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Fiche : Le pH #3 : Cheveux & pH

Pour finir cette série sur le pH, après les fondamentaux et la peau, passons au pH des cheveux!

Un peu de chimie

Commençons par le début. Vous savez que je ne vous embête avec des détails scientifiques que lorsque c’est nécessaire à la compréhension du sujet. Le cheveu, n’est pas un organe vivant comme la peau. Il ne peut pas se réparer tout seul. C’est pour ça qu’il est très important de ne pas trop déranger sa chimie, afin de ne pas l’abîmer.

hair shaft

Basiquement, un cheveu est composé de 3 parties, du centre à l’extérieur, et d’une couche supplémentaire :

* la moëlle ou région médullaire : elle ressemble à de petits tunnel composé de protéines séparés par de l’air. Elle peut être absente dans le cas de cheveux fins.
* le cortex : il contient de la mélanine, notre pigment naturel, qui donne sa couleur au cheveu, et des protéines (notamment de la kératine dure). C’est le vrai coeur du cheveu, bien solide car protégé par la couche supérieure.
* la cuticule : c’est elle qui va nous intéresser le plus car c’est sur elle que l’on agit au quotidien. Imaginez votre cheveu recouvert de petites écailles transparentes qui pointent vers le bas, très légèrement inclinés (5° environ). À la racine, le cheveu est plus épais car il est composé de 4 à 11 couches de cuticule, moins il y a de couches, plus le cheveu est fin, le cortex exposé, donc fragile. Cette couche de lipides protège les cheveux de la friction due au contact des cheveux entre eux, mais aussi au brossage. Elle est aussi sensible aux UVA et aux UVB. Le vent, la chaleur et l’eau l’abîment également, ainsi que le temps qui passe. En effet, même vierges de tout traitement permanent (permanente, décoloration, coloration permanente, lissage permanent) ou temporaire (boucler/lisser) et bien soignés, les cheveux s’abîment au fur et à mesure, perdent leur cuticule. Les cheveux longs sont donc également par définition abîmés.
* le sébum permet aux écailles d’être bien lisses et aplaties en formant une couche protectrice, mais il est aussi collant donc dur à enlever une fois présent et attire les saletés, la poussière… qui viennent s’y coller.

cuticules

À gauche, la cuticule d’un cheveu normal, en bonne santé. À droite, un cheveu à la cuticule abîmée.

Puis le pH entre en jeu…

Là où les choses se corsent, c’est que le pH a également une influence sur la cuticule (dans une certaine mesure).

Un cheveu vierge a un pH de 3.7. Plus le cheveu est abîmé (quelles que soient les raisons), plus son pH augmente.

Il est techniquement faux de parler de cuticules ouvertes et fermées, ce ne sont pas des portes! Ce qui se passe en réalité, c’est que le cortex peut « enfler », ce qui soulève les écailles et expose le cortex tout en augmentant la charge négative du cheveu. C’est le principe très présent chez les cheveux poreux ou frisés ou qui s’emmêlent beaucoup. Il y a différentes façons de protéger nos cheveux de ces phénomènes (dont nous parlerons une autre fois ;-)), mais l’une d’entre elles est de limiter le pH de nos produits (en voici une déjà, grâce à la substantivité).

Concrètement, il n’y a pas de « réels » effets sur la structure du cheveu dans une fourchette de pH de 4 à 9. Je mets réel entre guillemets, car en-dessous de 3 et au-dessus de 10, vous prenez le risque de faire enfler encore plus ou à très haut pH de dissoudre le cheveu (oui oui, pensez à l’aspect très fragile des cheveux décolorés -grâce à des produits très alcalins-). Pas dès que vous sortez de la fourchette hein, mais quand même! Au-delà de la fourchette, les risques à court terme sont moindres.

Sachez d’ailleurs qu’un pH de 3 est 10 fois plus acide qu’un pH de 4 et 100 fois plus acide qu’un pH de 5 par exemple, un saut de pH n’est pas à prendre à la légère.

Un pH acide (<7) permet de façon générale de « rétrécir » le cheveu, avoir un effet astringent, ce qui aide à garder les écailles plus compactes, tandis qu’un pH alcalin augmentera le phénomène d’inflation du cheveu et causera un léger soulèvement des écailles, intensifiant la porosité du cheveu et la charge négative de celui-ci. (Source 1, Source 2)

Ce que ça nous apprend d’utile : inutile d’être des nazis du pH pour nos produits tant que l’on reste dans une fourchette acide. En revanche, plus on s’éloigne de 4.5-5.5, plus nos produits risquent d’abîmer le cheveu.

Voici les fourchettes de pH idéales, simplifiées, pour nos produits :

* Produits détergents : le pH de nos shampooings, s’il reste acide, a un effet très limité sur nos cheveux (cf. Source 2 plus haut). Le pH d’un produit n’influe pas son pouvoir détergent.
En revanche, il est avéré qu’un produit alcalin (pH>7) augmente la charge négative de nos cheveux, ce qui influe sur la friction et peut causer des frisottis et casser le cheveu et le rendre plus électrique.
Comme le pH de l’eau européenne est généralement alcalin, et le shampooing très dilué dans l’eau, utiliser un shampooing dont le pH tourne autour de 4.5-5 (un formulateur pro m’a conseillé de viser un pH de 4.7) sera plus doux et moins irritant. Il mitigera même l’irritation causée par l’eau, avis aux cuirs chevelus sensibles et/ou irrités 😉
* Produits en leave-on : nos laits/crèmes capillaires, sprays hydratants (comme ici), masques, gels, produits texturants… se situeront idéalement à 5.5.
* Après-shampooings : visez 5.5 également.

Tips DPC

* Le lavage au bicarbonate de soude (pH=8.2) et rinçage au vinaigre de cidre (pH=2.9) sont à proscrire purs à tout prix, il est nécessaire de les diluer (beaucoup). Un mélange d’eau et de bicarbonate restera alcalin (cf. risques cités plus haut). Abîmer le cheveu pour mieux le réparer me semble contre-productif, et inutilement agressif. Nos cheveux subissent déjà tellement de maltraitance au quotidien…
* Le lavage des cheveux au savon (liquide ou solide) est à proscrire à cause de son pH alcalin (toujours pour les mêmes raisons).
* L’étude de la Source 2 mentionne à quel point la majorité (75%) des shampooings conventionnels professionnels vendus en salons ont un pH inférieur à 5, tandis que c’est le cas d’une minorité pour les produits vendus en grandes surfaces et magasins (38%).
J’ai trouvé ça très intéressant dans la mesure où, en tant que fille de coiffeuse, j’ai eu les cheveux traités chimiquement très tôt, mais j’ai toujours eu de très beaux cheveux, et les traitais avec des produits professionnels. Et ce n’est que lorsque j’ai commencé à acheter mes produits ailleurs qu’ils ont commencé à s’abîmer, être moins beaux, et que j’ai eu des problèmes d’irritation du cuir chevelu (maintenant résolus grâce à la cosmétique HM, même ma coiffeuse est jalouse de mes cheveux ;-)).
Mon esprit scientifique ne ferait pas d’un cas clinique unique une généralité, mais l’effet à long terme d’un pH bien acide pour le shampooing pourrait donc être plus bénéfique pour la « santé » (j’ai du mal à parler de santé pour un organe mort) de notre chevelure, en accord avec la Source 1.

Voilà!
Celui-ci a mis plus de temps que les autres car mes recherches
ont encore plus mis le désordre dans mon référentiel de base!   

Et n’hésitez pas à suivre DPC sur Facebook ou Hello Coton!

 

 

 


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Fiche : Le pH #2 : Peau & pH

Après avoir défini le pH et ses fondamentaux, entrons dans le vif du sujet! La peau et le cheveu se comportent différemment face aux changements de pH, d’où le choix de séparer les deux posts.

Le pH de la peau

Lorsqu’on parle du pH de la peau, on parle en réalité du pH du manteau acide de la peau : une espèce d’émulsion produite par nos glandes sudoripares (de la transpiration), de nos glandes sébacées (du sébum, du gras) et de cellules mortes, diluées dans l’eau. Cette barrière hydrolipidique protège des bactéries par son acidité. Elle est aussi une protection contre la déshydratation en formant un film (le fameux film hydrolipidique) qui protège la peau de l’évaporation de l’hydratation de la stratum corneum, ou couche cornée.

Pendant longtemps, on estimait que la moyenne de pH pour la peau était de 5.5. Une étude de 2006 tendrait plutôt vers un pH moyen de 4.7, soit plus acide que nous le pensions jusqu’ici. Ils décrivent une peau avec significativement moins de plaques de sécheresse et de signes de déshydratation pour une peau ayant un pH inférieur à 5 que pour une pH à pH supérieur à 5. Un coup d’oeil à cet article (prochainement édité et complété d’ailleurs) vous montrera que les infos françaises que j’avais jusqu’ici ne vont pas DU TOUT dans le sens de tout ce que j’ai pu lire depuis que je travaille sur cet article. Vous êtes surpris? Moi je l’étais. Et pas qu’un peu. Et ce n’est rien par rapport à la suite…

Les bébés naissent avec une peau neutre, d’où sa fragilité. A l’adolescence, la puberté provoque de fortes sécrétions de sébum, qui acidifient la peau. A l’âge adulte donc, la peau se stabilise autour de 4.2-5.5. En vieillissant, la peau s’alcanise à nouveau, fragilisant la peau et l’asséchant.

Le pH est différent selon les parties du corps et l’état de la peau.

Pourquoi est-il important de ne pas trop s’éloigner de ce pH moyen?

1. Si l’acidité permet de combattre les bactéries et de garder hydratée la couche cornée, trop déséquilibrer ce pH par un pH trop alcalin va donc rendre la peau plus prône à des infections bactériennes et à la déshydratation voire la sécheresse avec la destruction partielle du film hydrolipidique.

2. Dans le cas d’une sur-acidité, la peau devient grasse, plus prône aux points noirs, aux boutons etc. En poussant le bouchon de l’acidité plus loin, la peau devient vraiment irritée (pensez aux fesses des bébés!).

Si vous n’en êtes pas à votre premier article sur le pH et la peau, vous remarquerez que ces infos sont contradictoires avec certaines sources qui parlent d’un pH plus basique pour les peaux grasses et acides pour les peaux sèches. Ces données sont extraites d’absolument toutes les études que j’ai trouvées sur le sujet, je vous avoue que j’ai été très surprise de pouvoir trouver l’exact contraire.

Qu’est-ce que cela signifie pour le pH de nos produits?

* Nos crèmes, sérums, et autres produits « leave-on »

NB : Ceci ne concerne pas les soins acides, comme ceux aux AHA.

Visez un pH de 5 à 5.5. Cela permettra :
– à la peau normale de ne pas voir son pH déséquilibré
– à la peau grasse de produire moins de sébum, d’être plus sèche
– à la peau sèche ou eczémateuse d’être apaisée, et de pouvoir reconstruire le manteau acide
– à la peau sensible d’être apaisée
– à la peau mixte de n’être ni agressée, ni asséchée
– à la peau acnéique d’avoir un pH idéal pour mieux se défendre contre les bactéries
– à la peau mature d’être apaisée, et de pouvoir reconstruire le manteau acide

J’ai toujours cru qu’il fallait adapter le pH au type de peau. Ce que mes recherches en faisant cet article m’ont appris, c’est qu’une peau grasse ou sèche correspond à un déséquilibre de la peau, et que plutôt que de le respecter, il valait mieux rééquilibrer petit à petit le pH de la peau vers un pH qui serait idéal.

Pour les produits pour le contour de l’oeil, un pH autour de 6.5-7 est recommandé. En effet, le liquide lacrymal (ce qui est mouille l’oeil constamment) a un pH de 7. Un pH plus acide piquera les yeux.

Pour les déodorants, comme dit plus haut, l’acidité du manteau acide permet de mieux combattre les bactéries, sans pour autant être trop agressant avec un produit trop acide. Le pH idéal est entre 4.5 et 5.5.

* Pour les produits lavants

Votre peau est tiraillée après avoir été nettoyée? Sachez que ce n’est pas normal. Une peau en bonne santé, c’est une peau qui après nettoyage est juste douce et propre, pas rouge qui tiraille. Si c’est le cas, testez les relipidants ou l’ajout de gras et essayez de baisser le pH.
On porte souvent beaucoup plus d’importance au pH de nos crèmes qu’à celui de nos produits lavants (probablement parce qu’on les rince), et c’est à tort.
L’étude mentionnée plus haut a comparé les pH moyens des peaux des participants, moins de 24h après s’être lavés et plus de 24h, la moyenne de pH est environ tombée de 5.2 à 4.9. Même si le pH de la peau se rééquilibre seul, cela prend BEAUCOUP de temps.
Une autre étude compare le niveau d’irritation de gels douche du commerce, les plus irritants sont ceux aux pH supérieurs.
De nombreux agents abîment notre peau, à commencer par l’eau que nous utilisons qui va être autour de 8 en Europe (donc asséchante de base), épargnez-lui de l’agresser encore plus avec un nettoyant trop alcalin. 😉

Pour utiliser ces fourchettes de pH, en restant dans la fourchette, un produit lavant va être plus irritant car plus détergent s’il est plus élevé. Il va être donc aussi plus asséchant. Sachant cela : plus la peau est sensible/sèche, plus on reste près du pH normal de la peau (=la plus petite valeur de la fourchette), plus la peau est grasse/résistante, plus on peut/doit augmenter. Ne vous en faites pas, je vous ai donné des pH non décapants, donc les fourchettes sont safe d’après les études que j’ai trouvées. Et mon expérience perso de peau sensible.
Exemple : quand je parle du pH visage, 5.5 serait idéal pour un savon très neutre et doux, donc pour les peaux sèches et/ou sensibles. 6 reste doux, pour les peaux mixtes à zone T pas trop grasses ou légèrement sensibles, mais Mr DPC préfère les produits à 6.5 pour sa peau grasse non sensible.

Pour le corps (hors cas particuliers décrits ci-dessous) : visez 6 à 6.5. Avoir un pH plus basique que celui de la peau permet de nettoyer, c’est à dire se débarrasser du sébum, des impuretés accrochées à celui-ci, de la transpiration, ça vous dit quelque chose ces différents éléments? Si oui, vous avez vu juste : nettoyer c’est détruire partiellement le film hydrolipidique. C’est pour cela qu’il est important d’enrichir vos produits lavants avec des tensioactifs ou des ingrédients relipidants, voire des huiles, c’est impératif si vous avez la peau sèche.

Pour le visage : Pour limiter les irritations au maximum avec un pH autour de 5.5-6, pour une peau grasse non sensible (pour bien se débarrasser du sébum, sans s’inquiéter d’irriter), il est possible de monter à 6-6.5. Ici encore, n’oubliez pas de relipider!

Le cas du liniment : le liniment oléo-calcaire est issu d’une réaction similaire à celle de la saponification, entre un acide gras (contenu dans l’huile) et une base (l’eau de chaux). Une base est par définition basique. Le pH basique du liniment permet de contrebalancer l’acidité intense des fesses de nos mini-nous, et ainsi de les soulager et apaiser. Vous pouvez acidifier le pH dès que Mini-vous passe aux solides (autour de 6.5-7 pour être au plus proche du pH de sa peau).

Le cas du savon : Oui, utiliser un pH trop alcalin assèche la peau. Et je ne vous recommande en aucun cas le savon en pain industriel, dont le pH tourne souvent autour 9-11! MAIS un savon de 8-9 mais surgras donc relipidant ne sera pas forcément inadapté à votre peau. Faites attention si vous avez la peau sensible, irritée ou trop sèche à vraiment les choisir ou les formuler tout doux et apaisants. Et si ça tiraille quand même, c’est trop!

Le cas du dentifrice et du bain de bouche : La bouche a un pH naturellement légèrement basique (7-7.5) qui lui permet de lutter contre les fameuses « attaques acides » en régulant le pH. Une bouche trop acide sera sèche (manque de salive, basique elle aussi), et sera accompagnée de symptômes type mauvaise haleine et caries. Optez pour un pH autour de 7-7.5.

Le cas du savon intime : Le pH vaginal change en fonction de différents critères (mycoses, moment du cycle menstruel, ménopause, tabac, rapports sexuels…). Le pH vaginal est généralement (cf. plus bas) acide. Cela permet à une bonne bactérie, lactobacilli, de défendre notre corps contre les invasions bactériennes extérieures. À ce pH, elle peut aussi produire des antibiotiques naturels. Lorsque ce pH est déséquilibré, les infections et irritations deviennent un risque. Lors des périodes de menstruation, se laver plus d’une fois par jour peut aider. Bien sûr, ici, le savon est exclu. Pour le pH de vos gels intimes, l’idéal est d’utiliser des produits très doux, et respecter le pH.
Cela dépendra de ces critères :
* jeunes filles prépubères : 7
* post-puberté-période reproductive : 3.8-4.4
* post ménopause : avec hormones : 4.5-5; sans hormones : 6.5-7

À très bientôt pour un troisième article sur le pH et les cheveux,
et plein d’autres trésors que j’aimerais partager avec vous!

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Fiche : Le pH #1 : Fondamentaux

Suite à une demande de Vanessa sur le groupe AZEN, et confirmée par ce post, j’ai décidé de vous parler pH 🙂

Aujourd’hui, on attaque les fondamentaux : Qu’est-ce que le pH? Comment le mesurer? Comment le modifier? Un second post sera dédié au pH de la peau plus précisément, et à comment adapter le pH de nos produits pour en prendre soin au mieux. Enfin, un troisième fera de même pour nos cheveux.

Qu’est-ce que le pH?

Le pH correspond à l’abréviation de Potentiel Hydrogène, c’est un indice d’alcalinité/acidité d’une solution aqueuse. En cosmétique HM, il nous permet donc de vérifier à quel point nos préparations contenant une phase aqueuse (gels, lotions, gels douche, crèmes…) est acide ou basique.

Cette échelle va de 0 (milieu totalement acide) à 14 (milieu totalement basique).
pH acide : 0<pH<7
pH neutre : pH = 7
pH basique : 7<pH<14
NB : Notez ici que les produits dits à pH neutre n’ont en réalité pas un pH de 7 mais sont généralement légèrement acides, vous devriez trouver noté quelque part sur le flacon que cela signifie que le pH est adapté à notre peau (qui est légèrement acide, cf. Post 2 sur le pH).

Pourquoi est-il important?

Ce sera l’objet des posts 2 & 3, mais la peau et les cheveux ont des pH différents selon de nombreux paramètres. On ne peut en aucun cas mettre un produit avec un pH qui dépasse de trop ce pH (dans un sens comme dans l’autre!), sous peine de s’abîmer gravement la peau et les cheveux. C’est pourquoi il est essentiel de mesurer le pH de nos préparations cosmétiques : pour vérifier si le pH n’est pas trop éloigné de cette valeur (sauf pour de bonnes raisons).
Et c’est valable aussi pour les recettes dont on connaît le pH mais à laquelle on change un ingrédient.

Comment le mesurer?

Deux moyens différents :

* un pHmètre : le moyen le plus précis de mesurer le pH. C’est malheureusement assez onéreux. L’appareil se présente sous ce genre de forme. Il suffit de le tremper 20 secondes dans une solution pour avoir son pH à 0.1 près! Vérifiez bien si vous en achetez un s’il contient les solutions qui permettent de l’étalonner (des solutions basique et acide dont on connait le pH pour bien le régler), sinon, il faudra en acheter en plus 🙂

* du papier pH : Il en existe deux formes communes :

Une en bande d’une seule couleur, en rouleau ou pré-découpée.

Une autre en bandes de papier, avec 2, 3 ou 4 petits carrés de couleur.

Pour les deux sortes de papier pH, on trempe le papier dans la préparation, attend un peu, puis on compare (la bande dans le 1er cas, les petits carrés dans le second) à l’échantillonnage de couleurs accompagnées du pH auquel elles correspondent. Si jamais vous devez enlever un peu de produit pour mieux lire (ça m’arrive souvent avec des crèmes un peu épaisses), ne le faites pas avec le doigt. 😉

Je n’ai pour le moment pas de pH-mètre (mais j’y songe de plus en plus en faisant mes recherches pour cette série d’articles!), mais j’ai ces bandes, qui sont relativement efficaces (à 0.5 près).

L’idée ici de trouver quelle couleur se rapproche le plus de la couleur correspondant à un certain pH. Le fait qu’il n’y ait pas qu’une bande permet plus de précision.

Voici à titre indicatif 4 pH testés, de façon à illustrer comment se vérifie le pH avec des bandelettes à 4 carrés :
Les bandes à couleur unique sont évidemment moins précises, puisqu’il n’y a qu’une couleur à comparer.

Celui d’un vinaigre

2014-05-26 16.32.41

pH testé d’un vinaigre blanc

L’idée est de trouver de quelle(s) teinte(s) étalons (celles qui sont données avec vos bandelettes et dont vous connaissez le pH) se rapprochent le plus vos petits carrés. Ici, les carrés semblent se trouver entre 2.5 et 3 de pH, ce qui vous indique que le vinaigre testé à un pH situé entre ses deux valeurs, bien acide.

 Celui d’une de mes crèmes

2014-05-26 16.34.28

pH d’une de mes dernières crèmes

Le carré bleu m’a posé quelques soucis, mais semblait trop bleu pour se rapprocher de pH6 et pas assez vert pour correspondre à 4.5. Les trois autres semblaient plus compris entre 5 et 5.5, il est donc très probable que le pH soit compris entre 5 et 5.5.

 Celui d’un peu d’eau (ici de la Volvic)

2014-05-26 16.33.35

pH testé d’eau Volvic

Les quatres carrés se rapprochent d’un pH de 7, hormis le dernier, moins orangé donc plus proche de 6.5.
Il est donc fort probable qu’il se situe entre 6.5 et 7, mais plus proche de 7 (3 carrés sur 4).

Celui d’une solution de bicarbonate de soude à 1%

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pH d’une solution de bicarbonate à 1%

Les quatre carrés semblent avoir une teinte située entre les pH 8.5 et 9, donc basique.

Une fois que le pH est mesuré, vous savez si vous avez besoin de le modifier ou non.

Comment modifier le pH?

Si nécessaire, il faudra ajouter un modificateur de pH.

Pour une préparation trop acide (le pH est trop bas), il faut ajouter un régulateur au pH basique (donc supérieur à 7 pour ceux du fond qui auraient besoin d’un rappel). A notre disposition :
* du bicarbonate de soude (en poudre ou en solutée comme ici)
* de l’eau de chaux

Pour une préparation trop basique (le pH est trop haut), il faut ajouter un régulateur au pH acide (donc inférieur à 7), nous avons à notre disposition :
* de l’acide lactique
* de l’acide citrique (en cristaux ou en solutée comme ici)
* éventuellement des AHA (mais je trouve que ça fait cher pour juste changer le pH)
* du vinaigre
* du jus de citron (préparations minute uniquement)

Pour chacun, le conseil de base c’est d’y aller doucement! Quelques gouttes pour les liquides, une mini-pincée pour les poudres/cristaux. Si vous avez une balance de précision (si ce n’est pas le cas, je vous le recommande +++), vous pouvez partir sur 0.1% (0.1g/100g) de préparation avant de remesurer votre pH et vérifier s’il est à présent adapté ou s’il faut recommencer la manoeuvre.

Formulation & pH

Certains de nos ingrédients sont naturellement acides ou basiques. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas les utiliser, mais il vaut mieux éviter : d’ajouter plusieurs ingrédients très acides ou très basiques, surtout en grande quantité. Et bien entendu, la vérification du pH est plus qu’essentielle (ça devrait déjà être un passage obligé, mais si pour x raisons vous ne le faites pas, faites une croix sur ces ingrédients, à moins que la quantité soit infime).

Nos ingrédients acides :
* les hydrolats : selon Cosmessence, en inclure 20-25% permet généralement d’obtenir une formule légèrement acide adaptée au pH de notre peau. Alice, dans ses Grimoires bio, nous offre une liste de pH d’une partie de ces derniers.
* la poudre d’alun
* l’aloe vera
* les AHA
* le vinaigre
* la vitamine C (INCI : L-ascorbic acid)
* l’acide salicylique

Nos ingrédients basiques :
* la vitamine C (INCI : Sodium/Magnesium ascorbyl phosphate)
* certains tensioactifs : decyl glucoside, lauryl glucoside, les savons
* l’eau de chaux
* le bicarbonate de soude 

Voilà pour la base!
Pour savoir quel pH devraient avoir vos produits, RDV dans les prochains posts sur le pH : d’abord pour la peau, puis pour les cheveux!

Sources :
http://www.calybeauty.com/
http://www.makingcosmetics.com/
http://swiftcraftymonkey.blogspot.co.uk/
http://fr.wikipedia.org/


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Fiche débutant : Analyse de quelques mythes à la dent dure :)

Après une bien trop longue absence (du moins à mon goût ^^), me revoilà 🙂

Ce blog est né à peu près en même temps que le groupe Facebook Aroma-Zone Entre Nous, d’un même désir : après des années à apprendre la cosmétique HM, partager ces petits trésors de savoir recueillis au fil des années, expériences, erreurs, parfois déceptions…

C’est un immense plaisir pour moi d’avoir l’occasion de faire partie d’une communauté où la curiosité est l’un des principaux moteurs! Bloguer est pour moi un double plaisir, une espèce d’Oréo où entre les biscuits de la transmission de savoir et l’écriture, deux de mes passions en partenariat pour encore plus de plaisir crémeux!

Je n’ai qu’un regret. Celui que certains mythes règnent dans le monde de la cosmétique HM et ternissent, biaisent ou même faussent son image. C’est de cela que j’ai eu envie de vous parler aujourd’hui.

Comme il y en a pas mal, je me suis dit qu’un peu de structure simplifierait tout ça 🙂

ATTENTION : post indigeste en perspective! Aidez-vous des titres pour une navigation plus rapide si vous cherchez quelque chose de précis 😉

1. Avant de se lancer!

Un peu de perspective pour celles et ceux qui hésitent à se lancer, qu’ils sachent où ils mettent les pieds.

« La cosmétique maison, c’est super facile! »

Oui et non. 

Oui, si vos attentes ne sont pas très élevées.  Et que vous êtes au moins prêts à lire un peu sur le sujet, que ce soit avec ce genre d’articles ou sur les fiches techniques de vos fournisseurs : toutes les peaux et tous les cheveux n’aiment pas les mêmes ingrédients.

Ce qui est vraiment super facile :
– faire des bains d’huile (pour nourrir et réparer vos cheveux par exemple)
– se démaquiller à l’huile végétale (et oui : le gras enlève le gras!)
– utiliser les hydrolats (comme lotion pour se rincer le visage, ou un spray pour les cheveux par exemple)
Cela demande : un budget mini, un peu de lecture.

Ce que je qualifierais de facile :
– des recettes très simples : chantillys de karité (comme ma base préférée. Chouettes comme masque nourrissant pour cheveux ou nourrir votre peau), démaquillants bi-phasés, bains d’huile améliorés (bientôt héhé), huiles de massage… Très peu d’ingrédients, peu de soucis de conservation, recettes à froid.
– faire ses propres masques à l’argile (comme  ou ici)
– la slow cosmétique
Cela nécessite : un budget moyen (selon les limites que vous vous posez), de la lecture plus approfondie, désinfecter le matériel, du matériel de cuisine, éventuellement des contenants.

Tout le reste nécessitera : d’être patient, d’apprendre, de comprendre, de faire des calculs, de lire, de se renseigner, de faire des expériences, d’avoir des ratés qui vous en apprendront plus que vos réussites,  de s’investir, un budget moyen (cf. plus bas), un peu de matériel (cf. plus bas), et du temps (cf. oui, encore une fois, plus bas).

« La cosmétique, quand on commence, c’est tout de suite un budget. »

Non. Ne démarrez pas avec une énorme commande, c’est le meilleur moyen de jeter l’argent par les fenêtres. Déjà, je vous recommande vivement de commencer par soit l’achat de quelques produits de bases pour tester ce qui est « super facile » (voir plus haut), soit de commencer par des kits lorsque vous voulez un peu plus vous immerger. Ensuite, allez-y doucement. (voir plus bas)
Vos frais de port sont souvent offerts dès 35-50€, multipliez les petites commandes au fur et à mesure de vos essais plutôt que de vous ruer sur des ingrédients qui au final traîneront au fond de vos placards… Achetez en petites quantités, et avec modération, pour tester. Vous vous ferez mille fois plus plaisir en découvrant comment vraiment utiliser vos ingrédients qu’en multipliant les actifs aux mêmes propriétés sans savoir comment les utiliser…

« Il faut plein de matériel spécifique! »

NON! Oui, la Naturalis est certainement un appareil génial, mais elle n’est en aucun cas nécessaire ou indispensable! Tout comme plein de gadgets. Pour le matériel, seulement trois indispensables : de l’alcool pour désinfecter, une balance de précision (comme celle-ci) et un thermomètre de cuisson. Pour le reste, comme on nettoie-stérilise-désinfecte, vous pouvez vous servir de matériel de cuisine. J’utilise une poële comme bain-marie, des ramequins en verre épais pour les petites prépa et les pesées, et un verre doseur à poignée en Pyrex pour les prépa plus volumineuses. Je mélange mes crèmes au fouet à la main ou avec un fouet électrique manuel (je n’utilise qu’un pied) : dans un verre avec le fouet électrique, dans un bol pour le fouet à main.
Si vous avez envie de vous faire plaisir en vous offrant un appareil ou du matériel dédié, allez-y! Mais n’oubliez pas ici encore que c’est un choix, non une nécessité 😉

2. Les premiers pas…

« La cosmétique HM, ça coûte super cher au final et on n’a jamais ce qu’il faut quand même! »

NON. Je n’ai pas pu pour différentes raisons cosméter pendant 2 ans. Suite à un déménagement, je n’avais même plus de matériel, je suis donc repartie à zéro. Pour 200€, j’ai été équipée et eu des matières premières pour 10 mois pour nos : shampooings, après-shampooings, crèmes visage et corps, masques visage et cheveux. Comment j’ai fait? J’ai limité mes achats à mes besoins.
Généralement, 3 à 5 huiles/beurres (préférez ce qui vous sert à plusieurs choses), un ou deux émulsifiants, de la glycérine, 3-5 actifs, un conservateur, un antioxydant, quelques tensioactifs (uniquement pour les produits d’hygiène), une ou deux fragrances si vous voulez parfumer suffisent largement pour démarrer et se faire la main.

Le seul inconvénient que cela implique : ne pas avoir beaucoup de personnalisation possible. Mais lorsqu’on débute, la personnalisation est une étape qui demande au préalable de se faire la main, longtemps, d’expérimenter, d’apprendre à utiliser les ingrédients que l’on possède, les tester sur le long terme, beaucoup de lecture, les éventuels bons conseils si vous avez la chance d’être guidée par d’autres, plus expérimentés. Je me permets de vous conseiller de vous abreuver de ces conseils avisés, ce sont eux qui vous feront avancer le plus vite, avec la lecture, mais pas que des fiches techniques, ou de Facebook (génial outil ceci dit). Je ne saurais que vous recommander d’explorer les fora (voir la liste de ceux que je fréquente ici), nettement plus riches en infos, et surtout, avec des infos vraiment archivées. Dîtes-vous bien que TOUTES les questions que vous vous posez, même les plus tordues, quelqu’un se les est déjà posées. Et ce quelqu’un a très probablement, non seulement trouvé une réponse, mais peut-être en plus a trouvé plein d’infos qui vous feront gagner un temps fou, et vous permettront de ne pas gâcher vos matières premières par manque d’expérience…

En revanche, vous allez probablement vouloir faire d’autres recettes avec vos ingrédients, tester de nouveaux territoires. Pour cela, vous avez trois choix :
– acheter chaque nouvel ingrédient nécessaire = devoir passer une commande à chaque ingrédient manquant.
apprendre à substituer. Promis, ça ne fait pas si mal que ça. Certes, ça demande un peu de travail. Mais c’est votre unique solution ici pour éviter la première tout en faisant de nouvelles recettes. Et les meilleures choses n’arrivent pas sur un plateau 😉
– refaire uniquement un petit nombre de recettes, assez simples. Boring, uh?

La question n’est pas tant « Comment je peux avoir tous les ingrédients et ne jamais manquer de rien? » mais « Comment je peux ne pas avoir besoin d’acheter tant de choses qui me sont par après inutiles? ».

« Mon produit ne marche pas! »

Stop, petite pause. 
Concernant votre peau et vos cheveux, il faut retenir quelques principes de bases.
– Ils ont une structure complexe, et ont donc besoin de produits complexes, et surtout, d’une routine cosmétique (une série de soins qui se complètent) adaptée. Cela prend du temps à mettre en place. Si le produit ne provoque pas d’allergie, ou des effets vraiment gênants, laissez-lui un peu de temps.  Sinon, cherchez la cause de l’échec, comparez, prenez des notes pour savoir comment agir la prochaine fois 🙂
– Ils ont besoin de temps, et de patience pour voir des « symptômes positifs » vraiment impressionnants. Mais je peux promettre qu’avec du temps, des soins adaptés et beaucoup de lecture, le résultat est vraiment chouette 😉 Et je parle de temps en semaines voire mois!
– L’un des secrets d’une peau et d’une chevelure impeccable est tout simplement une bonne hygiène de vie. Si celle-ci est mauvaise, n’espérez pas de miracle, votre peau et vos cheveux se feront un plaisir de vous le rappeler. Prenez soin de vous!

Nous ne fabriquons pas des produits magiques non plus 😉

Et s’il ne convient vraiment pas, pensez au recyclage (en crème pour les mains/pieds, en masques nourrissants etc etc) 😉

« Le HM, ça ne me convient pas. »

Alors, celle-ci est vraiment dommage pour moi. Parce que si le HM ne vous convient pas parce que vous trouvez ça trop compliqué, impliquant, ok. C’est en effet un loisir difficile à maîtriser, un peu comme le golf ou le tennis, sans se former, on peut s’amuser, mais pour vraiment s’éclater, et explorer le potentiel, pas mal de travail est nécessaire…
Mais la plupart du temps, cette phrase veut dire « le HM ne convient pas à ma peau », or, ça ce n’est pas possible. Voyez-vous, le HM est magique dans le sens où il permet de vraiment adapter vos produits à vos besoins et envies… Et je peux assurer une chose : si vous n’avez pas encore réussi à trouver de quoi satisfaire votre peau ou vos cheveux, même capricieux, c’est que vous n’avez pas assez cherché/bossé le sujet…

Ceux qui me suivent depuis longtemps savent à quel point je m’éclate à aller au fond des choses, les étudier sous toutes les coutures, et partager avec vous mes petits trésors… Figurez-vous que ça n’a pas toujours été le cas! Je tiens ici à partager avec vous une question de mes débuts, que m’a rappelée une amie cette semaine lorsque nous parlions de l’écriture de cet article…

« Les filles, je vais passer pour une maxi-quiche… C’est quoi une crème de nuit?? Ca sert à quoi? Quelle différence avec la crème de jour? »

Oui, oui, la question vient de moi et date de 2009 (Source : Cosmétons libre, le forum de mes débuts <3). Que s’est-il passé depuis 2009? Ma peau et mes cheveux étaient terriblement capricieux : peau mixte sensible et déshydratée à imperfections, cheveux mixtes à pointes bien abimées. Je suis venue au HM par désespoir de trouver un produit adapté. J’ai démarré comme beaucoup d’entre nous avec les recettes Aroma-Zone. Leurs produits étaient malheureusement bien trop gras pour mes besoins. J’en suis vite arrivée à la conclusion qu’il fallait que je sache formuler pour pouvoir tirer un maximum de profit de ce merveilleux outil. Alors j’ai potassé. Encore et encore. Pour être honnête, je pense avoir passé plus d’heures à étudier comment la cosméto HM marche qu’à cosméter en soi.

Personne ne vous demande d’en faire autant, mais svp, ne faîtes pas une croix sur le HM en vous disant que ça ne vous convient pas, si vous voulez que ça convienne, renseignez-vous, demandez conseil, testez, expérimentez, dépassez les limites des cadres proposés, remettez en question! La solution à vos soucis n’est probablement pas loin, elle vous demande juste un peu de courage, de lecture, et de persévérance 🙂

« Naturel = inoffensif »

NON! Un actif surdosé peut créer de fortes réactions. Tout comme un actif mal utilisé. Certaines huiles essentielles sont dermo-caustiques (brûlent la peau!), ou photosensibilisantes (rendent votre peau très sensibles au soleil). Et ce ne sont que quelques exemples isolés. Ne prenez pas à la légère la lecture des fiches techniques. Nos produits sont beaucoup plus actifs que ceux auxquels nous sommes habitués. Plus de conseils pour débuter au mieux. 😉

Et pour illustrer mon propos : Attention! Si vous lisez le tout, vous lirez que ce n’est pas cette marque de fragrance ou ce conservateur qui sont responsables, mais le fait qu’ils soient tellement concentrés que purs ils sont dangereux.

3. Une fois bien dedans, les mythes techniques

« L’huile hydrate. »

NON, NON, et NON! Quand vous avez soif, vous mangez? Non. Même s’il y a de l’eau dans vos aliments, ça ne vous suffirait pas comme apport en eau. Et bien, là, c’est pareil. La peau et les cheveux sont complexes. Pour être hydratés, ils ont besoin de produits spécifiques. Je précise par la même occasion qu’il faut plus que de l’eau dans vos prépa pour qu’ils soient hydratés. Les molécules d’eau sont bien trop grosses pour passer nos barrières, elles restent à l’extérieur de la peau. Oui, l’huile en formant une meilleure barrière lipidique permet de maintenir l’hydratation. Mais maintenir l’hydratation si l’hydratation n’est pas suffisante, ça lui fait une belle jambe à votre peau… Pour le détail sur comment ça marche, et pour savoir comment hydrater.

« La vitamine E est un conservateur. »

NON! La vitamine E est un antioxydant. Son rôle est d’empêcher nos huiles, surtout fragiles, de rancir. Elle ne vous permettra de rien protéger d’autre si vous l’incluez dans un produit qui contient une phase aqueuse…

« L’Extrait de Pépins de Pamplemousse conserve aussi bien qu’un autre conservateur. »

NON! L’EPP vous permet de conserver vos produits au réfrigérateur pour quelques semaines voire un mois. Hors-frigo, ne tentez pas l’expérience plus d’une semaine. Et surtout, surtout, sachez que ce n’est pas parce que vous ne voyez pas de moisissures ou bactéries qu’elles ne sont pas là. Croyez-moi, elles le sont. Par millions. Plus de détails ici. D’ailleurs, en parlant de contamination…

« Inutile de désinfecter les contenants propres, ils sont propres! »

Oh mon Dieu, NON! La propreté et la désinfection n’ont RIEN à voir. Il faut que les contenants soient propres, évidemment, mais la propreté débarrasse de la contamination visible, pas de l’invisible. Et comme je disais plus haut, croyez-moi, aussi propre que soit votre contenant, il n’est pas stérile pour autant. Plus d’infos sur les bonnes pratiques du HM.

« Pas besoin de faire un test d’allergie, je n’ai rien mis d’allergisant »

Voilà qui est intéressant dans la mesure où TOUT est potentiellement allergisant. Et même si vous n’avez jamais fait d’allergie à tous les ingrédients de votre prépa, sachez qu’on peut aussi déclarer une allergie plus tard. Je n’ai jamais fait d’allergie en cosmétique, mais pour vous donner un exemple de la vie quotidienne : j’ai été allergique à l’aspirine uniquement à partir de mes 12 ans (après en avoir pris pendant les 1 premières années de ma vie), et je suis intolérante aux poivrons depuis mes 22 ans… Donc rendez vous ce service : testez au creux du coude vos produits corps, derrière l’oreille vos produits visage, histoire d’éviter une catastrophe (visage « brûlé », plaques qui mettront du temps à partir, etc…). 🙂 Plus général…

« Rhooo les règles de sécurité, ça se suit pas à la lettre non plus… »

Non, mais c’est à vos risques et périls. Je parle ici du port du masque, des lunettes, etc… En ce qui me concerne, je ne m’abstiens des lunettes car je porte les miennes et qu’elles sont volumineuses. Pour le masque, la raison invoquée est généralement « Je n’ai jamais rien eu, mes poumons vont bien. J’ouvre la fenêtre et fais attention à ne pas trop respirer. ». Pour que vos poumons développent de vrais symptômes, il vous faudrait probablement des années de cosméto HM au quotidien avec les dites poudres pulvérulentes. Par contre, chaque respiration crée de micro-lésions que vous ne sentirez pas, mais qui seront bien là. Je ne sais pas vous, mais je trouve ironique de faire de la cosmétique maison pour prendre soin de nos peaux et cheveux en se provoquant des micro-lésions pulmonaires… 😉

« X est un ingrédient miracle! », « Cette recette est miraculeuse! », « J’ai trouvé LA recette qui me convient. »

Cela fait des années que je vois des actifs ou des recettes  « à la mode », supposés être miraculeux. Jamais les mêmes.
Mettons-nous au clair : le HM regorge d’actifs et matières premières merveilleux, mais pas de miracle. Déjà, ce n’est pas un seul actif mais l’ensemble des ingrédients d’une recette qui font leur efficacité. Ensuite, notre peau et nos cheveux sont capricieux et fainéants. Et un produit super ne le sera plus forcément après quelques mois d’utilisation. C’est normal. Nos peaux et cheveux changent, évoluent, en fonction de l’âge, de l’environnement, du temps… Certains disent d’ailleurs qu’il faudrait changer de produit et d’actifs principaux tous les 3-6 mois… Ajoutez à ça que PERSONNE n’a votre peau et vos cheveux, donc les mêmes besoins, et encore moins les mêmes attentes!
Enfin, là où il y a encore moins de miracle, c’est que vous pouvez prendre le produit le plus merveilleux du monde, si vous ne l’appliquez pas patiemment et fréquemment et ne l’incluez pas dans une routine adaptée à vos besoins, il ne servira à rien.
J’ajoute enfin un petit bonus spécial pour ces ingrédients HM miraculeux supposés vous débarrasser à vie de votre cellulite ou vous faire perdre du poids : pas plus que les ingrédients du commerce, ce n’est pas un produit qui vous offrira cela. Ils peuvent vous soutenir dans une démarche plus complète, bien sûr. Mais sans une hygiène de vie adaptée, c’est un petit peu comme mettre un simple pansement sur une plaie ouverte. Ce n’est pas une raison pour ne pas chercher à vous débarrasser de votre cellulite ou de vos vergetures si elles vous gênent ou de perdre du poids si vous n’êtes pas à l’aise, bien entendu. Mais comme toutes les bonnes choses dans la vie, n’attendez pas que cela vous arrive sur un plateau, même dans un pot de crème 🙂

Si cela vous intéresse, un jour je pourrai vous raconter comment j’ai perdu 25kg en 3 ans sans régime, et comment je maintiens ce 42-44 qui est à présent un petit 36, mais ce ne sera ni une histoire de cosméto HM, ni une histoire de miracle 😉

Il me semble avoir fait un peu le tour des mythes qui me piquent les yeux depuis quelques années.

J’espère ne pas vous avoir effrayés, ce serait tellement dommage. Pour conclure, un petit résumé : en général, les quelques proches que j’initie (je n’aime pas « convertir » : une graine a besoin d’une bonne terre, prête à l’accueillir, pour bien grandir ;-)) ont droit à un discours de ce type :

« La cosmétique HM, c’est un peu comme de la cuisine. Tu peux « tambouiller », faire de petites expériences sympas avec peu de matériel, peu d’ingrédients, peu d’expérience, et sans te prendre la tête. Si un jour tu veux approfondir, tu pourras petit à petit faire des plats plus élaborés, commencer à ajouter des épices, personnaliser tes plats… Toujours sans trop de mal, grâce à des recettes, des « kits clés en main » comme ceux que tu achètes pour faire tes pizzas maison en 2mn. Par contre, si tu veux te mettre à la vraie pâtisserie ou à la cuisine moléculaire, va falloir plus d’huile de coude, parce que ta pâte feuilletée, elle demande de la patience, de l’expérimentation, de la persévérance. Par contre, je peux te promettre que putain (oui je jure plus à l’oral :P) qu’est-ce que tu t’éclates quand tu commences à vraiment savoir t’y prendre! La liberté de pouvoir créer de rien tes produits, le champ des possibles, le sentiment d’accomplissement…Pas une seconde je ne regrette d’avoir dû passer des heures à lire, à apprendre, ni mes pires conneries, qui m’ont appris tellement plus que mes premières petites victoires… Je ne jetterai rien de l’expérience. Une fois que tu sais que ta liberté d’action ne dépend que de ton savoir, il ne s’agit plus que de faire le choix d’où tu veux qu’elle s’arrête et de l’effort que tu es prêt à fournir. »

J’espère que c’est ce que j’ai pu vous transmettre avec cet article 🙂

À très vite!

Un grand merci à ma super copine Béatrice pour ses idées et sa relecture au poil!


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Recettes cosmétiques HM & calcul

Bon, avant le grand post sur la formulation et après les fiches pratiques pour les débutantes et  sur la substitution, je voulais faire un point sur le calcul d’une recette. Je vois beaucoup de recettes circuler qui ne « fonctionnent » pas, et pour cause, elles ne sont pas rigoureuses, elles ne PEUVENT pas fonctionner car les règles de base n’ont pas été respectées…

Toujours pour les débutantes donc, je voulais faire une fiche pratique sur le calcul d’une recette, promis ce n’est pas si dur que ça!

J’ai choisi de diviser ce post selon les questions que je vois le plus :

1. Pourquoi une recette doit faire 100%?

100% représente une totalité, un entier. C’est même dit dans le nom « 100 pour 100 ».

Et un pourcentage est aussi une division sur 100 :

100% = 100 : 100 = 1. 1 étant le symbole mathématique qui correspond à l’entier. Sans être à 100%, votre recette n’est donc pas complète.

Pensez aux sondages. Si on fait un sondage sur le parfum de glace préféré des français, et qu’on dit que 67% des gens aiment la vanille… Sans plus d’informations, on est en droit de se demander quel est le parfum que les autres préfèrent. Il manque 33% de l’information. De la même manière, si vous établissez des recettes à 63 ou 87%, votre recette n’est pas complète. De la même façon, si pour le même sondage, vous lisez « 63% préfèrent la vanille, 54% le chocolat et 27% d’autres parfums » vous êtes en droit de vous demander si l’organisme sait compter dans la mesure où 144% signifie que des réponses ont été comptées plusieurs fois ou alors des sujets ont répondu plusieurs fois, quoiqu’il en soit, trop de réponses ont été comptées et donc les pourcentages sont faux…

De plus, une recette qui ne fait pas 100% est une recette qui ne respecte pas les % d’utilisation.

Ce qui comporte plusieurs risques :

– la conservation.

En effet, imaginons une recette fictive qui atteint péniblement les 53% (ce que j’ai vu arriver). Si on y met 0,6g de Cosgard, en partant du principe que c’est le pourcentage d’utilisation standard, en réalité, on y met 1,1% de Cosgard, on dépasse donc le dosage-limite d’1% et on prend le risque de fortement s’irriter la peau. Et oui! 0,6% signifie 0,6g (explications du pourquoi des grammes dans la 2e question) pour 100g, pas 0,6g pour 53g!

Quant à une recette à 135%, en y mettant 0,6g de Cosgard, on y met en réalité 0,4% de Cosgard, la préparation n’est donc plus protégée correctement.

– les effets.

Pour les mêmes raisons, en mettant le dosage maximal dans une recette qui fait moins de 100%, on dépasse cette limite et prend le risque de fortes réactions cutanées.

Et un bas dosage ne sera pas aussi efficace que prévu (et un dosage maximal ne sera jamais atteint), donc on perd en principes actifs.

– l’émulsion ratée.

Comme on l’a vu plus haut, un pourcentage n’est réel que s’il est un dans un total de 100%. Les émulsions qui déphasent ou trop liquides ou trop compactes sont souvent dues à une erreur de pourcentage.

Les émulsifiants ne fonctionnent qu’en respectant les pourcentages.

Si la masse (les grammes) d’émulsifiant que vous avez mise dans votre recette ne respecte pas cette totalité de 100g, n’espérez pas pouvoir utiliser les pourcentages donnés par l’e-shop pour choisir votre texture! Ce sera nécessairement plus liquide ou plus compact voire dans les pires cas, l’émulsion ne montera jamais ou ne tiendra pas.

– les irritations.

Vous prenez le risque dès que vous utilisez un dosage assez élevé dans une recette qui n’atteint pas 100%; de surdoser un actif, une huile essentielle, un conservateur, ce qui entraîne forcément un fort risque d’irritation.

Pour résumer, une recette qui ne fait pas 100%, c’est une recette potentiellement :
inefficace, dangereuse pour la peau, ou simplement ratée donc inutilisable.

2. Pourquoi des grammes et pas des millilitres (ou mélanger les 2)?

Concrètement, on peut faire une recette avec des ml. Le problème se pose dès que le dosage de l’ingrédient est limité par un pourcentage (donc dès qu’il y a un conservateur, un actif, une huile essentielle, un dispersant, ou un émulsifiant).

Pourquoi? C’est simple. Les pourcentages donnés par les fabricants sont pour des masses, pas des volumes. Et c’est assez logique quand on y pense, prenons un exemple. 15ml d’eau font 15g, mais 15ml d’huile font plus en moyenne 13,5g, 15ml de glycérine font 19,5g. (à cause de la densité, cf. question suivante) Or, on doit calculer l’efficacité et les dosages d’un actif selon des certitudes. Donc si on dit que pour conserver 100ml de préparation, il faut 0,6ml de Cosgard, ça doit valoir pour n’importe quelle préparation! De la plus épaisse à la plus liquide, du baume à lèvres au tonique! Or, 100ml d’une eau de toilette font 80g, 100ml d’une crème, d’huiles, font en MOYENNE 90g, tandis que 100ml d’un gloss, d’un gel aqueux, d’un shampooing, d’une lotion ou d’un beurre font 100g (toujours en moyenne) et 100ml de poudre font en moyenne 50g (source AZ)… On voit bien que la quantité n’est pas la même selon la préparation, la seule manière d’évaluer une quantité qui corresponde à la même chose quelque soient les ingrédients et la préparation, c’est d’utiliser la masse. Parce que quelque soit ce que vous y mettez, 100g de crème de crème, c’est 100g de crème. C’est pourquoi je conseille toujours extrêmement chaudement l’achat d’une balance, la meilleure copine des cosméteuses rigoureuses ^^

Quant à pourquoi on ne mélange pas grammes et millilitres (pourquoi on ne peut pas faire dans une même recette 10% d’huile = 10ml et 10% de poudre = 10g), il s’agit encore une fois de respecter les pourcentages d’utilisation. Pour ça, comme expliqué plus haut, une base de 100% est nécessaire. Et ces 100% sont des grammes pour que, quelques soient les substitutions faites ou les choix d’ingrédients faits, on garde une préparation entière, totale et l’on puisse utiliser les ingrédients en total contrôle. Or, si vous faites dans une recette à pourcentage égal, volume et masse égaux, vous vous retrouvez nécessairement avec une recette qui ne fait plus 100g, donc qui n’est plus complète, on en revient aux problèmes de la 1e question.

Rien de mieux que la démonstration par l’exemple :

Recette fictive

La recette en mélangeant g/ml La masse réelle de chaque ingrédient
60% eau soit 60ml 60g
30% HV soit 30ml 27g
8% Olivem soit 8g 8g
1% de vitamine E soit 1ml 0,95g
1% Cosgard soit 1ml 1,05g

Si vous avez la masse (g) et souhaitez connaître le volume (ml), divisez la masse par le volume.Densité = masse (g) / volume (ml)La densité s’appelle aussi la masse volumique. Parce qu’elle correspond à la masse (les grammes) d’un certain volume (en ml) de liquide à 20°C. Pour vous souvenir de la formule, essayez de vous rappeler que la densité se mesure en g/ml (« grammes par millilitre », comme c’est « par » -ou « pour » dans les pourcentages-, on divise).Dans ce cas-là, il va falloir faire travailler vos méninges avec la densité… (il n’y a que pour ça que vous en avez besoin)3. Et si je veux quand même continuer avec mes volumes (ml) je fais quoi?La masse réelle totale est de 97g. De ce fait, la préparation sera plus liquide que prévue (moins d’huile), et le conservateur est utilisé en réalité à 1,08%, donc au delà de la limite d’utilisation, utiliser cette crème pour 3 minuscules grammes qui manquent, c’est potentiellement risqué de fortement s’irriter la peau.

Ex. : 10g d’huile, avec une densité de 0,9 font 10 : 0,9 = 11,1ml environ.

20g d’huile font 20 : 0,9 = 22,2ml environ etc…

Si au contraire, vous avez un volume (ml) et souhaitez connaître sa masse (g), multipliez le volume par la densité.

Ex. : 10ml d’huile avec une densité de 0,9 font 10 x 0,9 = 9g

20ml d’huile avec une densité de 0,9 font 20 x 0,9 = 18g, etc…

Je rappelle les formules :

Vous avez les grammes, voulez des millilitres : Volume = Masse / Densité.

Vous avez les millilitres, voulez des grammes : Masse = Volume x Densité.

4. Et pour ne faire que 15g alors ou au contraire 250g?

Là, encore une fois, rien de plus simple.

Etablissez-la recette sur une base de 100%, choisissez vos pourcentages etc… Ensuite, puisque 100% = 100g, rien de plus facile de savoir que 3% = 3g. Mais si c’est un baume à lèvres par exemple, on ne peut guère en mettre plus que 15g. Et bien il vous suffit de multiplier le pourcentage par la masse que vous souhaitez obtenir. Si on reprend la crème du dessus par exemple, mais qu’on ne veut en faire que 15g par exemple, ou alors, c’est votre crème préférée et vous voulez en préparer 250g on fera :

Recette fictive

Ingrédients & pourcentages

Pour 100g de produit fini

Pour 15g

Pour 250g

Eau 60%

60g

15 x 60 : 100 = 9g

250 x 60 : 100 = 150g

Huile 30%

30g

15 x 30 : 100 = 4,5g

250 x 30 : 100 = 75g

Olivem 8%

8g

15 x 8 : 100 = 1,2g

250 x 8 : 100 = 20g

Vitamine E 1%

1g

15 x 1 : 100 = 0,15g

250 x 1 : 100 = 2,5g

Cosgard 1%

1g

15 x 1 : 100 = 0,15g

250 x 1 : 100 = 2,5g

Comme vous le voyez, j’ai simplement multiplié la masse que je voulais avoir par le pourcentage de chaque produit dont j’avais besoin. Sinon, vous pouvez utiliser le produit en croix comme expliqué ci-dessous.

5. Et si je veux remplir mon flacon de 30ml je fais comment??

Changer la masse de préparation n’est pas qu’une question de choix, ça peut aussi être parce que le contenant est limité.

D’abord, un petit copié-collé d’un tableau AZ fort pratique :

Puis, présentation de notre ami le produit en croix… Les valeurs données dans le tableau seront proportionnelles. Ce qui signifie que les données de ce tableau vous permettent de calculer facilement la masse nécessaire pour n’importe quel volume, grâce à ce petit tableau :

Masse (g)

Masse indiquée par AZ

Volume (ml)

Volume indiqué par AZ

Volume souhaité

Exemple : admettons que vous ayez un joli flacon de 30ml et vouliez y mettre un lait. On voit qu’un lait compte 45g pour 50ml. On remplira le tableau comme suivant :

Masse (g)

45

Volume (ml)

50

30

Le calcul se fait de cette façon (c’est lui qu’on appelle produit en croix) : on multiplie les 2 cases qui forment un noeud-papillon (les 2 cases en diagonale) et on divise par la 3e case.

Ici : 45 x 30 : 50 = 27g donc pour remplir un flacon de 30ml il faut environ 27g de préparation. Il vous suffit de revenir à la question précédente pour calculer les poids équivalents de chaque ingrédient.

Un dernier petit résumé : si vous avez une recette en pourcentages, vous avez une recette avec les masses pour 100g de produit. Rien à calculer, on n’utilise pas tous ces trucs un peu + compliqués! Si vous voulez une plus petite ou une plus grande quantité, soit vous multipliez la quantité par le pourcentage souhaité, soit vous passez par un produit en croix (en remplaçant dans le tableau Masse par Masse de l’actif, et Volume par Masse totale, Volume souhaité par Masse totale souhaitée. Et vous utilisez la même technique). Si vous voulez utiliser des volumes, il vous faudra obligatoirement passer par la densité.

Et voilà, j’espère que ça a été digeste! 🙂


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Modifier ou substituer les ingredients d’une recette cosmétique home-made

Sur les forums, je lis que beaucoup de filles ont des soucis quand il s’agit de changer une recette (que ce soit à cause d’allergie, d’envie ou de nécessité).

Savoir modifier une recette me paraît être une étape fondamentale dans la cosmétique HM, dans la mesure où c’est l’étape transitionnelle vers la formulation perso.

(Pour l’étape no1, consultez https://danserenpetiteculotte.wordpress.com/2012/06/12/cosmetique-home-made-mes-humbles-conseils-aux-debutantes/)

Voici donc un petit descriptif de ma façon de procéder… Evidemment, je n’ai pas la science infuse, et la cosmétique HM est un domaine où j’en apprends tous les jours, n’hésitez pas à enrichir voire corriger dans les commentaires, la critique constructive me praît être la meilleure façon d’avancer!

Au préalable, sachez déjà qu’en modifiant une recette vous ne pouvez pas obtenir le même résultat.

D’abord parce que vous allez changer les effets. Un ingrédient apporte un certain nombre de bénéfices, si vous le changez, vous perdrez les bénéfices (pour en avoir de nouveaux ceci dit).

Ensuite parce que vous allez probablement changer la texture. En effet, de façon très logique, comme pour un gâteau, si vous remplacez de la crème fraîche par du lait, votre mélange va être moins gras et plus liquide. Et bien en cosmétique c’est pareil.

Enfin parce qu’un produit n’est pas que la somme des effets ses ingrédients, ceux-ci forment une synergiePensez au macérât hydro-glycériné par exemple : l’eau et la glycérine activent certains actifs en poudre qui ne peuvent être utilisés tels quels. Le MHG ne va donc pas être juste un mélange, mais réellement « créer » un actif en potentialisant les effets de la poudre.

Et surtout, quelque soit la modification que vous effectuerez, il sera nécessaire de vérifier les fiches techniques des ingrédients en question afin d’être certain(e) qu’il n’y ait pas d’incompatibilité quelconque avec les autres ingrédients, s’ils ne changent pas le pH, s’ils ne fonctionnnent pas que dans une certaine fourchette de pH ou s’ils ne changent pas radicalement la texture du produit fini.

Bon maintenant que j’ai remis les points sur les i et les barres sur les t, passons à la partie théorique!

J’en entends déjà certaines râler… Non ce n’est pas compliqué, mais oui c’est nécessaire de bûcher un peu pour faire les choses correctement! Après, si vous voulez risquer votre peau ou de devoir jeter la préparation, libre à vous 🙂

Au final, tout est comme souvent, une question de logique…

D’abord, on se demande ce que l’on veut changer, et ce que l’on veut conserver et pourquoi.

Si changer la texture n’a pas d’importance pour vous, les choses seront plus faciles.

Ensuite, il est important de voir une recette de cette façon : une phase huileuse (huiles végétales, beurres, macérâts huileux, émulsifiants eau dans huile, cires), une phase aqueuse (eau, hydrolats, infusions, glycérine, macérâts hydro-glycérinés, émulsifiants huile dans eau) et une phase d’ajouts (actifs, ingrédients fragiles, conservateurs, parfums).

Il y a différents types selon moi de changements :

– ajouter un ingrédient.

– supprimer un ingrédient.

– substituer un ingrédient.

  • Ajouter un ingrédient

Si vous ne souhaitez changer aucun ingrédient mais en ajouter un, c’est assez basique.

D’abord, lisez bien la fiche technique de l’article pour vérifier à quel dosage il est utilisé et s’il y a des précautions d’utilisation. Certains ingrédients changent le pH, d’autres ne sont actifs que dans une certaine fourchette de pH, d’autres encore sont incompatibles avec d’autres ingrédients, certains changent également la texture. Il est important de savoir tout ça pour vérifier si votre ingrédient peut être utilisé dans la recette pour commencer. Ensuite, pour savoir ce qu’il va changer dans votre recette (pour prévoir le coup si jamais le changement risque de vous déplaire. Enfin pour savoir si vous devez ajouter également un modificateur de pH, ou de la gomme…

Je crois sincèrement en la démonstration par l’exemple.

Imaginons donc une crème visage toute simple, adaptée à tous les types de peaux.

Phase huileuse
20 % d’huile végétale de jojoba
6% d’Olivem 1000

Phase aqueuse
73,2% eau filtrée

Phase d’ajouts
0,6% cosgard
0,2% de vitamine E

Disons que je souhaite en faire une crème anti-âge et que j’ai sous la main du Coenzyme Q10. Je me rends sur la fiche technique du produit, qui indique une utilisation entre 1 et 3%. Rien sur le pH, ni la texture, aucun ingrédient incompatible a priori.
Pour choisir le dosage, rien de plus simple : plus il y a de produit, plus il sera efficace. L’actif étant ici un anti-âge, je dirais que plus l’utilisatrice est jeune, moins elle en a besoin (par exemple 1% à 35ans, 2% à 45, 3% à partir de 55-60 ans). Il faut savoir qu’il n’est pas bon d’utiliser trop d’actifs anti-rides pour les 1e rides par exemple. Raisonnez ainsi : si j’utilise maintenant le dosage maximum, qu’est-ce que j’utiliserai dans 10 ans?? Dans mon exemple, vu que mes 1e rides n’ont pas encore pointé le bout de leur nez, imaginons que c’est pour ma maman, pour qui selon moi, 2% seraient nécessaires (elle fête ses 50 ans l’an prochain et la Nature l’a gâtée ^^).

Pour ajouter un actif, surtout en si petit pourcentage, on enlève de l’eau en général. Donc prenez le pourcentage d’eau (73,2%) et soustrayez les 2%.

73,2-2=71,2%

La nouvelle recette sera donc :

Phase huileuse
20 % d’huile végétale de jojoba
6% d’Olivem 1000

Phase aqueuse
73,2% 71,2% eau filtrée

Phase d’ajouts
2% Coenzyme Q10
0,6% cosgard
0,2% de vitamine E

Et voilà, comme je vous le disais, rien de sorcier 🙂 Si vous souhaitez ajouter d’autres ingrédients, procédez de la même manière.

Attention! Ici, l’exemple était très facile, pas de changement de pH, pas de changement de texture,… Tout est noté dans les fiches techniques des actis, véritables petites mines d’info, n’hésitez pas à les consulter au moindre doute! En ce qui me concerne, je me suis fait un tableau avec les actifs que j’affectionne, leur dosage, et toutes les contre-indications et précautions à prendre, ça m’a changé la vie!

Si vous voulez ajouter un produit qui modifie le pH, ajoutez à votre ingrédient un peu de bicarbonate de soude (si la préparation est acidifiée par l’actif, donc a un pH diminué), d’acide lactique ou citrique (si l’actif alcalinise votre préparation -donc augmente le pH-). La mesure du pH n’est pas optionnelle du tout, un pH non adapté peut avoir des conséquences vraiment fâcheuses sur votre peau, vos cheveux,… Donc, dès l’instant où vous modifiez une recette, ou même en faîtes une qui na pas été testée en labo, mesurez le pH pour voir si vous n’êtes pas en dehors de la fourchette indiquée ci-dessous. Et corrigez si besoin comme indiqué ci-dessus.

Les pH recommandés en cosmétique sont les suivants :

  • Pour un shampooing : 5 à 7
  • Pour un gel douche : 5 à 7.5
  • Pour un soin capillaire démêlant : 4.5 à 5
  • Pour un produit d’hygiène intime : 4.5 à 5.5 pour les femmes en âge de procréer, 6.5 à 7 pour les petites filles et les femmes ménopausées
  • Pour un soin non rincé (crème, lait, gel, lotion…) : 5 à 7.5
  • Pour une crème aux AHA ou à la DHA : 4 à 6

(source : AZ)

Si vous voulez ajouter un produit qui modifie la texture, il faudra en tenir compte également.
Les poudres ont tendance à épaissir les préparations, idem pour l’huile (si vous voulez en ajouter parce que votre peau/vos cheveux sont très secs par exemple), les beurres, les cires, les gommes. Tenez-en compte si vous souhaitez obtenir une texture identique à celle du produit de base (ou même si vous ne voulez pas finir avc une bouillie) , cela va être compliqué si vous ajoutez 20% d’actifs épaississants, donc limitez les doses 🙂

Les fragrances, les huiles essentielles, certains laits en poudre quant à eux peuvent liquéfier les préparations. Dans ces cas-là, pensez à leur ajouter un petit pourcentage de gomme (en général, j’y ajoute 0,3% de gomme xanthane).

  • Supprimer ou diminuer le dosage d’un ingrédient

Supprimer un ingrédient d’une recette est un poil plus réfléchi qu’en ajouter un, mais toujours rien de méchant.

Reprenons notre crème-exemple de base.

Phase huileuse
20 % d’huile végétale de jojoba
6% d’Olivem 1000

Phase aqueuse
73,2% eau filtrée

Phase d’ajouts
0,6% cosgard
0,2% de vitamine E

Une crème avec une phase huileuse aussi importante est pour els peaux très sèches (plus d’infos sur les dosages par type de peau). Or, j’ai la peau mixte. Je dois donc enlever de l’huile. Comme je vais enlever de l’huile, je vais changer le rapport HV/émulsifiant. Je me renseigne d’abord sur la texture de base, grâce à la fiche technique de l’Olivem. J’y lis que 20% HV + 6% Olivem donnent une crème dite mi-épaisse avec une texture fraîche non grasse. Or, c’est exactement le genre de texture que j’aime beaucoup. Pour la garder, je me renseigne sur les effets lorsque l’on diminue l’huile. Je vois que 10% d’HV + 3-6% Olivem donnent une texture fluide, et 10% HV + 8% donne une crème légère et soyeuse. Dans mon cas, le dosage maximal offrant une crème épaisse est proposé avec 10% d’HV est de 8%. Ce qui fait toujours une phase huileuse de (10%HV + 8% Olivem soit 18% de phase grasse). Comme je veux en avoir une de 10%, ici je testerais 8% Olivem + 2% HV + 0,5% gomme xanthane dans la phase aqueuse. En effet, pour éviter un résultat trop liquide, la gomme semble nécessaire (puisque 10% HV+8% Olivem donne une crème légère (donc pas pas très épaisse), il est logique que 2% HV + 8% Olivem donnera un résultat beaucoup plus liquide. D’où l’ajout de la gomme qui stabilisera l’émulsion et l’épaissira. Si au bout de 48h, ma crème est toujours trop liquide pour moi, je tâcherais d’y ajouter encore 0,2-03% de gomme (et d’incorporer ce pourcentage dès le départ en diminuant l’eau comme expliqué dans la partie « Ajouter un ingrédient » si je décide de refaire la crème, afin de garder une recette à 100%).
Donc, en ce qui me concerne, dès le moment où je supprime un ingrédient qui est plus épais que l’eau, surtout en grande quantitié, j’ajoute un petit pourcentage de gomme afin d’éviter le déphasage, et les textures trop liquides. La gomme xanthane est ma chouchou. Elle s’utilise entre 0,2-0,3% juste pour stabiliser/épaissir mais ici pour bien épaissir une préparation qui de base devait être fluide et que je veux mi-épaisse, je commence à 0,5% (en ce qui me concerne, même après quelques années, je préfère continuer de tester par essai-erreur, je préfère avoir un résultat trop liquide que je peux épaissir, que trop épais et inutilisable). D’autant plus que l’Olivem est utilisable seul à 10% comme unique phase huileuse, avec un résultat semi-épais (j’aurais d’ailleurs pu choisir de supprimer complètement l’HV jojoba, je ne l’ai pas fait car l’HV jojoba est sébo-régulatrice, parfaite pour ma peau normale à tendance mixte).
Je suis passée d’une phase huileuse à 26% à une phase huileuse de 10%. Et j’ai ajouté de la gomme Xanthane à hauteur de 0,5%. Je ne dois donc pas oublier de réajuster l’eau.
73,2 (eau à la base) – 0,5 (la gomme, ajoutée) + 16 (le pourcentage enlevé de phase huileuse) = 88,7%
Après ces changements, voici la crème de base modifiée :

Phase huileuse
20 2% d’huile végétale de jojoba
6 8% d’Olivem 1000

Phase aqueuse
73,2 88,7% eau filtrée
0,5% de gomme xanthane 

Phase d’ajouts
0,6% cosgard
0,2% de vitamine E

Pour le protocole, voir plus haut.

 Et enfin, la partie un peu plus compliquée mais toujours abordable si on a bien compris les 2 partis précédentes et si on fait les choses point par point, tranquillement :
  • Substituer un ingrédient
Il faut savoir pour commencer qu’il est plus simple de substituer les ingrédients selon la « famille » à laquelle ils appartiennent.
Je vais commencer par la phase huileuse.
Les huiles végétales ou macérâts huileux de même densité peuvent être substituées entre eux, au même dosage dans une émulsion ou un sérum huileux, un mélange d’huiles (dans du savon par exemple, si vous changez l’huile, il vous faudra recalculer les pourcentages). Dans notre crème-exemple, pour un effet bonne mine, je peux par exemple, substituer une partie ou toute l’HV jojoba par de l’HV tomate, au même pourcentage. Ex. : phase huileuse : 10% HV jojoba 10% HV tomate, ou 20% HV tomate
Par contre, si vous voulez remplacer une partie de l’huile par de l’HV coco (solide), ou par un beurre, sachez que cela va nécessairement changer la consistance en l’épaississant. Dans ces cas-là, si la recette contient de la cire ou de la gomme de base, je les diminuerais (voire les supprimerais s’ils sont à de petits pourcentages et que je veux substituer une part importante d’huile), si elle n’en contient pas, je diminuerais l’émulsifiant.
Si au contraire, vous souhaite remplacer un beurre par une huile, augmentez un peu l’émulsifiant ou ajoutez un pourcentage de gomme, voire de cire si vous remplacer beaucoup de beurre et n’êtes pas dérangé(e)s par l’effet filmogène de la cire.
Les cires se substituent entre elles, mais pas nécessairement au même dosage. Là, il va vous falloir fouiner dans les fiches techniques, et faire des essais.
De base, sachez que les 4 cires plus adaptées aux crèmes selon AZ (et donc selon le stock AZ) sont la cire de mimosa, la Cera Bellina, la cire de riz, et la cire d’abeille. Elles sont ajoutées en tant que co-émulsifiant entre 1 et 5% dans une émulsion.
La Cera Bellina est adaptée pour faire des « gels huileux » (95% HV, 5% cire), je ne la remplacerais pas par une autre cire (les autres cires à 5% ont un pouvoir durcissant plus important). Pour ce qui est du dosage, basez-vous sur leur pouvoir durcissant : plus le pouvoir durcissant est élevé, moins vous avez besoin de cire. Donc si vous souhaitez remplacer 3% de cire d’abeille, vous pouvez tester un pourcentage plus élevé de Cera Bellina, de cire de mimosa ou de riz. Si vous souhaitez remplacer 3% de cire de mimosa, vous pouvez tenter un % légèrement plus élevé de cire de riz, mais plus petit de cire d’abeille (car elle durcit plus). Pour ce qui est du choix de la cire, basez-vous sur la texture souhaitée (plus vous voulez vous rapprocher d’un baume bien dur, plus vous pouvez utiliser une cire à fort pouvoir durcissant) mais aussi sur l’aspect filmogène (pour l’hiver et une peau très sèche, favorisez les cires bien filmogènes, protectrices, pour l’été ou une peau moins sèche, tablez plutôt sur une cire peu filmogène -l’aspect filmogène est généralement peu agréable en été).
Ah les émulsifiants On ne peut pas tous les avoir (moi je n’ai pas les moyens en tout cas ^^) et pourtant il y a tant de recettes à tester avec des émulsifiants que l’on ne connait pas!
Alors là, attention, un peu de gym cérébrale va être nécessaire. En gros, pour remplacer un émulsifiant dans une recette, il faut essayer de trouver à quel ratio HV/émulsifiant on obtient une texture similaire pour commencer.
Reprenons pour illustrer cela la phase huileuse de notre crème exemple…

Phase huileuse
20 % d’huile végétale de jojoba
6% d’Olivem 1000

Admettons que vous n’ayez pas d’Olivem, que vous n’aimiez pas cet émulsifiant ou que vous y soyez allergique…
Je commence par vérifier quel type de texture on obtient avec mon dosage de base : 20% HV + 6% Olivem sur la fiche technique de celui-ci.
Comme décrit plus haut, on obtient une texture mi-épaisse. L’onctuosité et la fraîcheur sont assez spécifiques à l’Olivem, donc je les mets de côté pour le moment.
Je me rends sur la fiche technique de la cire émulsifiante remplaçante. Par exemple, pour la Cire no1 : avec 20% d’HV et 8-10% de cire, on obtient une texture oncteuse épaisse. Je peux donc remplacer ma phase huileuse par 20%HV jojoba, 8% Cire no1 (en restant au seuil minimal proposé, je me rapproche plus de la texture « mi-épaisse » de base que je souhaitais garder (mais je perds la fraîcheur et le côté très pénétrant offert)).
Je vérifie une par une les fiches techniques (histoire de vous montrer que concrètement tous les émulsifiants sont substituables, oui oui, je suis dévouée ^^), et trouve ceci pour des résultats à peu près similaires :
Cire no2 : passez à 20%HV + 7% cire (toucher plus gras, moins frais)
Cire no3 : 20% HV + 8% Cire (crème plus riche, mais toujours onctueuse et fraîche)
Olive douceur : 20%HV + 8% (à 10%, la crème sera beaucoup plus riche et filmogène, rien à voir avec la texture et le toucher de base, à 5% on obtient quelque chose d’assez mousseux voire fluide, donc j’ai choisi un pourcentage entre les 2, + proche de la crème épaisse)
Olive protection : le pourcentage d’huile étant optimal à 50-60% d’HV, je m’abstiendrais ici de tenter.
MF/VE : 20% d’HV + 2,5% de VE + 5% MF (crème lisse mi-épaisse) ou 20% HV + 2,5% VE + 10%MF (crème épaisse très fraîche et pénétrante). NB attention le MF s’ajoute dans la phase aqueuse.
Gélisucre : il ne me semble pas adapté ici (textures assez fluides ou mousseuses).
Ester de sucre : 20% HV + 20% ester de sucre + 0,5% gomme xanthane.
Donc voilà comment on substitue un émuslfiant : on prend la fiche technique de l’émulsifiant de base, puis on file sur la fiche technique de l’émulsifiant que l’on veut utiliser, et on cherche dans la description ce qui correspond au niveau texture/toucher avec notre % d’huile afin de faire la substitution.
Les plus observateurs remarqueront que l’on change potentiellement notre % de phase huileuse. Il faut alors réajuster l’eau comme expliqué précedemment dans les parties Ajouter un ingrédient etSupprimer ou diminuer un ingrédient.
Ex. : si vous changez l’Olivem pour la Cire no3, vous avez une phase huileuse à 28 au lieu de 26%. Il faut donc diminuer l’eau de 2%. Ici, cela donnerait :
Phase huileuse
20 % d’huile végétale de jojoba
6% d’Olivem 10008% de Cire no3Phase aqueuse
73,2% 71,2% eau filtréePhase d’ajouts
0,6% cosgard
0,2% de vitamine E
Notez encore une fois ici, que vous obtiendrez avec ce genre de substitution un produit relativement similaire au produit de base. Si vous modifiez une recette, à notre niveau, vous prenez toujours le risque d’obtenir un résultat différent ou une émulsion qui ne prend pas. La galénique d’un produit demande beaucoup de connaissances (que je n’ai pas encore), en revanche, plus vous vous renseignez avant, moins vous prenez de risques 🙂
Allez, on enchaîne avec les ingrédients de la phase aqueuse.
L’eau, les hydrolats, les infusions, certains laits qui ont la même densité (cf. fiches techniques) se substituent entre eux au même dosage.
Les ingrédients aqueux plus épais comme l’aloe vera, la glycérine ou les macérâts hydro-glycérinés, vont légèrement épaissir les préparation.
Donc si vous substituez des liquides par des liquides un peu plus épais, attendez-vous à un léger épaississement (dépendant de la densité et de la quantité, évidemment 2% d’aloe vera ne vont pas vous faire passer d’un lait à une crème épaisse).
Si au contraire, vous remplacez l’ingrédient de base par un ingrédient moins visqueux, par exemple, si vous enlevez de l’aloe vera et le remplacez par un hydrolat par exemple, pensez à ajouter 0,2-0,3% de gomme par exemple si vous n’ajoutez pas d’autres ingrédients épaississants.
Les gommes substituables au même dosage selon AZ sont les gomme de guar et de xanthane. Toutes les autres substitutions se font au cas par cas, selon leur pouvoir gélifiant, grâce aux fiches techniques. En ce qui me concerne, j’tuilise principalement la xanthane (et remplace à dosage équivalent). Pour les autres, comme elles ont des caractéristiques assez spécifiques, je conseillerais de ne pas substituer. Ou alors de faire des essais en respectant la différence de pouvoir gélifiant petit à petit (en laissant au moins 24-48h à la préparation pour pouvoir « prendre »).
Et enfin, les ajouts
Les huiles essentielles sont substituables entre elles au même dosage, en respectant les limites des fiches techniques ET en faisant attention : certaines sont interdites aux plus petits, femmes enceintes, si vous souffrez de certaines maladies… D’autres sont photo-sensibilisantes -elles rendent votre peau dangereusement sensible au soleil, pouvant provoquer des tâches par exemple-, et d’autres encore ne s’utilisent pas sur la peau -dermocaustiques- ou sur le long terme. Tout cela est décrit dans les fiches techniques.
Les fragrances sont généralement substituables au même dosage également, il suffit de vérifier si c’est le cas en lisant la fiche technique de votre produit. Et d’ajuster si c’est nécessaire selon les méthodes décrites.
Les conservateurs : chez AZ, l’Extrait de pépins de pamplemousse, le Naticide et le Cosgard sont substituables au même dosage. Faîtes attention ceci dit, l’EPP n’est pas utilisable avec de nombreux ingrédients car il risque de déstabiliser l’émulsion (notamment avec la gomme de Xanthane ainsi que plusieurs émulsifiants). Le Naticide n’est pas utilisables dans les gels aqueux et les lotions aqueuses. En revanche, vous pouvez remplacer n’importe quel conservateur à 0,6% par du Cosgard.
Aucun conservateur n’est nécessaire sans phase aqueuse, donc n’oubliez pas d’en ajouter si vous modifiez une recette (style chantilly de karité en ajoutant de la glycérine ou de l’aloe vera). 
Pour les autres actifs, je me base sur 2 choses, premièrement le lien magique de Caly pour savoir par quoi je peux remplacer n actif que je n’ai pas 😉
Et ensuite sur les fiches techniques. En effet, pour les actifs cheveux par exemple, de nombreux ont des caractéristiques similaires mais ne s’utilisent pas au même dosage. Vous choisirez le dosage adapté sur les fiches. Vérifiez d’abord le dosage utilisé pour l’actif de base et pourquoi (dosage max? mini? quels effets veut-on donner à la préparation?). Puis substituez grâce à la fiche technique du second actif (celui que vous avez et voulez remplacer dans la recette), et posez-vous les mêmes questions : quel dosage dois-je mettre? (vous pouvez changer le dosage si par exemple un produit ne vous semble pas adapté : Ex. si vous voulez prendre une crème anti-âge avec un actif dosé au maximum et remplacer cet actif par un en votre possession MAIS que vous êtes peu ridé(e), utilisez plutôt le dosage minimal de votre actif.)
Si le dosage est différent, voici comment procéder :
  • Si le nouveau dosage est supérieur : si vous substituez un actif à 0,5% par un actif à 1%, enlevez la différence (1-0,5=0,5% de différence entre les 2 dosages) à l’eau, comme décrit dans la partie Ajouter un ingrédient.
  • Si le nouveau dosage est inférieur : si vous subsitutez au contraire un actif à 3% par un actif à 2%, ajoutez la différence (3-2=1%), toujours  à l’eau, comme décrit dans la partie Supprimer ou diminuer un ingrédient.

 Voilà, il me semble avoir mis l’essentiel, mais je serai ravie d’éditer l’article si vous avez besoin de plus de précision ou voyez que je suis passée à côté de quelque chose 😉


11 Commentaires

Cosmétique home-made, mes humbles conseils aux débutantes

Je ne le dirais jamais assez, que ce soit ici ou ailleurs, oui la cosmétique home-made, c’est super, ludique, assez facile, très créatif, potentiellement économique, mais que ce soit facile ne signifie pas que ça ne nécessite pas un peu de préparation!

Donc pour moi, la 1e chose à faire (bien avant de sortir sa carte bleue, même si c’est la 1e étape fun quand on commence le HM), c’est se documenter!

Avec un peu de courage, de bonne volonté et de curiosité,
vous pourrez très vite vous y mettre, et mieux que ça, le faire correctement!

Si vous n’avez pas le courage de vous documenter, cantonnez-vous à des recettes minutes et simplissimes, comme on en trouve par exemple dans Soins au naturel (éd. Solar). Démaquillez-vous à l’huile de Jojoba (une huile adaptée à toutes les peaux). Faites-vous des masques aux fruits, yaourts, miel, etc. Mais par pitié, pour le bien de votre peau (à qui vous pouvez faire beaucoup de mal en faisant un peu n’importe quoi), ne vous attaquez à rien de plus sans savoir ce que vous faîtes.

Quelques idées pour s’initier

– Les bains d’huile : appliquez une huile végétale de façon uniforme sur vos cheveux. Tressez. Laissez au moins une demi-heure (le must étant d’étaler une serviette de bain sur votre coussin, et de le laisser toute la nuit). Faîtes 2 shampooings et voilà 🙂

– Nourrissez votre peau grâce à l’application d’une huile végétale adaptée 🙂

– Le démaquillage à l’huile végétale : rien de mieux que du gras pour enlever du gras! Transférez de l’huile végétale adaptée dans un flacon-pompe désinfecté, massez aux doigts en faisant de petits cercles ou mettez-en en petite quantité sur votre coton ou lingette habituelle. Certaines aiment enlever l’excédent d’huile avec un simple hydrolat (ou eau florale) sur un coton ou en spray.

Pour se démaquiller, nourrir votre peau ou encore pour les bains d’huiles, voici un tableau Aroma-Zone des utilisations des HV (Huiles Végétales) selon vos besoins : http://www.aroma-zone.com/aroma/HV_Aroma-Zone.pdf

– Les masques à l’argile
J’utilise depuis un bout de temps maintenant la recette de masque purifiant du super blog de ma copine Alice ici : http://mes-grimoires-bio.blogspot.co.uk/2009/03/masque-desincrustant-nettoyant-profond.html

Impossible de trouver d’où je tiens cette recette de masque bonne mine mais j’adore cette recette :
– une pelle 2ml (AZ) d’argile violette
– 1mL de poudre de miel
– 1mL de poudre d’ananas
– une cuillère DASH (AZ) d’AHA (0.5mL)
– un tout petit peu de lait chaud

Mélangez, laissez poser 10mn, extasiez-vous devant votre peau!

Vous souhaitez vous initier aux huiles essentielles?

Procurez-vous un livre de base sur le sujet. Personnellement, j’ai du mal avec les odeurs des he, donc je ne me suis documentée que sur les bases. Pour cela, j’ai lu « Les huiles essentielles » de Monika Werner. C’est tout à fait digeste, vous apprendrez plein de choses sur les propriétés des huiles végétales et des huiles essentielles. Vous apprendrez que le dosage des HE est délicat, mais comment ne pas faire de bêtises. Vous apprendrez aussi quelles HE sont interdites aux femmes enceintes, aux enfants, que certaines ne s’utilisent pas sur la peau (dermocaustives : elles brûlent la peau!!), que d’autres ne s’utilisent pas la journée sauf dans des produits rinçables (photosensibilisantes : appliquées sur votre peau, elles la rendront dangeureusement sensible à la lumière, quitte à faire apparaître des tâches brunes), que certaines ne s’utilisent que sur le court-terme (comme celle de menthe poivrée). Si vous souhaitez pousser un peu plus les choses, j’ai entendu beaucoup de bien des ouvrages de Danièle Festy et Dominique Baudoux. Elles vous permettront de soigner tous vos petits maux de la vie quotidienne, vous rendre la vie quotidienne plus facile. Mais par pitié, ne filez pas vous jeter sur les recettes en sautant les chapitres sur les bases. « Naturel » ne signifie pas « sans danger ». Les huiles essentielles ne sont pas de l’eau, elles peuvent vous faire BEAUCOUP de mal, à vous comme à vos proches.

Lorsque vous vous serez bien renseignés sur le sujet, vous trouverez ici un tableau avec les HE (Huiles Essentielles) selon vos besoins également :
http://www.aroma-zone.com/aroma/PDF/FR/Tableau_HE_type-peaux.pdf

Et pour passer à l’étape suivante…

Après vous être documentés et avoir un peu touché à tout ça,
vous souhaitez vous attaquer à plus conséquent?

Dans ce cas-là, il faut d’abord que vous vous demandiez ce que vous voulez faire… En sachant que l’on peut tout faire (à condition d’accepter le fait que ce ne sera pas toujours exactement la même chose que vos produits issus du commerce).

Sur ce lien, vous trouverez des fiches savoir-faire sur des produits avec un protocole particulier comme les mascaras, les crayons, les bougies, les fards à paupières, les shampooings, etc etc… Mais aussi des dossiers thématiques (comme l’excellent dossier thématique sur les cheveux, très documenté et bien expliqué) : http://www.aroma-zone.com/aroma/Documentation.asp

Lorsque vous saurez ce que vous voulez faire, grâce aux explications vous saurez comment le faire,
il ne reste plus qu’à trouver les recettes!

Pour cela, vous aurez l’embarras du choix!
Voici quelques blogs tenus par des filles qui offrent
des recettes carrées et très chouettes
, je trouve :

http://mes-grimoires-bio.blogspot.co.uk/

http://bakeryaddict.canalblog.com/

http://www.calybeauty.com/

http://www.100100plantes.com/

http://lacosmetodemaman.com/

http://sealeha.canalblog.com/

http://vert.citron.over-blog.fr/ 

Vous trouverez également des recettes sur les sites de fournisseurs comme ici pour Aroma-Zone
http://www.aroma-zone.com/aroma/recettes.asp

Ou juste en bas des fiches techniques chez http://dansmanature.com/

Le site Ma Cosméto Perso offre des recettes sur un blog :
http://recettes-cosmetiques.macosmetoperso.com/

Et bien sûr, les forums, qui sont de véritables mines d’informations, offrent des tonnes de recettes 🙂

(là encore, on fait son marché, on lit les commentaires, on vérifie les recettes, comme pour les blogs!^^)

En voici une liste (toujours non-exhaustive!!) :

http://cosmetonslibres.forumactif.com/

http://www.lespetitesmagies.com/

http://cephee-naturelles.bbactif.com/login

http://leretourdesazas.leforum.eu/index.php

http://www.calybeautyforum.com/forum

Qu’est-ce qu’une recette « carrée » et pourquoi c’est mieux?

Une recette carrée, c’est une recette qui fait 100% déjà. Les dosages en % indiqués par les fournisseurs pour l’utilisation des actifs sont calculés pour des grammes en général. C’est aussi les % auxquels vous pourrez utiliser vos actifs de façon sécurisée et efficace. Quand un produit s’utilise à 2% par exemple, cela signifie qu’on doit en mettre 2g pour 100g de produit fini. Si le total de votre recette ne fait pas 100%, vous ne savez pas avec certitude que vous utilisez le produit correctement, vous êtes donc susceptibles d’en mettre trop (ce qui est embêtant pour les actifs car peut abîmer votre peau) ou pas assez (et là vous perdez en efficacité, très gênant pour le conservateur…). Ensuite, une recette carrée c’est aussi une recette réfléchie : certains ingrédients sont incompatibles, d’autres changent la texture ou le pH, par exemple, c’est important de savoir tout ça! Bref, la liste donnée n’est évidemment pas exhaustive, mais ce sont des blogs « sûrs » pour commencer 🙂

Lorsque vous aurez choisi vos recettes de départ, voici mes 4 fournisseurs principaux, ils me permettent de trouver 90% de ce dont j’ai besoin, pour commencer, cela me semble largement suffisant 🙂
http://www.aroma-zone.com/

http://www.bilby-co.com/

http://dansmanature.com/

http://macosmetoperso.com/

Et pour une petite idée du matériel de base selon vos envies et besoinshttp://www.calybeauty.com/post/le-kit-pour-debutantes-en-cosmetologie-et-tambouille-home-made.aspx

Bref, je répète et résume pour ceux du fond :

1) on se documente sur ce que l’on
peut/ne peut pas/doit/ne doit pas faire

2) on lit bien les fiches techniques
et les précautions d’usage et d’utilisation

3) on choisit des recettes carrées

4) on passe à la phase shopping ^^

Pour compléter ces conseils, une analyse de quelques mythes concernant le homemade. Et, pour l’étape suivante, une fiche pratique pour modifier une recette en toute sécurité et une autre pour comprendre les maths de base indispensables à la cosmétique HM.