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Fiche : Le pH #3 : Cheveux & pH

Pour finir cette série sur le pH, après les fondamentaux et la peau, passons au pH des cheveux!

Un peu de chimie

Commençons par le début. Vous savez que je ne vous embête avec des détails scientifiques que lorsque c’est nécessaire à la compréhension du sujet. Le cheveu, n’est pas un organe vivant comme la peau. Il ne peut pas se réparer tout seul. C’est pour ça qu’il est très important de ne pas trop déranger sa chimie, afin de ne pas l’abîmer.

hair shaft

Basiquement, un cheveu est composé de 3 parties, du centre à l’extérieur, et d’une couche supplémentaire :

* la moëlle ou région médullaire : elle ressemble à de petits tunnel composé de protéines séparés par de l’air. Elle peut être absente dans le cas de cheveux fins.
* le cortex : il contient de la mélanine, notre pigment naturel, qui donne sa couleur au cheveu, et des protéines (notamment de la kératine dure). C’est le vrai coeur du cheveu, bien solide car protégé par la couche supérieure.
* la cuticule : c’est elle qui va nous intéresser le plus car c’est sur elle que l’on agit au quotidien. Imaginez votre cheveu recouvert de petites écailles transparentes qui pointent vers le bas, très légèrement inclinés (5° environ). À la racine, le cheveu est plus épais car il est composé de 4 à 11 couches de cuticule, moins il y a de couches, plus le cheveu est fin, le cortex exposé, donc fragile. Cette couche de lipides protège les cheveux de la friction due au contact des cheveux entre eux, mais aussi au brossage. Elle est aussi sensible aux UVA et aux UVB. Le vent, la chaleur et l’eau l’abîment également, ainsi que le temps qui passe. En effet, même vierges de tout traitement permanent (permanente, décoloration, coloration permanente, lissage permanent) ou temporaire (boucler/lisser) et bien soignés, les cheveux s’abîment au fur et à mesure, perdent leur cuticule. Les cheveux longs sont donc également par définition abîmés.
* le sébum permet aux écailles d’être bien lisses et aplaties en formant une couche protectrice, mais il est aussi collant donc dur à enlever une fois présent et attire les saletés, la poussière… qui viennent s’y coller.

cuticules

À gauche, la cuticule d’un cheveu normal, en bonne santé. À droite, un cheveu à la cuticule abîmée.

Puis le pH entre en jeu…

Là où les choses se corsent, c’est que le pH a également une influence sur la cuticule (dans une certaine mesure).

Un cheveu vierge a un pH de 3.7. Plus le cheveu est abîmé (quelles que soient les raisons), plus son pH augmente.

Il est techniquement faux de parler de cuticules ouvertes et fermées, ce ne sont pas des portes! Ce qui se passe en réalité, c’est que le cortex peut « enfler », ce qui soulève les écailles et expose le cortex tout en augmentant la charge négative du cheveu. C’est le principe très présent chez les cheveux poreux ou frisés ou qui s’emmêlent beaucoup. Il y a différentes façons de protéger nos cheveux de ces phénomènes (dont nous parlerons une autre fois ;-)), mais l’une d’entre elles est de limiter le pH de nos produits (en voici une déjà, grâce à la substantivité).

Concrètement, il n’y a pas de « réels » effets sur la structure du cheveu dans une fourchette de pH de 4 à 9. Je mets réel entre guillemets, car en-dessous de 3 et au-dessus de 10, vous prenez le risque de faire enfler encore plus ou à très haut pH de dissoudre le cheveu (oui oui, pensez à l’aspect très fragile des cheveux décolorés -grâce à des produits très alcalins-). Pas dès que vous sortez de la fourchette hein, mais quand même! Au-delà de la fourchette, les risques à court terme sont moindres.

Sachez d’ailleurs qu’un pH de 3 est 10 fois plus acide qu’un pH de 4 et 100 fois plus acide qu’un pH de 5 par exemple, un saut de pH n’est pas à prendre à la légère.

Un pH acide (<7) permet de façon générale de « rétrécir » le cheveu, avoir un effet astringent, ce qui aide à garder les écailles plus compactes, tandis qu’un pH alcalin augmentera le phénomène d’inflation du cheveu et causera un léger soulèvement des écailles, intensifiant la porosité du cheveu et la charge négative de celui-ci. (Source 1, Source 2)

Ce que ça nous apprend d’utile : inutile d’être des nazis du pH pour nos produits tant que l’on reste dans une fourchette acide. En revanche, plus on s’éloigne de 4.5-5.5, plus nos produits risquent d’abîmer le cheveu.

Voici les fourchettes de pH idéales, simplifiées, pour nos produits :

* Produits détergents : le pH de nos shampooings, s’il reste acide, a un effet très limité sur nos cheveux (cf. Source 2 plus haut). Le pH d’un produit n’influe pas son pouvoir détergent.
En revanche, il est avéré qu’un produit alcalin (pH>7) augmente la charge négative de nos cheveux, ce qui influe sur la friction et peut causer des frisottis et casser le cheveu et le rendre plus électrique.
Comme le pH de l’eau européenne est généralement alcalin, et le shampooing très dilué dans l’eau, utiliser un shampooing dont le pH tourne autour de 4.5-5 (un formulateur pro m’a conseillé de viser un pH de 4.7) sera plus doux et moins irritant. Il mitigera même l’irritation causée par l’eau, avis aux cuirs chevelus sensibles et/ou irrités 😉
* Produits en leave-on : nos laits/crèmes capillaires, sprays hydratants (comme ici), masques, gels, produits texturants… se situeront idéalement à 5.5.
* Après-shampooings : visez 5.5 également.

Tips DPC

* Le lavage au bicarbonate de soude (pH=8.2) et rinçage au vinaigre de cidre (pH=2.9) sont à proscrire purs à tout prix, il est nécessaire de les diluer (beaucoup). Un mélange d’eau et de bicarbonate restera alcalin (cf. risques cités plus haut). Abîmer le cheveu pour mieux le réparer me semble contre-productif, et inutilement agressif. Nos cheveux subissent déjà tellement de maltraitance au quotidien…
* Le lavage des cheveux au savon (liquide ou solide) est à proscrire à cause de son pH alcalin (toujours pour les mêmes raisons).
* L’étude de la Source 2 mentionne à quel point la majorité (75%) des shampooings conventionnels professionnels vendus en salons ont un pH inférieur à 5, tandis que c’est le cas d’une minorité pour les produits vendus en grandes surfaces et magasins (38%).
J’ai trouvé ça très intéressant dans la mesure où, en tant que fille de coiffeuse, j’ai eu les cheveux traités chimiquement très tôt, mais j’ai toujours eu de très beaux cheveux, et les traitais avec des produits professionnels. Et ce n’est que lorsque j’ai commencé à acheter mes produits ailleurs qu’ils ont commencé à s’abîmer, être moins beaux, et que j’ai eu des problèmes d’irritation du cuir chevelu (maintenant résolus grâce à la cosmétique HM, même ma coiffeuse est jalouse de mes cheveux ;-)).
Mon esprit scientifique ne ferait pas d’un cas clinique unique une généralité, mais l’effet à long terme d’un pH bien acide pour le shampooing pourrait donc être plus bénéfique pour la « santé » (j’ai du mal à parler de santé pour un organe mort) de notre chevelure, en accord avec la Source 1.

Voilà!
Celui-ci a mis plus de temps que les autres car mes recherches
ont encore plus mis le désordre dans mon référentiel de base!   

Et n’hésitez pas à suivre DPC sur Facebook ou Hello Coton!

 

 

 


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Focus famille d’ingrédients : les démêlants

Étant donné que je sais que c’est un sujet souvent problématique en cosmétique HM, que je fais des tests dans le domaine depuis 2 ans maintenant, et m’apprête à vous proposer un tutoriel sur la fabrication d’après-shampooing, je voulais partager avec vous mes informations et conclusions sur le sujet!

Déjà, commençons par le début :

C’est quoi un démêlant?

Déjà à la base, ça se complique un peu pour nous : on trouve sur le marché différentes appellations qui ont l’air similaires, mais qui ne le sont pas du tout si on les observe sous une loupe plus scientifique que marketing. Et oui, parce que concrètement, « aide au démêlage » et « démêle », et bien ça ne veut pas du tout dire la même chose.

Ce que vous expérimentez comme démêlant dans les produits conventionnels est le travail bien effectué de tensioactifs cationiques. Ce sont eux les vrais démêlants. Voilà comment ils procèdent : nos cheveux sont composés en majorité de kératine, de protéines diverses qui sont chargées négativement. Les tensioactifs (TA pour la suite) cationiques eux, ont une charge positive, qui vient se fixer sur la charge négative du cheveu. (Plus d’informations sur les tensioactifs ici)

Plus le cheveu est sec, abîmé, plus l’effet conditionnant sera fort car plus le cheveu est chargé négativement. Comme c’est un lien assez fort, il n’est pas rincé complètement par l’eau, il laisse un léger film sur le cheveu, qui permet de le démêler , de le rendre doux et de lui donner un aspect lustré, brillant. Ce film protège également de la déshydratation, des fourches et de l’électricité statique.

Pour ce faire, le produit est actif, ce qui veut dire que c’est lui qui défait les noeuds, juste en réagissant chimiquement avec le cheveu. De cette façon, vous limitez également la friction, l’un des grands ennemis de notre chevelure!

Donc voilà pourquoi ici, quand vous entendrez parler de démêlant, il s’agira de tensioactifs cationiques uniquement.

Les ingrédients cationiques

Les tensioactifs cationiques ont parfois mauvaise réputation. J’ai lu de tout sur le sujet, et ceux qui me lisent depuis un moment savent qu’il n’y a qu’une source en laquelle je me fie : la science. Les deux problèmes principaux  mentionnés sont leur biodégradabilité, ainsi que le risque de build-up.

Pour ce qui est de l’écotoxicité, on peut lire de tout. Il est avéré qu’après utilisation, en présence de substances particulières, les cationiques peuvent en effet produire des substances assez toxiques après utilisation. Cependant, ce ne sont pas des substances auxquelles nous avons accès, cela ne concerne donc pas la cosmétique home-made. Pour le reste, les informations trouvées sont plus obscures et contradictoires, je m’abstiendrai donc sur le sujet. Je serai ravie de lire des études sérieuses sur le sujet si vous en avez!

Ensuite, le fameux et mythique build-upLe principe : les TA cationiques, comme les silicones, sont occlusifs et de ce fait  difficilement rinçables. Ils créent alors une couche sur le cheveu, qui au fur et à mesure, étoufferait le cheveu. En effet, les TA cationiques créent un film autour du cheveu, c’est leur job (voir plus haut), et oui, ce film ne se rince pas bien (où serait l’intérêt sinon? pas de film = pas de démêlage!).

Mais est-ce qu’ajouter du BTMS ou du CE dans vos après-shampooings étouffera vos cheveux? Ca dépend. Vous avez l’habitude d’utiliser une multitude de produits successifs contenant des silicones et des cationiques alors que vous ne vous lavez les cheveux que tous les 4 matins avec un shampooing doux? En effet, c’est un risque à prendre dans ce cas. Pour le reste, je vais tenter de faire le tour de la question.

Déjà, en anglais, un après-shampoing (AS pour la suite) s’appelle « conditioner », et implique l’utilisation d’un TA cationique. Un AS sans TA cationique n’est pas un vrai AS, au mieux, c’est une crème capillaire rinçable. Ca, c’était l’instant nazie de la précision lol!

Ensuite, vous avez besoin d’agents occlusifs! Ce sont eux qui maintiennent l’hydratation et qui protègent la peau et les cheveux des agressions extérieures (eau, vent, friction…). Et ça tombe bien, plein de nos ingrédients le sont, notamment les beurres, les huiles, l’allantoïne, beaucoup de nos actifs…

Enfin, la dangerosité des TA cationiques dépend de deux choses : votre routine, et le dosage inclus de TA cationiques.
Le lavage par exemple, est essentiel : si votre shampooing est trop doux, il ne lavera pas correctement (ni les cationiques, ni le sébum, bien collant et gras). Je ne parle pas de shampooing clarifiant ici, juste de shampooings qui lavent hein!

Ensuite, très peu de TA cationiques sont nécessaires pour fonctionner dans nos produits. Je soupçonne fortement nos fournisseurs de ne pas tenir compte de ce fait pour simplifier les formulations, un peu comme quand ils proposent des émulsions à 20% de phase huileuse pour des peaux mixtes (ou pire, grasses!), pour simplifier les choses et donc vendre à plus de monde (il est beaucoup plus facile de stabiliser une émulsion à 20% de phase huileuse qu’à 10%). Les études qui parlent de build-up mentionnent TOUTES de hauts pourcentages utilisés. En restant dans de petits pourcentages et en utilisant des shampooings qui lavent, vous ne courez pas de risques. Vous n’avez pas besoin de choisir entre des cheveux démêlés et des cheveux morts étouffés!

Les plus courants dans nos prépa : le CE et le BTMS (pour vous les procurer, faîtes un saut sur le tableau ici). Le BTMS est un mélange d’un TA cationique et d’alcool cétéarylique, il peut servir d’émulsifiant (mais à haut pourcentage, si vous le faîtes, je vous recommande de n’en mettre que dans un seul produit de votre routine). Le CE épaissit les préparations mais nécessite un émulsifiant pour être utilisé.

Tips DPC

* J’utilise le CE à hauteur de 2-3% et le BTMS à 3-4%. À ces pourcentages, vous pouvez aisément en utiliser dans 2-3 produits de votre routine si vous le souhaitez, sans prendre de risques, si vous lavez vos cheveux régulièrement et correctement. (Ceci n’est pas une conclusion personnelle, mais celles des études que l’on utilise pour vous dire que les cationiques sont le diable)
NB : Le CE, hydrosoluble, est plus rinçable que le BTMS.
* Pour augmenter le pouvoir démêlant sans augmenter le taux de cationiques, vous pouvez utilisez différents compléments/subsituts (voir plus bas).
* Ajoutez ne serait-ce qu’un petit pourcentage de TA anioniques (au moins 5%) dans vos shampooings pour qu’ils soient lavants sans pour autant être décapants. Notez cependant qu’il est tout à fait possible de créer un shampooing à haut taux d’anioniques, doux, en le formulant en conséquence : encore une fois, c’est le dosage qui fait le poison! Eviter les sulfates vous fera une belle jambe si vous vous retrouvez avec un shampooing qui ne lave pas assez et vous laisse les cheveux poisseux ou qui regraissent en 24h malgré des soins adaptés… (et je vois de plus en plus de cosméteuses à qui ça arrive)

Maintenant que je vous ai donné ces infos, un point sur les « substituts » aux cationiques. Parce que mon but est de vous donner un aperçu global des démêlants, ce n’est pas plus à moi qu’aux autres de vous dire quoi utiliser, je ne fais que partager des infos, vous en faîtes ce que vous voulez 🙂

Impossible de ne pas citer ici les silicones. J’écrirai bientôt un article sur le sujet, car je pense qu’il serait intéressant de partager avec vous certaines de mes découvertes sur le sujet.

Les silicones sont une très grande famille de produits cationiques. Grâce à cette charge, ils ont une excellente affinité avec la peau et les cheveux (qui je le rappelle, sont chargés négativement), qu’ils protègent d’un film plus ou moins protecteur. Comme les TA cationiques, ils démêlent les cheveux, qu’ils rendent également très doux et brillants et laissent la peau ultra douce. Certains esters et certaines huiles (ou plus différents encore, des gels aqueux!) sont considérés comme étant des silicone-like. Ils ont en effet un toucher similaire, mais en aucun cas, il n’existe de réel substitut aux silicones.

Les compléments/ »substituts »

J’ai mis substituts entre guillemets parce qu’encore une fois, rien ne remplacera les TA cationiques pour démêler, dans la mesure où leur nature font que ce sont les seuls à pouvoir le faire techniquement. Cependant, d’autres produits peuvent nous aider à démêler nos cheveux.

Les plus efficaces sont ceux qui augmentent la substantivité. Ils renforcent ainsi le film, donc ça démêle mieux 🙂

Les polymères cationiques

Ils sont légèrement chargés positivement, donc font le même job, mais moins bien. Nettement moins bien même, selon mes expériences et en toute logique. De base, ce sont des compléments aux TA cationiques, seuls, ils ne donnent pas grand chose, mais couplés aux cationiques, ils donnent ce que les anglais appellent un « oompf » au démêlage, « le petit plus qui fait la diff ». Ils sont bien plus faciles à rincer que les TA cationiques, donc ne présentent aucun risque de build-up SI utilisés selon les dosages recommandés et avec un lavage correct.

Les plus courants : Honeyquat, Gomme de guar cationique, Polyquat (7, 10…). Généralement, on les utilise entre 2 et 5%. Ma gomme de guar cationique se dose à 0.5%.

Tips DPC

* Si vous les utilisez seuls, je vous recommande de les coupler pour un effet décent (et par décent, j’entends vaguement similaire aux produits conventionnels). J’aime beaucoup le couple Polyquat 7/Gomme de guar cationique par exemple. L’honeyquat est le moins efficace de tous car le plus rinçable (encore une fois, pas de film = pas de démêlage!). En gros, il ne vous servira à rien dans un AS, mais j’aime bien l’utiliser dans les produits leave-in (pas seul depuis que je travaille avec d’autres polymères cationiques par contre).
* L’idéal pour un démêlage vraiment similaire aux produits conventionnels, est un couple TA cationique + polymère cationique. J’aime beaucoup les couples CE/guar cationique et CE/Polyquat 7 personnellement.
* Leur odeur légère de poisson (plus puissantes pour l’honeyquat et la guar cationique je trouve) que certains leur trouvent sont dues à l’utilisation d’ammonium dans le procédé de fabrication. Elle se retrouve aussi dans d’autres quats. 2% de fragrance ajoutés nous en débarrasse généralement dans le produit fini. 😉

Les tensioactifs amphotères

Ces tensioactifs (plus d’informations sur les TA ici), dans un milieu acide (plus d’informations sur le pH ici), agissent comme des tensioactifs cationiques, mais de façon moindre. Comme nos produits capillaires sont censés être assez acides, c’est donc le cas lorsqu’on les ajoute dans nos AS, nos masques ou gommages. D’après mes essais, leurs propriétés sont similaires à celles des polymères cationiques.

Les plus courants : les bétaïnes comme la babassumidopropyl betaine (Mousse de babassu) ou sa cousine, plus douce, la cocamidopropyl betaine (Beta).

Tips DPC

* À 3-5%, les TA amphotères améliorent légèrement le démêlage de ce genre de produits. Rien de fou, mais ça peut aider si vous formulez sans cationiques 🙂
* Ils servent aussi dans ces produits à augmenter la rinçabilité (même s’ils ne sont pas les seuls à pouvoir le faire, mais c’est un autre sujet à approfondir!) et augmentent la consistance.

Les protéines hydrolysées

Que viennent-elles faire ici? Elles aussi, par leur procédé de fabrication, sont parfois légèrement chargées positivement! Seules, elles n’ont pas grand effet, mais elles augmentent la substantivité donc le démêlage. Il en existe de nombreuses (protéines de blé, d’avoine, de soie, de jojoba, de riz, phytokératine -mélange de soja, blé, maïs-…) et chacune d’entre elles présente des propriétés uniques.

Le poids moléculaire de la protéine contenue dans votre produit influera les propriétés. Celles qui ont un poids moléculaire faible (de plus petites molécules, comme les protéines de soie hydrolysées) pénétreront plus facilement dans le cheveu/la peau, aidant à retenir l’humidité, seront plus nutritives. Celle à plus grosses molécules (blé, avoine, phytokératine) formeront plus un film autour du cheveu, le protégeant des agressions extérieures et de la perte en hydratation (quand le cheveu sèche par exemple).

Je ne trouve nulle part le poids moléculaire des protéines de riz et de jojoba, avis aux geeks de la cosméto dans les parages : votre aide serait la bienvenue 😉

Tips DPC

* Dans les produits rinçables qui ne sont pas trop chargés en gras, les protéines à haut poids moléculaire feront des merveilles sur les cheveux non secs, alors que celles à bas poids moléculaires seront plus intéressantes pour relipider et rendre plus humectants les cheveux secs.
* En revanche, dans les produits leave-in, je trouve l’inverse plus adapté : je limite les filmogènes pour les cheveux non secs, alors que les cheveux secs me semblent avides de filmogènes.
* Mes préférées à l’heure actuelle sont celles de soie, de blé et de jojoba (cheveux mixtes-normaux). Pour les cheveux bouclés donc secs de M.DPC, gros coup de coeur pour l’avoine et la phytokératine. Je les utilise en général entre 2 et 5%, mais tourne plus autour de 2-3% avec le temps, j’ai appris à encore plus diminuer mes dosages, je reste à présent entre 0.5 et 2% : les effets sont là, sans l’effet « carton » que peut engendrer un surplus d’agents filmogènes. Bien sûr, le reste de la formule importe tout autant.
* Dans vos émulsions à chaud, ajoutez vos protéines dans la phase aqueuse. Concrètement, vous contaminez le produit sinon, et elles sont résistantes à la chauffe.

Les ingrédients qui aident au coiffage

Alors là, vous n’avez que l’embarras du choix! Pour faire court, tous les ingrédients gainants, filmogènes aideront au coiffage.

Les plus communs dans nos produits :
* les mucilages (carraghénane, lin, guimauve…)
* l’aloe
* les huiles et beurres
* les huiles estérifiées (coco caprylate/caprate, dicaprylyl carbonate, isopropyl myristate) et le dodecane
* le lait d’avoine
* les actifs comme le Fucocert, les céramides végétales, l’inuline… (plus d’actifs filmogènes/gainants/ »démêlants » pour les cheveux ici)

J’en oublie sûrement, n’hésitez pas à me signaler vos petites trouvailles en commentaire 😉

Tips DPC

* LIMITEZ les agents filmogènes, quel que soit votre type de cheveu, en particulier s’ils sont plus normaux-gras. Les cheveux aiment le filmogène, mais c’est comme tout : c’est le dosage qui fait le poison. Un indice tout simple : si ça cartonne le cheveu, ce n’est pas lié à un seul ingrédient mais plus probablement à l’ensemble de votre formule, trop filmogène.
* Si en plus d’être cartonnés, les cheveux semblent quand même « secs », en plus de diminuer les filmogènes/anti-déshydratants, augmentez les agents hydratants. Lorsqu’on filme un cheveu déshydraté (idem pour la peau) sans l’hydrater, on a l’impression d’assécher plus qu’autre chose (même avec du gras ajouté).
* En parlant de gras, limitez également les huiles et beurres végétaux. Tous les cheveux ont besoin d’acides gras, mais nos émulsifiants, émollients et agents de texture sont parfois plus adaptés dans ce but que nos huiles et beurres.
Personnellement, je fais même à présent des AS sans huile du tout (et sans passer par un « substitut » comme une émulsion à 8% d’Olivem, trop grasse aussi pour mes cheveux). N’ayez pas peur de les diminuer drastiquement si vos cheveux restent poisseux malgré vos shampooings, ou regraissent trop vite.

La petite histoire des AS du foyer DPC

En ce qui me concerne, après des essais catastrophiques lors de la formulation de mes premiers AS à base de BTMS, je m’étais lancée dans les « crèmes capillaires rinçables », les « AS » sans cationiques.

Honnêtement, j’ai testé un peu tous les produits dits « miracle » (je vous renvoie ici sur les produits/recettes miracle). J’ai pu obtenir de très chouettes résultats, mais rien de comparable aux produits conventionnels.

Si je respecte complètement la volonté des cosméteuses qui choisissent de formuler sans certains produits (et les appuient même : c’est génial d’agir, comme moi, en fonction de ses valeurs et convictions, quelles qu’elles soient), je rappelle ici que mon objectif est de reproduire un confort et une efficacité au moins aussi bonnes que celles des produits conventionnels. Donc, dans cette optique, bah, les AS sans cationiques, ça fait un peu rigoler quoi. Ca démêle vaguement, mais pas sans aide mécanique (peigne, les doigts…). Petit rappel pour ceux du fond : démêler est un processus actif, c’est le produit qui est censé défaire les noeuds, pas vos doigts!

Après des mois bien frustrants (soit c’était trop gras, soit cartonné, soit équilibré et assez agréable à appliquer, mais pas démêlant et les cheveux n’étaient pas assez doux pour mes critères), alors que j’avais trouvé une formule vraiment chouette, j’ai dû essayer un AS conventionnel. Et là, double effet Kiss cool : non seulement j’ai compris ce qui me manquait dans mes « AS »; ces propriétés sensorielles de douceur, cette brillance, et surtout un vrai démêlage, comme je l’ai connu et apprécié toute ma vie. Mais en plus, en vérifiant l’INCI dudit produit, je découvre qu’il contient majoritairement du BTMS, produit que je cherchais à éviter depuis des années pensant qu’il ne me convenait pas du tout! M. DPC a confirmé que si sur certains aspects il préférait mes produits, celui-ci avait une qualité qui lui manquait également.

Ni une ni deux, j’ai choisi de reprendre tout du début, un retour aux bases, avec des cationiques. Je ne suis pas du genre à passer à côté de l’opportunité d’améliorer mes produits, même si ça remet en question une de mes croyances profondes! (c’est là qu’être psy aide dans le process : on SAIT à quel point nos croyances sont facilement complètement à côté de la plaque haha)

Ca c’était y a environ 6 mois. Et, après ces quelques mois, je suis heureuse de pouvoir vous promettre au plus vite un AS (et probablement un tutoriel) dont je suis amoureuse, et je dois l’avouer plutôt fière. M. DPC est amoureux du sien également. Ils n’ont RIEN à envier à un produit conventionnel. Hormis peut-être leurs jolies textures perlées :p

Ca me semblait important de partager ce cheminement avec vous pour vous montrer que même après des années, on continue d’apprendre, et qu’un produit que vous mettez de côté peut être exactement ce qui vous manque. 

Donc, voilà, pour finir, vous avez ici une bonne boîte à outils pour aider vos produits capillaires à démêler/coiffer, quelles que soient vos convictions et les choix que vous ferez (je conçois que le confort des produits puissent ne pas être dans les priorités de tout le monde!).
N’hésitez pas si vous avez des questions, ou besoin de précisions!