieu acide (plus d’informations sur le pH ici), agissent comme des tensioactifs cationiques, mais de façon moindre. Comme nos produits capillaires sont censés être assez acides, c’est donc le cas lorsqu’on les ajoute dans nos AS, nos masques ou gommages. D’après mes essais, leurs propriétés sont similaires à celles des polymères cationiques.

Les plus courants : les bétaïnes comme la babassumidopropyl betaine (Mousse de babassu) ou sa cousine, plus douce, la cocamidopropyl betaine (Beta).

Tips DPC

* À 3-5%, les TA amphotères améliorent légèrement le démêlage de ce genre de produits. Rien de fou, mais ça peut aider si vous formulez sans cationiques :)
* Ils servent aussi dans ces produits à augmenter la rinçabilité (même s’ils ne sont pas les seuls à pouvoir le faire, mais c’est un autre sujet à approfondir!) et augmentent la consistance.

Les protéines hydrolysées

Que viennent-elles faire ici? Elles aussi, par leur procédé de fabrication, sont parfois légèrement chargées positivement! Seules, elles n’ont pas grand effet, mais elles augmentent la substantivité donc le démêlage. Il en existe de nombreuses (protéines de blé, d’avoine, de soie, de jojoba, de riz, phytokératine -mélange de soja, blé, maïs-…) et chacune d’entre elles présente des propriétés uniques.

Le poids moléculaire de la protéine contenue dans votre produit influera les propriétés. Celles qui ont un poids moléculaire faible (de plus petites molécules, comme les protéines de soie hydrolysées) pénétreront plus facilement dans le cheveu/la peau, aidant à retenir l’humidité, seront plus nutritives. Celle à plus grosses molécules (blé, avoine, phytokératine) formeront plus un film autour du cheveu, le protégeant des agressions extérieures et de la perte en hydratation (quand le cheveu sèche par exemple).

Je ne trouve nulle part le poids moléculaire des protéines de riz et de jojoba, avis aux geeks de la cosméto dans les parages : votre aide serait la bienvenue ;-)

Tips DPC

* Dans les produits rinçables qui ne sont pas trop chargés en gras, les protéines à haut poids moléculaire feront des merveilles sur les cheveux non secs, alors que celles à bas poids moléculaires seront plus intéressantes pour relipider et rendre plus humectants les cheveux secs.
* En revanche, dans les produits leave-in, je trouve l’inverse plus adapté : je limite les filmogènes pour les cheveux non secs, alors que les cheveux secs me semblent avides de filmogènes.
* Mes préférées à l’heure actuelle sont celles de soie, de blé et de jojoba (cheveux mixtes-normaux). Pour les cheveux bouclés donc secs de M.DPC, gros coup de coeur pour l’avoine et la phytokératine. Je les utilise en général entre 2 et 5%, mais tourne plus autour de 2-3% avec le temps, j’ai appris à encore plus diminuer mes dosages, je reste à présent entre 0.5 et 2% : les effets sont là, sans l’effet « carton » que peut engendrer un surplus d’agents filmogènes. Bien sûr, le reste de la formule importe tout autant.
* Dans vos émulsions à chaud, ajoutez vos protéines dans la phase aqueuse. Concrètement, vous contaminez le produit sinon, et elles sont résistantes à la chauffe.

Les ingrédients qui aident au coiffage

Alors là, vous n’avez que l’embarras du choix! Pour faire court, tous les ingrédients gainants, filmogènes aideront au coiffage.

Les plus communs dans nos produits :
* les mucilages (carraghénane, lin, guimauve…)
* l’aloe
* les huiles et beurres
* les huiles estérifiées (coco caprylate/caprate, dicaprylyl carbonate, isopropyl myristate) et le dodecane
* le lait d’avoine
* les actifs comme le Fucocert, les céramides végétales, l’inuline… (plus d’actifs filmogènes/gainants/ »démêlants » pour les cheveux ici)

J’en oublie sûrement, n’hésitez pas à me signaler vos petites trouvailles en commentaire ;-)

Tips DPC

* LIMITEZ les agents filmogènes, quel que soit votre type de cheveu, en particulier s’ils sont plus normaux-gras. Les cheveux aiment le filmogène, mais c’est comme tout : c’est le dosage qui fait le poison. Un indice tout simple : si ça cartonne le cheveu, ce n’est pas lié à un seul ingrédient mais plus probablement à l’ensemble de votre formule, trop filmogène.
* Si en plus d’être cartonnés, les cheveux semblent quand même « secs », en plus de diminuer les filmogènes/anti-déshydratants, augmentez les agents hydratants. Lorsqu’on filme un cheveu déshydraté (idem pour la peau) sans l’hydrater, on a l’impression d’assécher plus qu’autre chose (même avec du gras ajouté).
* En parlant de gras, limitez également les huiles et beurres végétaux. Tous les cheveux ont besoin d’acides gras, mais nos émulsifiants, émollients et agents de texture sont parfois plus adaptés dans ce but que nos huiles et beurres.
Personnellement, je fais même à présent des AS sans huile du tout (et sans passer par un « substitut » comme une émulsion à 8% d’Olivem, trop grasse aussi pour mes cheveux). N’ayez pas peur de les diminuer drastiquement si vos cheveux restent poisseux malgré vos shampooings, ou regraissent trop vite.

La petite histoire des AS du foyer DPC

En ce qui me concerne, après des essais catastrophiques lors de la formulation de mes premiers AS à base de BTMS, je m’étais lancée dans les « crèmes capillaires rinçables », les « AS » sans cationiques.

Honnêtement, j’ai testé un peu tous les produits dits « miracle » (je vous renvoie ici sur les produits/recettes miracle). J’ai pu obtenir de très chouettes résultats, mais rien de comparable aux produits conventionnels.

Si je respecte complètement la volonté des cosméteuses qui choisissent de formuler sans certains produits (et les appuient même : c’est génial d’agir, comme moi, en fonction de ses valeurs et convictions, quelles qu’elles soient), je rappelle ici que mon objectif est de reproduire un confort et une efficacité au moins aussi bonnes que celles des produits conventionnels. Donc, dans cette optique, bah, les AS sans cationiques, ça fait un peu rigoler quoi. Ca démêle vaguement, mais pas sans aide mécanique (peigne, les doigts…). Petit rappel pour ceux du fond : démêler est un processus actif, c’est le produit qui est censé défaire les noeuds, pas vos doigts!

Après des mois bien frustrants (soit c’était trop gras, soit cartonné, soit équilibré et assez agréable à appliquer, mais pas démêlant et les cheveux n’étaient pas assez doux pour mes critères), alors que j’avais trouvé une formule vraiment chouette, j’ai dû essayer un AS conventionnel. Et là, double effet Kiss cool : non seulement j’ai compris ce qui me manquait dans mes « AS »; ces propriétés sensorielles de douceur, cette brillance, et surtout un vrai démêlage, comme je l’ai connu et apprécié toute ma vie. Mais en plus, en vérifiant l’INCI dudit produit, je découvre qu’il contient majoritairement du BTMS, produit que je cherchais à éviter depuis des années pensant qu’il ne me convenait pas du tout! M. DPC a confirmé que si sur certains aspects il préférait mes produits, celui-ci avait une qualité qui lui manquait également.

Ni une ni deux, j’ai choisi de reprendre tout du début, un retour aux bases, avec des cationiques. Je ne suis pas du genre à passer à côté de l’opportunité d’améliorer mes produits, même si ça remet en question une de mes croyances profondes! (c’est là qu’être psy aide dans le process : on SAIT à quel point nos croyances sont facilement complètement à côté de la plaque haha)

Ca c’était y a environ 6 mois. Et, après ces quelques mois, je suis heureuse de pouvoir vous promettre au plus vite un AS (et probablement un tutoriel) dont je suis amoureuse, et je dois l’avouer plutôt fière. M. DPC est amoureux du sien également. Ils n’ont RIEN à envier à un produit conventionnel. Hormis peut-être leurs jolies textures perlées :p

Ca me semblait important de partager ce cheminement avec vous pour vous montrer que même après des années, on continue d’apprendre, et qu’un produit que vous mettez de côté peut être exactement ce qui vous manque. 

Donc, voilà, pour finir, vous avez ici une bonne boîte à outils pour aider vos produits capillaires à démêler/coiffer, quelles que soient vos convictions et les choix que vous ferez (je conçois que le confort des produits puissent ne pas être dans les priorités de tout le monde!).
N’hésitez pas si vous avez des questions, ou besoin de précisions!


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Fiche : Le pH #2 : Peau & pH

Après avoir défini le pH et ses fondamentaux, entrons dans le vif du sujet! La peau et le cheveu se comportent différemment face aux changements de pH, d’où le choix de séparer les deux posts.

Le pH de la peau

Lorsqu’on parle du pH de la peau, on parle en réalité du pH du manteau acide de la peau : une espèce d’émulsion produite par nos glandes sudoripares (de la transpiration), de nos glandes sébacées (du sébum, du gras) et de cellules mortes, diluées dans l’eau. Cette barrière hydrolipidique protège des bactéries par son acidité. Elle est aussi une protection contre la déshydratation en formant un film (le fameux film hydrolipidique) qui protège la peau de l’évaporation de l’hydratation de la stratum corneum, ou couche cornée.

Pendant longtemps, on estimait que la moyenne de pH pour la peau était de 5.5. Une étude de 2006 tendrait plutôt vers un pH moyen de 4.7, soit plus acide que nous le pensions jusqu’ici. Ils décrivent une peau avec significativement moins de plaques de sécheresse et de signes de déshydratation pour une peau ayant un pH inférieur à 5 que pour une pH à pH supérieur à 5. Un coup d’oeil à cet article (prochainement édité et complété d’ailleurs) vous montrera que les infos françaises que j’avais jusqu’ici ne vont pas DU TOUT dans le sens de tout ce que j’ai pu lire depuis que je travaille sur cet article. Vous êtes surpris? Moi je l’étais. Et pas qu’un peu. Et ce n’est rien par rapport à la suite…

Les bébés naissent avec une peau neutre, d’où sa fragilité. A l’adolescence, la puberté provoque de fortes sécrétions de sébum, qui acidifient la peau. A l’âge adulte donc, la peau se stabilise autour de 4.2-5.5. En vieillissant, la peau s’alcanise à nouveau, fragilisant la peau et l’asséchant.

Le pH est différent selon les parties du corps et l’état de la peau.

Pourquoi est-il important de ne pas trop s’éloigner de ce pH moyen?

1. Si l’acidité permet de combattre les bactéries et de garder hydratée la couche cornée, trop déséquilibrer ce pH par un pH trop alcalin va donc rendre la peau plus prône à des infections bactériennes et à la déshydratation voire la sécheresse avec la destruction partielle du film hydrolipidique.

2. Dans le cas d’une sur-acidité, la peau devient grasse, plus prône aux points noirs, aux boutons etc. En poussant le bouchon de l’acidité plus loin, la peau devient vraiment irritée (pensez aux fesses des bébés!).

Si vous n’en êtes pas à votre premier article sur le pH et la peau, vous remarquerez que ces infos sont contradictoires avec certaines sources qui parlent d’un pH plus basique pour les peaux grasses et acides pour les peaux sèches. Ces données sont extraites d’absolument toutes les études que j’ai trouvées sur le sujet, je vous avoue que j’ai été très surprise de pouvoir trouver l’exact contraire.

Qu’est-ce que cela signifie pour le pH de nos produits?

* Nos crèmes, sérums, et autres produits « leave-on »

NB : Ceci ne concerne pas les soins acides, comme ceux aux AHA.

Visez un pH de 5 à 5.5. Cela permettra :
– à la peau normale de ne pas voir son pH déséquilibré
– à la peau grasse de produire moins de sébum, d’être plus sèche
– à la peau sèche ou eczémateuse d’être apaisée, et de pouvoir reconstruire le manteau acide
– à la peau sensible d’être apaisée
– à la peau mixte de n’être ni agressée, ni asséchée
– à la peau acnéique d’avoir un pH idéal pour mieux se défendre contre les bactéries
– à la peau mature d’être apaisée, et de pouvoir reconstruire le manteau acide

J’ai toujours cru qu’il fallait adapter le pH au type de peau. Ce que mes recherches en faisant cet article m’ont appris, c’est qu’une peau grasse ou sèche correspond à un déséquilibre de la peau, et que plutôt que de le respecter, il valait mieux rééquilibrer petit à petit le pH de la peau vers un pH qui serait idéal.

Pour les produits pour le contour de l’oeil, un pH autour de 6.5-7 est recommandé. En effet, le liquide lacrymal (ce qui est mouille l’oeil constamment) a un pH de 7. Un pH plus acide piquera les yeux.

Pour les déodorants, comme dit plus haut, l’acidité du manteau acide permet de mieux combattre les bactéries, sans pour autant être trop agressant avec un produit trop acide. Le pH idéal est entre 4.5 et 5.5.

* Pour les produits lavants

Votre peau est tiraillée après avoir été nettoyée? Sachez que ce n’est pas normal. Une peau en bonne santé, c’est une peau qui après nettoyage est juste douce et propre, pas rouge qui tiraille. Si c’est le cas, testez les relipidants ou l’ajout de gras et essayez de baisser le pH.
On porte souvent beaucoup plus d’importance au pH de nos crèmes qu’à celui de nos produits lavants (probablement parce qu’on les rince), et c’est à tort.
L’étude mentionnée plus haut a comparé les pH moyens des peaux des participants, moins de 24h après s’être lavés et plus de 24h, la moyenne de pH est environ tombée de 5.2 à 4.9. Même si le pH de la peau se rééquilibre seul, cela prend BEAUCOUP de temps.
Une autre étude compare le niveau d’irritation de gels douche du commerce, les plus irritants sont ceux aux pH supérieurs.
De nombreux agents abîment notre peau, à commencer par l’eau que nous utilisons qui va être autour de 8 en Europe (donc asséchante de base), épargnez-lui de l’agresser encore plus avec un nettoyant trop alcalin. ;-)

Pour utiliser ces fourchettes de pH, en restant dans la fourchette, un produit lavant va être plus irritant car plus détergent s’il est plus élevé. Il va être donc aussi plus asséchant. Sachant cela : plus la peau est sensible/sèche, plus on reste près du pH normal de la peau (=la plus petite valeur de la fourchette), plus la peau est grasse/résistante, plus on peut/doit augmenter. Ne vous en faites pas, je vous ai donné des pH non décapants, donc les fourchettes sont safe d’après les études que j’ai trouvées. Et mon expérience perso de peau sensible.
Exemple : quand je parle du pH visage, 5.5 serait idéal pour un savon très neutre et doux, donc pour les peaux sèches et/ou sensibles. 6 reste doux, pour les peaux mixtes à zone T pas trop grasses ou légèrement sensibles, mais Mr DPC préfère les produits à 6.5 pour sa peau grasse non sensible.

Pour le corps (hors cas particuliers décrits ci-dessous) : visez 6 à 6.5. Avoir un pH plus basique que celui de la peau permet de nettoyer, c’est à dire se débarrasser du sébum, des impuretés accrochées à celui-ci, de la transpiration, ça vous dit quelque chose ces différents éléments? Si oui, vous avez vu juste : nettoyer c’est détruire partiellement le film hydrolipidique. C’est pour cela qu’il est important d’enrichir vos produits lavants avec des tensioactifs ou des ingrédients relipidants, voire des huiles, c’est impératif si vous avez la peau sèche.

Pour le visage : Pour limiter les irritations au maximum avec un pH autour de 5.5-6, pour une peau grasse non sensible (pour bien se débarrasser du sébum, sans s’inquiéter d’irriter), il est possible de monter à 6-6.5. Ici encore, n’oubliez pas de relipider!

Le cas du liniment : le liniment oléo-calcaire est issu d’une réaction similaire à celle de la saponification, entre un acide gras (contenu dans l’huile) et une base (l’eau de chaux). Une base est par définition basique. Le pH basique du liniment permet de contrebalancer l’acidité intense des fesses de nos mini-nous, et ainsi de les soulager et apaiser. Vous pouvez acidifier le pH dès que Mini-vous passe aux solides (autour de 6.5-7 pour être au plus proche du pH de sa peau).

Le cas du savon : Oui, utiliser un pH trop alcalin assèche la peau. Et je ne vous recommande en aucun cas le savon en pain industriel, dont le pH tourne souvent autour 9-11! MAIS un savon de 8-9 mais surgras donc relipidant ne sera pas forcément inadapté à votre peau. Faites attention si vous avez la peau sensible, irritée ou trop sèche à vraiment les choisir ou les formuler tout doux et apaisants. Et si ça tiraille quand même, c’est trop!

Le cas du dentifrice et du bain de bouche : La bouche a un pH naturellement légèrement basique (7-7.5) qui lui permet de lutter contre les fameuses « attaques acides » en régulant le pH. Une bouche trop acide sera sèche (manque de salive, basique elle aussi), et sera accompagnée de symptômes type mauvaise haleine et caries. Optez pour un pH autour de 7-7.5.

Le cas du savon intime : Le pH vaginal change en fonction de différents critères (mycoses, moment du cycle menstruel, ménopause, tabac, rapports sexuels…). Le pH vaginal est généralement (cf. plus bas) acide. Cela permet à une bonne bactérie, lactobacilli, de défendre notre corps contre les invasions bactériennes extérieures. À ce pH, elle peut aussi produire des antibiotiques naturels. Lorsque ce pH est déséquilibré, les infections et irritations deviennent un risque. Lors des périodes de menstruation, se laver plus d’une fois par jour peut aider. Bien sûr, ici, le savon est exclu. Pour le pH de vos gels intimes, l’idéal est d’utiliser des produits très doux, et respecter le pH.
Cela dépendra de ces critères :
* jeunes filles prépubères : 7
* post-puberté-période reproductive : 3.8-4.4
* post ménopause : avec hormones : 4.5-5; sans hormones : 6.5-7

À très bientôt pour un troisième article sur le pH et les cheveux,
et plein d’autres trésors que j’aimerais partager avec vous!

N’oubliez pas que vous pouvez suivre DPC sur Facebook ou Hello Coton!

 


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Focus tensioactifs & foamer #2 : Nuage de coco sucré – Lamesoft PO65 (Douceur de coco) – Recette de base de mousse nettoyante – Partenariat DMN

Vous vous souvenez de mon article sur la formulation de mousse à base de decyl glucoside? 

Je vous en avais promis d’autres. Mais les circonstances n’ont pas été mes meilleures alliées. J’ai bouché l’un de mes foamers en tentant de faire une mousse exfoliante. Mr DPC a mis deux d’entre eux au lave-vaisselle. Et DMN, mon fournisseur préféré pour les foamers (de contenance 200ml! <3) est en rupture de stock! MAIS j’ai continué de me procurer petit à petit des tensioactifs à tester, et ai profité dune commande Aromantic pour commander une fournée de foamers (malheureusement ils n’en font pas en 200ml) pour reprendre mes petites expérimentations!

Je commande également chez DMN pas mal de mes tensioactifs, j’aime le choix qu’elle propose et le fait que je puisse m’y procurer du Beta (dont je vous parlerai bientôt plus ;-)). Et bien entendu la qualité est toujours au rdv! Cet article sera donc en partenariat avec Dans ma nature!

Vu la douceur du nuage de mousse de sucre, j’ai voulu tester un autre glucoside, toujours non ionique donc,  le coco glucoside. Si ma dernière phrase vous donne le sentiment de lire du chinois, cliquez ici! Je me suis cependant d’abord intéressée au mélange détergent ET relipidant que vous trouverez sous différentes appellations (notamment la Douceur de coco ou le Lamesoft PO65) de coco glucoside et glycéryl oléate.

Le glycéryl oléate n’est pas un tensioactif, c’est un ester relipidant à base d’acide oléique (probablement d’huile d’olive donc). Il permet de relipider la peau au moment du lavage, limitant l’assèchement et la déshydratation dus au lavage. Une mousse à base de ce mélange sera donc très douce et peu agressante, parfaite pour les peaux sensibles, sèches ou déshydratées. 

Le coco glucoside (que l’on trouve également seul sur le marché) est comme le decyl glucoside un tensioactif très doux. D’après les fiches fournisseurs que j’ai pu trouver, j’ai le sentiment qu’il est moins moussant que le premier, mais plus doux. Mais de prochaines expérimentations nous en diront plus ;-)

En attendant, aujourd’hui, nous partons à l’attaque du Lamesoft PO65 (Douceur de coco)!

Ca n’a pas été une expérimentation de tout repos!

Bon, déjà, la texture est très épaisse, d’une douce nuance de jaune. Pour la manipuler, j’ai dû utiliser des pipettes pour plus de facilité.

Ensuite, il semble plus dispersible que soluble dans l’eau, du moins à froid (à tenter à chaud donc, les TA se mélangent de toute façon mieux, et cela permet parfois d’épaissir un mélange type gel douche/shampooing).

Enfin, je vous laisse lire la 1e partie de l’expérience.

J’ai décidé de systématiser mes expériences, c’est à dire de créer un protocole précis permettant de mesurer au moins visuellement les différences entre les TA.

Chaque mélange fait 25g, et contient de la Volvic, et 1% de conservateur (j’ajoute toujours plus de conservateur dans mes prépas 100% aqueuses, comme dans mes produits qui restent dans la salle de bains et subissent donc des chaleurs assez importantes, pour plus de prudence). Les photos sont prises après avoir obtenu une mousse (si possible) et déposé dans le même verre 4 poussées de chaque prépa.

Le Lamesoft PO65 (Douceur de coco) s’utilise entre 1 et 5%. J’ai donc testé d’abord 1%, 3% et 5%.

Mes craintes sûs-mentionnées étaient fondées : il n’est pas utilisable comme tensioactif primaire (= comme seul TA).

Voyez plutôt :

2014-05-31 18.19.13

 De gauche à droite, les formules :

Essai No1

98% d’eau
1% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No2

96% d’eau
3% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No3

94% d’eau
5% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Je ne me suis pas laissée démonter (la cosméto HM demande bien plus de persévérance, si je m’étais arrêtée au 1er échec à chaque fois, je n’en serais pas bien loin ^^). J’ai donc décidé de commencer à tester également les tensioactifs secondaires. Comme je n’ai pour le moment qu’un seul TA primaire dans ma testothèque, je me suis donc attelée au test decyl glucoside/Lamesoft PO65.

Comme les deux TA sont très doux et que le Lamesoft PO65 (Douceur de coco) mousse vraiment peu, j’ai choisi de l’ajouter aux 12% de decyl glucoside (Mousse de sucre).

Voici les résultats :

2014-05-31 18.46.36

De gauche à droite, les formules :

Essai No1

87% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No2

86% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
1% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No3

84% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
3% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

Essai No4

82% d’eau
12% de decyl glucoside (Mousse de sucre)
5% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% de Geogard 221 (Cosgard)

La douceur apportée (ainsi qu’un ajout de crémeux à la texture) se ressent dès l’ajout d’1% de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)! En revanche, à l’utilisation, je trouve que l’essai No3 est le plus agréable. Plus crémeux que l’essai No2, mais pas aussi « lourd » que le No4.

Voici donc la recette de base du

Nuage de coco sucré

Ingrédients pour 150g (environ 150ml)

84% soit 126g d’eau
12% soit 18g de decyl glucoside (Mousse de sucre)
3% soit 4.5g de Lamesoft PO65 (Douceur de coco)
1% soit 1.5g de Geogard 221 (Cosgard)

Protocole

Nettoyez-stérilisez-désinfectez contenant-matériel-plan de travail-mains. Mélangez le Lamesoft PO65 au decyl glucoside (cela permet une meilleur solubilité du Lamesoft PO65 dans l’eau à froid, je n’ai pas testé à chaud pour ne pas fausser le protocole). Ajoutez l’eau et le conservateur. Mélangez doucement (pour ne pas faire mousser le mélange). Enflaconnez!

Résultats

Une mousse douce et crémeuse, parfaite pour les peaux sensibles, déshydratées ou sèches!

Bien entendu, cette recette de base peut être utilisée selon vos envies et besoins avec différents ingrédients!
Pour avoir des idées, et savoir lesquels influeront sur la texture de votre mousse, je vous renvoie au premier article sur le sujet ;-)

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